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Le drapeau national : Ce que Macky Sall construit, paradoxalement, d’autres le déconstruisent ou regardent faire


Rédigé par leral.net le Lundi 4 Mai 2015 à 09:03 | | 2 commentaire(s)|

Le drapeau national : Ce que Macky Sall construit, paradoxalement, d’autres le déconstruisent ou regardent faire
Le Sénégal est un pays de l’Afrique au Sud du Sahara bordé par l'océan Atlantique à l'Ouest, la Mauritanie au Nord, le Mali, à l’Est et les deux Guinées au Sud. Pendant la période coloniale, la ville de Saint Louis fut la capitale de l'Afrique-Occidentale française puis Dakar, qui deviendra en 1950 la capitale du Sénégal indépendant. Cette indépendance est matérialisée par la mise en place d’une république qui s’appelle la République du Sénégal.

A l’instar de tous les pays indépendants de type républicain, le Sénégal s’est doté d’un certain nombre d’institutions et de symboles nationaux consacrant sa souveraineté tell qu’un drapeau national entre autres. Si la compréhension et l’intériorisation des valeurs que charrie ce symbole national constituent un problème chez les populations, par contre, il faut reconnaître que l’environnement et la mise à condition du citoyen en vue de percevoir le drapeau national comme l’un des symboles les plus importants font crucialement défaut.

Le drapeau national du Sénégal est très souvent rudement mis en concurrence face à d’autres drapeaux nationaux étrangers tels que ceux des Etats Unis d’Amérique et de la Gambie lors des combats de Mohamed Ndap dit Tyson et de gambien lutteur de son état. Ainsi donc Mouhamed NDAW dit Tyson porte la « bannière américaine » lors de ses combats (comme celui de ce Dimanche 03 Mai 2015 contre Gris Bordeaux) pour montrer selon ses dires ce côté pragmatique du « American way of life » qui le fascine dont il a voulu incarner les valeurs tout en restant profondément sénégalais. C’est un point de vue que je respecte mais que je ne partage pas.

L’American Cassius Claye boxeur de son état avait changé de nom quand il s’est converti à l’islam. Il s’était fait appeler Mouhamed Ali. C’était légitime et c’était surtout personnel. Ça n’engageait que lui et sa personne. Ce qui est totalement différent à titre comparatif du fait d’user d’un drapeau national qui n’est pas le vôtre pour se créer une nouvelle identité sociale et faire montre de son attachement aux valeurs qu’il véhicule.

Un bref rappel de contexte pour mettre en exergue une contradiction notoire autour de la promotion et du respect du drapeau national. A chaque combat de Mouhamed Ndao dit Tyson, (comme celui qui vient de se dérouler ce Dimanche 03 Mai 2015 contre Gris Bordeaux), on a l’impression d’être en face d’un combat qui concerne un noir américain à cause de son accoutrement mais aussi du fait de l’exhibition des nombreux drapelets aux couleurs américaines que brandissent ses partisans pour ne citer que cet exemple le plus éloquent en la matière.

Paradoxalement, au même moment, le Président Macky Sall appelle au civisme et participe à la levée des couleurs nationales tous les premiers lundis de chaque mois en présence des membres du gouvernement au palais de la république.

Aux Etats Unis, le drapeau national constitue une marque de reconnaissance d’une haute facture à côté d’autres types de distinctions (médailles) conférées au citoyen méritant. Ce culte du drapeau national chez les américains être lié sans nul doute à la trajectoire de leur propre histoire qui ne peut être comparé à celle du Sénégal.

Chez nous, malheureusement, le culte du drapeau national n’est pas suffisamment cultivé et entretenu dans la conscience collective des populations par une absence de politique bien définie de promotion de nos symboles nationaux. Ainsi, des secteurs entiers directement concernés par la question croisent les bras et laissent faire advient que pourra.

Si la mondialisation constitue une opportunité à saisir par les pays à revenus faibles, cependant elle se présente sous certains aspects comme une menace pour les identités nationales fragiles La France en soulevant l’exception culturelle face à l’américanisation de la société française a voulu conserver son identité culturelle qu’elle considère comme une question de souveraineté nationale. De même, à l’instar de la France, le Sénégal ne doit-il pas conformément à son droit de soulever la question de son exception culturelle au sens large du terme ?

Dans le cadre d’améliorer la conscience citoyenne de nos populations, le Sénégal se doit de mettre en place une politique culturelle associée à une éducation nationale fortement marquée par la promotion de nos valeurs civiques et citoyennes. Dans l’atteinte de cet objectif, les ministères en charge de la culture et de l’Education nationale sont appelés à jouer leur partition d’encadrement absolument nécessaire comme il est de coutume dans les pays développés de grande démocrate..

Le CNG, es qualité Comité National de Gestion de la lutte est également interpellé. Car les lutteurs sont parmi ceux qui usent le plus les symboles nationaux dans l’arène en l’occurrence Mouhamed Ndao dit Tyson et Gambien. Le CNG a interdit aux lutteurs entre autres de porter les effigies des marabouts pour autant il doit réglementer le port des symboles nationaux dans les arènes. Le drapeau national est si important qu’il ne peut être réduit à un tissu simple que l’on peut porter quand on veut et n’importe où.

Les artistes commanditaires de clip doivent jouer également leur partition en contribuant à la promotion du drapeau national dans leurs clips. Car être artiste chanteur dans une république, ce que je crois, ce n’est pas que chanter l’amour, l’amitié, la solidarité, la paix que sais-je encore etc c’est bien plus que cela.

En somme, la réalisation d’un clip ou d’un film ne peut être comprise comme une juxtaposition de plans cohérents et bien raccordés. Au contraire ! Etre chanteur dans une république, c’est épousé sa république.

Dénommés communément ambassadeurs de la culture sénégalaise c’est-à-dire dignes représentants de nos valeurs sociales et culturelles, les artistes ne sont pas moins des ambassadeurs de nos valeurs républicaines. En vérité, ils sont à la fois membres d’une société avec ses spécificités culturelles et sociales mais aussi citoyens d’une république dont ils sont imbus du devoir de contribuer à faire la promotion des valeurs. Sur ce, ils auront besoin d’être encadrés par le Ministère en charge de la culture chargé d’élaborer les outils et les modules de formation spécifiques appropriés.

Un réalisateur américain fera difficilement un film sans la présence scénique à un moment donné du film le drapeau américain. Le drapeau est présent soit en plan extérieur jour ou nuit soit en plan intérieur jour ou de nuit. C’est selon ! Conscients de la puissance éducative et transformatrice de l’image, le producteur et le réalisateur américains ont une haute idée de leur drapeau national qu’on leurs a inculqué depuis le bas âge qui fait partie intégrante de leur façon de travailler. Quelle que soit leur diversité et leur divergence le drapeau national unit les américains.

Les produits culturels américains notamment les films américains sont estampillés république des Etats Unis d’Amérique à travers la présence scénique de leur drapeau national. Au Sénégal, comme dans la plus part des pays africains, on note cette absence de prise de conscience des autorités en charge de la culture et de l’Education nationale sur l’importance et la nécessité de mettre les produits culturels (films, clips etc ) à contribution pour faire la promotion de nos symboles nationaux. Au minima, dans nos films made in Sénégal, donnons une place scénique à notre drapeau national. Le Ministère en charge de la culture est attendu sur ce point pour que vive la république du Sénégal.

Ce n’est pas une fin en soi mais un moyen pour installer dans l’imaginaire collectif la représentation et les valeurs sémantiques de notre drapeau national.

Baba Gallé DIALLO

Réalisateur

Email : bbgd70@tahoo.fr






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