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Le Sénégal est-il encore un pays francophone?

A Dakar, le français recule au profit du wolof. Un phénomène de fond qui n'est pas sans conséquence sur la vie quotidienne.


Rédigé par leral.net le Lundi 8 Août 2011 à 04:28 | | 9 commentaire(s)|

Le Sénégal est-il encore un pays francophone?
«Kaay ndékki !» Lorsque l’on se balade au petit matin dans les quartiers populaires de Dakar, difficile de ne pas entendre cette invitation à venir déguster le petit-déjeuner. Une offre sympathique, émanant souvent de gens modestes, qui ont le goût du partage, de la teranga (l’hospitalité à la sénégalaise).

Si cette invitation est formulée en wolof et non pas en français alors qu’elle s’adresse à un toubab (un blanc), n’y voyez pas l’expression d’une quelconque défiance. C’est tout simplement dû au fait que dans ces immenses banlieues dakaroises, l’usage du français est des plus limités.

Le wolof règne en maître. Un grand nombre d’habitants des banlieues sont bien incapables de formuler des phrases en français. Certains n’ont jamais été à l’école. Parmi ceux qui y sont allés, beaucoup n’ont guère entendu la langue de Molière, bien des enseignants préférant s’exprimer en wolof, même pendant les cours.


Parlez-vous wolof?

Dans nombre de capitales d’Afrique francophone, la langue de Voltaire a pu s’imposer comme lingua franca, permettant à des centaines d’ethnies de se mettre d’accord sur l’usage d’une langue, d’avoir un terrain d’entente. A Abidjan, la capitale économique ivoirienne, l’on préfère parler le français plutôt que de donner la primeur à telle ou telle autre langue. Tout est différent à Dakar, la capitale du Sénégal, où le wolof s’est imposé. Même dans les milieux intellectuels, cette langue gagne du terrain.

«Mon patron impose l’usage du wolof dans toutes les conversations. Même si cette langue n’est pas vraiment adaptée aux discours techniques», explique Aissata, cadre dans une grande compagnie d’assurance.

A Dakar, les autres Africains francophones sont très souvent désarçonnés par cette omniprésence.

«J’ai demandé à des Sénégalais de m’indiquer le chemin. Ils m’ont répondu qu’il fallait s’exprimer en wolof, alors même que je leur avais expliqué que je ne parle pas cette langue», s’étonne un Ivoirien, qui a dû abandonner la conversation avant qu’elle ne tourne au pugilat.

«Nombre d’Ivoiriens, de Béninois et autres expatriés se sentent de moins en moins à l’aise à Dakar, à cause de l’omniprésence de cette langue uniquement en usage au Sénégal», explique Alphonse, un enseignant d’origine béninoise.

Même des Sénégalais s’agacent du poids croissant de cette langue.

«Très longtemps, le chanteur Baaba Maal a été boudé par les radios sénégalaises parce qu’il chantait en pulaar (la langue des Peuls) et non pas en wolof. Moi aussi je veux défendre ma culture. A la maison, avec mes enfants je ne parle que le français et le pulaar. Je veux leur transmettre cet élément essentiel de l’identité», affirme Assan, un haut fonctionnaire d’origine peule.

En Casamance, dans le sud-ouest du Sénégal, comme dans les autres régions, le poids du wolof irrite parfois. «Au tribunal, les conversations se font le plus souvent dans cette langue. Les populations locales sont défavorisées. Ce n’est pas leur idiome. Comment peuvent-elles se défendre dans une langue qu’elles ne maîtrisent pas?», regrette Savané, un haut fonctionnaire, même s’il reconnaît que des interprètes sont présents dans la plupart des juridictions.


Le français n'a plus la cote

A la télévision et à la radio, le wolof domine aussi. Les programmes en français ou dans les autres langues sont très minoritaires. Les débats politiques, sociétaux ou culturels ont généralement lieu en wolof. Un wolof mâtiné de français. Seules les telenovelas, les films américains ou les séries indiennes sont doublés en français. Mais inutile d’espérer le commentaire d’un combat de lutte dans la langue de Molière. On un quelconque sous-titrage en français des débats en wolof. Par certains côtés, beaucoup d’Occidentaux éprouvent moins un sentiment d’altérité dans le sud du Nigeria où le pidgin-english (encore appelé broken english) sert de langue véhiculaire.

Au Sénégal, nombre d’enseignants se plaignent d’une baisse générale du niveau en français. «Il a considérablement diminué au cours des dernières années. Les professeurs parlent très souvent en wolof. Dans la vie de tous les jours, le wolof domine», explique Oumar Sankharé, enseignant à l’université de Dakar. Il ajoute une explication politique:

«Lorsque l’on demande à certains Sénégalais pourquoi ils ont autant de réticence à s’exprimer en français, ils donnent des justifications politiques. Ils affirment que ce n’est pas la langue du Sénégal. Un étrange nationalisme s’est développé ces dernières années.»

