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Le discours raté de Macky Sall (El Hadji Malick Sall)

L’année 2013 s’est achevée, emportant avec elle nos rêves brisés et nos espérances déçues. Et 2014, déjà, ouvre ses crocs vers lesquels nous avançons, transis. Sous le chapiteau morne et encore silencieux de l’an nouveau, le pouls de la nation bat la chamade devant le sentiment collectif d’une déperdition avérée. Crise énergétique, crise alimentaire, chômage : Tel est l’infâme triptyque qui infecte nos concitoyens, plus que jamais en transhumance vers un avenir incertain. Les sénégalais n’abordent pas le nouvel an dans l’ardeur de bâtisseurs propriétaires de leur destin mais dans la jérémiade quotidienne de locataires d’une maison délabrée. Tantôt, ce sont les syndicats qui soufflent sur les braises de leur interminable fronde, tantôt, ce sont des étudiants désargentés qui se disputent les enchères de la fureur et de la violence. Partout donc, les populations souffrent et se plaignent. Et le désespoir se répand d’une abjecte fatalité.


Rédigé par leral.net le Mercredi 8 Janvier 2014 à 16:11 | | 5 commentaire(s)|

Le discours raté de Macky Sall (El Hadji Malick Sall)
C’est dans ce contexte bien morose que le président de la République, dans son allocution vespérale du 31 décembre 2013, sacrifia au rituel des vœux de nouvel an. Le chef de l’Etat nous est apparu replet et bouffi, engoncé dans un costume qui, à l’évidence, ne lui seyait guère. Les festins du palais l’ont décidément rendu bien grassouillet tandis que les sénégalais, englués dans la crise, s’astreignent à une stricte frugalité. Plus le peuple se serre la ceinture, plus il desserre la sienne, hélas. Mais plus que sa forme physique, c’est son discours qui était scruté par ces millions de sénégalais qui, aujourd’hui, sont en proie à une inquiétante précarité. Et encore une fois, le président aura manqué son rendez-vous avec son peuple puisqu’en lieu et place d’un discours lucide sur les vrais défis de l’heure, Macky Sall nous aura servi une ubuesque pantalonnade. Ce fut un discours long et soporifique dans lequel  le chef de l’Etat n’a eu de cesse de coqueriquer sur ses hauts-faits depuis son arrivée au pouvoir. Bourse de sécurité familiale, succès de la campagne agricole, recrutement d’enseignants : le président s’est employé à égrener un chapelet de succès qu’il s’auto-attribue et qui, pour l’essentiel, sont théoriques et illusoires. Visiblement très content de lui, empli d’une insolente fatuité, le président se lancera dans une longue litanie d’autosatisfaction, apparaissant plus que jamais comme le champion de la fanfaronnade. Mais, derrière l’ivresse des mots du chef de l’Etat se cache la dureté des faits. Depuis son arrivée au pouvoir, aucun autre pays ne se sera autant fourvoyé que le nôtre sur les chemins de l’errance. Aujourd’hui, la confluence pénible entre une crise alimentaire et une crise énergétique dégrade considérablement les conditions de vie de nos concitoyens. Tandis qu’une jeunesse en mal d’avenir s’engloutit, au quotidien, dans la crevasse toujours béante du chômage. Et lorsque le chef de l’Etat, dans une béate extase, se gargarise du recrutement de 9608 fonctionnaires, il convient de lui rappeler que, sous son règne, 500 entreprises ont déjà fermé leurs portes et plus de 150000 emplois ont été supprimés. La récente fermeture des usines de la SOCAS n’est d’ailleurs que le craquement annonciateur d’une longue et chaotique ère de désindustrialisation de notre pays. Pavoiser pour 9608 emplois créés après en avoir détruit 150000, c’est un peu fort de café ! En matière d’emploi, Macky Sall a fait bien pis qu’aucun président ne fera jamais. En ce qui concerne la crise alimentaire qui reste la première préoccupation des sénégalais, Macky Sall n’en fait nulle mention dans son discours. Sans doute exténué d’échecs face à cette lancinante question, le président avoue, de par son silence, son impuissance face à la forte demande sociale. En revanche, il ne se privera pas de promettre, dans sa logorrhée démagogique, la mise en place d’un tramway dans la capitale. Rien que ça! Décidément, l’absinthe de la démagogie donne le vertige au comptoir du bar présidentiel. Dans un pays où une crise énergétique sans précédent plonge en permanence les populations dans les ténèbres, parler de tramway relève assurément d’un accès de vésanie. Puisse le peuple sénégalais ne pas se laisser prendre à ce miroir aux alouettes.
Le discours de nouvel an du président de la République n’aura donc été que pure phraséologie, un long développement verbeux et inutile. L’actuelle dramatisation de notre pays, où les périls s’accumulent et s’aggravent, auraient dû permettre au chef de l’Etat d’enfin prendre de la hauteur dans la gravité. Hélas, il se sera livré à un consternant exercice d’autosatisfaction, apparaissant plus que jamais comme un président inachevé, incomplet. Finalement, la réforme la plus urgente pour l’actuel président, au-delà de toutes celles qu’il a annoncées, est sans doute la sienne propre, c’est-à-dire qu’il doit se réinventer pour enfin être à la hauteur de sa fonction. C’est tout le mal qu’on lui souhaite en 2014.
                                                                                                         EL HADJI MALICK SALL ELIMANE DONAYE
                                                                                                         Président du Sillon des Opinions Libérales
                                                                                                         milksup@yahoo.fr
 






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