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Le Tchad exécute 10 membres présumés de Boko Haram, dès le lendemain de leur condamnation

le 2 Septembre 2015 à 10:59 | Lu 747 fois

es autorités tchadiennes ont montré samedi leur détermination à combattre les islamistes de Boko Haram en faisant exécuter 10 membres présumés du groupe, dès le lendemain de leur condamnation à mort pour leur responsabilité dans le double attentat-suicide commis en juin à N’Djamena.


Le Tchad exécute 10 membres présumés de Boko Haram, dès le lendemain de leur condamnation

« Ils ont été fusillés ce matin dans un champ de tir situé au nord de N’Djamena », a annoncé à l’AFP une source judiciaire.

« Les 10 membres de Boko Haram coupables des faits qui leur sont reprochés ont été bel et bien exécutés ce jour à 11h05 », a ensuite confirmé à l’AFP le nouveau ministre de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bachir.

Les dix accusés avaient été condamnés à mort vendredi par la Cour criminelle de la capitale tchadienne.

« Les dix accusés de Boko Haram sont condamnés à mort. Les armes saisies seront mises à la disposition de l’État tchadien, les substances psychotropes seront détruites », avait indiqué vendredi la cour dans son verdict auquel a eu accès l’AFP.

Ce procès, ouvert mercredi, était le premier au Tchad de membres présumés de Boko Haram.

« Les personnes poursuivies aujourd’hui sont accusées d’association de malfaiteurs, assassinat, destruction volontaire à l’aide de substances explosives, faux et usage de faux, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, détention et consommation de substances psychotropes », avait déclaré mercredi à l’ouverture du procès le procureur général de la cour d’appel de N’Djamena, Bruno Mahouli Louapambe.

Avant les attentats commis le 15 juin, l’Assemblée nationale tchadienne devait débattre d’un projet de loi visant à abolir la peine de mort. Mais les nouvelles dispositions contre le terrorisme prévoient la peine capitale pour fait de terrorisme.

Parmi les 10 condamnés figure Mahamat Mustapha alias Bana Fanaye, un Nigérian présenté par les autorités comme le « cerveau » des attaques du 15 juin : deux attentats-suicides simultanés contre le commissariat central et l’école de police de N’Djamena avaient fait 38 morts, dont les trois kamikazes, et 101 blessés.

Procès accéléré et délocalisé

Selon les déclarations du procureur de la République, Alghassim Kassim, après l’arrestation fin juin de Bana Fanaye, celui-ci était le « coordinateur d’un réseau de trafic d’armes et de munitions entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad. Il est responsable également de la logistique, notamment d’achat d’armes, de matériel, du recrutement et de la gestion des hommes de la secte Boko Haram ».

Le 12 juillet, un nouvel attentat, revendiqué par Boko Haram, a de nouveau frappé N’Djamena: un kamikaze déguisé en femme s’est fait exploser sur le marché central, faisant au moins 15 morts et 80 blessés.

Malgré les déclarations triomphalistes du président tchadien Idriss Deby qui, le 12 août, jour anniversaire de l’indépendance nationale, annonçait que Boko Haram était « décapité », la menace islamiste pèse sur N’Djamena.

Ainsi, « pour des raisons de sécurité » le procès, qui s’est déroulé à huis clos et devait durer une huitaine de jours « a été accéléré et délocalisé jeudi dans un endroit tenu secret », selon une source judiciaire.

Le 24 août, au cours de l’un des fréquents remaniements ministériels, c’est un conseiller du président Idriss Deby, Ahmat Mahamat Bachir, qui a pris la charge du portefeuille sensible de la sécurité publique.

L’armée tchadienne est engagée dans une opération militaire régionale depuis début 2015 contre l’insurrection de Boko Haram, qui s’est étendue au-delà du nord-est du Nigeria, son fief historique, vers les pays limitrophes: Tchad, Niger et Cameroun.

Cette offensive a infligé de sérieux revers au groupe affilié à l’organisation Etat islamique (EI), mais les insurgés, qui ont perdu des territoires, mènent toujours attaques et attentats au Nigeria, comme au Tchad et au Cameroun.

Pour les contrer, les chefs d’état-major des pays concernés ont finalisé le 21 août à N’Djamena les détails du déploiement d’une force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) qui doit compter 8.700 militaires, policiers et gendarmes.

« L’heure de passer aux actes a sonné (…) afin d’éradiquer ces illuminés dans notre espace communautaire », a déclaré à l’AFP le général Brahim Seid, chef d’état-major de l’armée tchadienne.



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