Après Léopold Sedar Senghor, Oumar Sankharé est le deuxième agrégé de grammaire du Sénégal. Il vient de décrocher ce précieux titre. Mais, selon Oumar Sankharé, les médias dakarois en ont peu parlé. «Ici, on préfère faire les gros titres sur des lutteurs et des politiciens», constate l’un de ses collègues.

Même les enseignants du primaire s’alarment du niveau des élèves. «Il a considérablement baissé. C’est pire chaque année», s’inquiète Cheikh, un instituteur dakarois. Cheikh constate lui aussi que les enseignants préfèrent parler à leurs élèves en wolof. Même les élites ont pris le parti de s’exprimer de plus en plus souvent en wolof. Le français pratiqué est parfois devenu hésitant ou académique. Comme s’ils parlaient une langue étrangère. Ou même une langue morte. Le vocabulaire est quelques fois daté, ancien, figé.

Une situation d’autant plus étonnante que le Sénégal s’enorgueillit d’être le berceau de la francophonie. Léopold Sedar Senghor (chef de l’Etat de 1960 à 1980) a été un grand défenseur de la francophonie. Il prétendait même au titre de «père de la francophonie». Le président poète a toujours proclamé son amour de la langue française. Son successeur, Abdou Diouf (au pouvoir de 1980 à 2000), dirige désormais la francophonie.

A l’image de Jacques Diouf, à la tête de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) jusqu’à l'été 2011, les Sénégalais sont omniprésents dans les organismes internationaux. Traditionnellement, ils étaient réputés pour leur maîtrise de la langue française. Des Ivoiriens avaient d’ailleurs pour coutume de dire que les Sénégalais parlaient le «gros français», à savoir le français des Français. Mais de plus en plus, le «gros français» donne l’impression de décliner. Il laisse place à un français créolisé, un mélange de français, de wolof et aussi d’anglais.


L'attrait des Etats-Unis

De plus en plus de Sénégalais font des études et de longs séjours en Amérique du Nord et ils truffent leur français d’expressions américaines. Le déclin du français au Sénégal est aussi lié, sans doute, à la perte d’influence de Paris. Et au moindre attrait de la culture française à Dakar.

La capitale sénégalaise est la région la plus à l’ouest d’Afrique, la plus proche des Etats-Unis. Une terre qui fait fantasmer. Même les lutteurs professionnels rêvent d’Amérique. A l’image de l’une des vedettes de la profession, Tyson, qui aime à se vêtir d’une bannière étoilée et à s’entraîner aux Etats-Unis.

Fin juillet à Dakar, j’ai croisé l’ex-ministre d’Etat Landing Savané. Cet ancien militant d’extrême gauche affirme qu’il sera sans doute candidat à l’élection présidentielle de 2012. Même lui qui revendique son passé soixante-huitard à Paris, admet regarder de moins en moins vers le Quartier latin. Quand Landing Savané n’est pas au Sénégal, c’est aux Etats-Unis qu’il se rend désormais. Signe des temps, Sitapha l’un de ses enfants choisit une toute autre voie que celle de son père. Le fils de Landing Savané joue au basket aux Etats-unis... En NBA.

Pierre Cherruau slate afrique




1.Posté par GAYE le 08/08/2011 08:22 | Alerter
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voir beaucoup ici

2.Posté par SHIT-SHITTY le 08/08/2011 09:08 | Alerter
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Nous senegalais nous avons marre de cette langue francaise .elle nous fatigue et elle pue .elle sent mauvais.nous les jeunes nous opte comme officiel l anglais la langue shakespear.
aprés avoir maitrises nos langue maternelles.LE français nous a retardé .elle nous apprend qu 'à faire le copier coller .avec le francais on n 'innove pas .on n'invente pas .on stagne.
le francais nous dégoute carrément.ecrivons nos propre langue et lisons nos propre langue.
je prefere qu on apprend le pulaar car cest une langue tres parlé en afrique de louest .alors le wolof cest le senegal et un peu en gambie.cest une langue tr'és insolante ,une langue qui manque de pudeur.on insulte facilement en wolof alors en peulh il est interdit d insulter à un proche.cest en wolof seulement qu on peut voir un pere insolter son fils la maman ou le fils ou la fille s 'insulter en pleins yeux de leurs parents.
we dont wanna french no more in senegal .fuck that lanugage.
senghor nous a trahi tout simplement .au lieu d apprendre le serere ou le pulaar ou le wolof il s est permis de blanchisser son mind tout en gardant le noir de son épiderme.
pour les blancs ZENG est un grand mais pour un petit peulh zeng est tout simple un traitre de sa race.

