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Le Sénégal à l’ère de l’arbitraire « nouvelle génération »

Si l’on en croit ce qui se dit ou s’écrit ça et là, la main invisible du pouvoir serait derrière la BSDA, la 2STV et monsieur Cheikh Amar dans les conflits qui les opposent respectivement au groupe Walf Fadjri, Pape Alé Niang et Mody Niang. Sans souscrire, ni démentir, on est simplement porté à prêter attention à ces « suspicions » qui, si elles s’avéraient justes, poseraient un problème politique important et constitueraient une escalade dangereuse, dans les beaux jours de l’arbitraire au Sénégal. D’ores et déjà, il n’échappe à personne que le dénominateur commun de toutes ces affaires est le caractère disproportionné de la réaction de la puissance publique. Il y eut la fermeture inopinée et manu militari d’un média privé puis les convocations à la Division des Investigations Criminelles (DIC) d’un journaliste et d’un écrivain-chroniqueur. Outre l’empressement et l’engagement démesurés de la force publique, l’on ne peut manquer de relever que toutes ces affaires, d’une manière ou d’une autre, renvoient à un jeune sénégalais, il y a neuf ans seulement totalement inconnu de ses concitoyens et qui gère à présent un agenda politique dit de succession. L‘on sera d’autant plus troublé par cette troublante coïncidence si l’on considère un succinct état des lieux des affaires criminelles au Sénégal où l’on cite de gros bonnets. L’agression barbare de Talla Sylla vient, paraît-il, d’être classée « sans suite ». Le commanditaire présumé des saccages de l’AS et de 24H court toujours. Enfin, il n’y a pas de commune mesure entre la suite réservée aux lamentations et accusations de la BSDA, de El Hadj Ndiaye et de Cheikh Amar et ce qui s’est passé lorsque Balla Gaye et Sina Sidibé ont sauvagement été arrachés à l’affection de leurs proches. La justice, ou celui qui l’étrangle au point, paraît-il, de pouvoir obtenir la libération provisoire d’un individu, sur un simple coup de fil, depuis l’étranger, semble donc s’emballer en ce qui concerne les conflits domestiques et dandiner à un rythme éléphantesque lorsqu’il s’agit de crimes odieux dont les commanditaires ou les exécutants sont des patronnés. Il appartient aux fonctionnaires, gardiens de l’ordre républicain, notamment à ceux parmi eux qui ont la charge de préserver la sécurité et de dire le droit de prendre leur responsabilité en chassant les doutes. Leurs concitoyens ne demandent pas seulement à être protégés et entendus équitablement dans les affaires qui les opposent à des tiers, mais aussi à être défendus contre les dérives et les excès de la puissance publique.


Rédigé par leral.net le Dimanche 20 Septembre 2009 à 00:38 | | 0 commentaire(s)|

Le Sénégal à l’ère de l’arbitraire « nouvelle génération »
En tout cas, si l’hypothèse venait à être confirmée que des menues querelles, comme un cheval de Troie, servent le pouvoir pour embastiller des contradicteurs ou museler la presse, alors nous serions entrés dans une nouvelle ère de l’arbitraire au Sénégal. Nous serions à l’orée d’une oppression « nouvelle génération » marquée du sceau de l’étatisation des conflits « domestiques » et privés. Ce serait là un arbitraire pire que la grippe aviaire car nul ne serait à l’abri. Nous aurions pratiquement à regretter l’âge d’or des chantages politiques à l’impôt et aux insertions publicitaires que nous vivions jusqu’ici.

N’importe quelle chamaillerie avec son boutiquier, son voisin ou son médecin pourrait conduire n’importe quel citoyen, tant soit peu que l’affaire puisse être une bonne occasion de plaire au prince, à affronter des procédures judiciaires qui ne seraient que des voies détournées pour le bâillonner. Les Imams de Guédiawaye n’auraient plus qu’à se méfier des muezzins de la même localité, Cheikh Bamba Dièye devra faire attention à tous ses administrés et Abdoualaye Bathily être tout aussi vigilant avec ses étudiants… Tous les Sénégalais indomptables, parce que récalcitrants à la magie de l’argent et l’attrait du pouvoir, seraient en sursis. Evidemment, cela n’est pas sans rappeler des pages parmi les plus sombres de l’Histoire de l’humanité. Ceux parmi nous qui aiment lire le futur dans le présent y verraient même la concrétisation, sous nos cieux, du régime policier et totalitaire prophétisé par Georges Orwell (1984).

Qu’on se le dise. Il n’est pas question de soustraire des citoyens, incriminés par d’autres, à la justice. Il s’agit simplement d’appeler au respect de la loi particulièrement celles parmi ses dispositions qui garantissent la présomption d’innocence, préservent la dignité humaine et s’opposent au règne de l’arbitraire.

Tous les citoyens, hommes et femmes épris d’équité et de liberté, les syndicats et les partis politiques, la société civile, notamment ses démembrements qui s’occupent des droits de l’Homme, les hommes religieux, tous doivent redoubler de vigilance et dénoncer les réponses disproportionnées de la puissance publique. Energie. Gabegie. Coût de la vie. Audit de l’ANOCI. Rébellion. Inondation… L’Etat n’a-t-il pas mieux et plus urgent à faire que de s’immiscer dans des antagonismes intimes ?

Dr. Mouhamed A. LY. lymou@voila.fr






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