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Le commandant du Concordia négocie le prix de sa parole

le 12 Juillet 2012 à 10:45 | Lu 522 fois

Six mois après le naufrage, le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino se dit plus victime que responsable dans des interviews, qu'il aurait vendues.


Le commandant du Concordia négocie le prix de sa parole
À peine son assignation à résidence levée, le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino a décidé d'essayer de défendre son honneur sur le terrain médiatique. Mardi soir, il s'est confié à l'émission Quinta Colonna, diffusée sur la chaîne privée Canale 5.

«Il est normal que je demande pardon à tous et que je sente le poids des 32 victimes sur ma conscience», a déclaré le commandant, avant de se présenter comme une «victime de tout ce système». «C'est comme si tous les cerveaux, y compris les instruments de bord, avaient court-circuité», s'est-il justifié. Selon Francesco Schettino, le naufrage du navire, qui transportait 4229 personnes dont 3200 touristes, n'est rien de plus qu'«un incident banal, où la fatalité s'est engouffrée dans l'interaction entre les êtres humains».

Dans un mémo adressé à ses avocats, révélé la semaine dernière par la presse italienne, le commandant n'hésitait pas à déclarer: «Ma peine et ma tristesse ont à peine été soulagées par la conscience d'avoir évité un véritable massacre». «Si j'avais continué tout droit, nous aurions pris le récif en pleine proue. Il y aurait eu beaucoup plus de victimes. […] Une main divine a dû se poser sur ma tête à ce moment-là», ajoutait-il.

Une intervention négociée 50.000 euros
Mais l'envie de se faire entendre ne semble pas être la seule motivation qui a poussé Francesco Schettino à intervenir sur Canale 5. Vendredi dernier, La Stampa avançait que le commandant négociait l'exclusivité de son intervention télévisée pour la modique somme de 50.000 euros. Si la chaîne a démenti l'information, l'avocat de Francesco Schettino, Paul Bastianini, confirmait que des négociations étaient en cours.

En parallèle, un entretien exclusif avec la presse écrite aurait également été négocié, sur une base identique. «Nous voulons maximiser les intérêts du commandant Schettino, pour que les deux exclusivités sortent en même temps, de manière à ce que l'une ne dévalorise pas l'autre», a déclaré son avocat. Des internautes italiens, outrés par ces négociations, ont décidé de ne pas regarder cette intervention, et ont appelé au boycott de sa diffusion. Sur le réseau de micro-blogging Twitter, le hashtag (mot-clé) «#iononguardoschettino» (Je ne regarde pas Schettino) est rapidement devenu populaire.

Il y a quelques semaines, des rumeurs annonçaient déjà qu'un éditeur américain était en discussions avec le commandant en vue de la publication d'un livre sur le naufrage.


Par lefigaro.fr