3.Posté par Djambar le 08/08/2011 09:14 | Alerter
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Je ne vois pas l'utilité de parler le francé avec mes amis encore moins avec mes parents.
C'est une langue que je maitrise et je comprends bien. Pour etre claire et c'est mon eumble avis, c'est juste une langue de communication un pont linguistik qui me permet de communiquer avec des personnes pas senegalaises. Je vis en Europe et je m'éfforce tant bien ke mal á pafaire mon Wolof, á chaque fois que je croise un joolofman, c'est automatiquement le Wolof qui s'installe comme moyen de communication. Et encore trés important, NANOU SAAM SOUNOU KALAMA

4.Posté par Baye le 08/08/2011 10:38 | Alerter
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Mais, je croyais que nous avons obtenu notre indépendance ! Or, cette dernière n'est intégrale qu'avec une forte identité culturelle dont la langue est un des éléments centraux.

Je manie assez bien la langue de Molière, cependant je ne permet même pas à mes fils de m'appeler ''papa''. Je lui préfère un "baye" comme au fin fond du Kadior.

La langue n'est qu'un véhicule de la pensée et de la culture. Si nous parvenons à en faire avec les nôtres, les générations futures accèderaient plus rapidement aux savoirs. Je suis ravi de lire dans l'article que beaucoup d'enseignants s'expriment en wolof avec leurs élèves.

Cependant, c'est un impératif de poser un pont avec les autres civilisations et, malheureusement pour les francophiles, c'est l'Anglais qui est le plus indiqué. Nous sommes juste liés au français pour des raisons historiques ; mais ce n'est pas une fatalité. Pourquoi emmurons-nous dans une langue mourante ?

Je préfère que mes propres enfants maîtrisent d'abord le wolof, ensuite l'anglais et l'arabe et puis si possible le français. De mon point de vue, c'est cela l'enracinement et l'ouverture ; une ouverture efficace et non basée sur des subjectivités sentimentales (cette belle langue comme disait Abdou Diouf) ou liée uniquement aux faits historiques (la colonisation).

Le monde a changé et est devenu un village où le dialecte le plus EFFICACE est l'anglais.

Bienvenue au 3ème millénaire au règne de l’efficacité.

5.Posté par biram le 08/08/2011 12:30 | Alerter
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GROS PROBLEME QUI METTRA LE PAYS A FEU ET A SANG DANS MOINS DE 5 ANS.

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6.Posté par SHIT le 08/08/2011 12:41 | Alerter
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NOUS HALPULAAR NOUS DISONS SHIT AUX FRANCAIS ET LEURSFRANCAIS .NOUS SOMMES FIERS D ETRE HALPULAAR ET FIER DE PARLER NOTRE LANGUE.LA LANGUE LA LUS PARLER EN AFRIQUE DE L OUEST EN GUINEE GAMBIE SIERRA LEONNE MALI MAURITANIE NIGER NIGERIA CAMEROUN BENIN ET PARTOUT.ELLE DOIT ETRE LA LANGE NATIONAL DU SENEGAL ET OFFICIELLE MEME.

7.Posté par tata le 08/08/2011 12:58 | Alerter
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Ca fait 26 ans que je vis en France. Mais le français ne me sert que pour échanger avec mes collègues, faire mes courses , etc...

Chez moi, c'est le wolof avec les enfants, mon mari et mes amis.

Nii daal laa ko diapé si tougueul...sama deuk rek ak sama lakk.


8.Posté par Etranger le 08/08/2011 13:42 | Alerter
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Que vous souhaitiez abandonner le français, je peux comprendre.
Mais quel est la valeur du wolof dans le monde?
Même si certains le pensent, le Sénégal n'est pas le nombril du monde!
Et puis pourquoi pas le diola, le peulh, le sérère, etc.
Colonisation wolof de tout le Sénégal! quelle indépendance!!!

Passez àl'anglais, à l'arabe, au chinois, etc...

9.Posté par Laye le 10/08/2011 02:46 | Alerter
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En lisant cette article on a l''impression que c''est un fait nouveau. AU sénégal le Français n''est que la langue officiel c''est utilisé à l''école et dans les services. Dans la vie courante ça a toujours été le Wolof à l''exception du Sénégal oriental de la casmance et du nord ou c''est le Bambara, la Socé ou le Diolla, le Poular qui sont le plus souvent utilisées et même la quand tu parle en wolof on te comprend et on te répond. Le wolof a toujours était la langue nationale (À l''école primaire dèjà on nous apprenait : Français langue officielle et wolof langue nationale). On a toujours communiqué en dehors des services en Wolof la plus part du temps. Arrétez d''écrire ces aricles inutiles si vous n''avez rien a dire taisez vous. Mais aulieu de ça vous faites comme si vous nous apprenez quelque choses de nouveau. Vous pensez faire de l''information mais vous faites de la désinformation.

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