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Le facteur humain est à l’origine de 90 % des accidents de la route au Sénégal, selon Abdou Karim Diop

Rédigé par leral.net le Mardi 17 Janvier 2023 à 18:34 | | 0 commentaire(s)|

Abdou Karim Diop, spécialiste en sécurité routière, a pointé du doigt un certain nombre de comportements au volant, estimant que le facteur humain était à l’origine de 90 % des accidents de la route au Sénégal.   Abdou Karim Diop a notamment évoqué les erreurs de conduite, c’est-à-dire que l’individu fait une mauvaise manipulation et a […]

Abdou Karim Diop, spécialiste en sécurité routière, a pointé du doigt un certain nombre de comportements au volant, estimant que le facteur humain était à l’origine de 90 % des accidents de la route au Sénégal.

 

Abdou Karim Diop a notamment évoqué les erreurs de conduite, c’est-à-dire que l’individu fait une mauvaise manipulation et a de fausses perceptions et se trompe dans l’analyse de l’information.

‘’Il y a  des erreurs qui sont liées à des défauts de compétences. C’est quand l’individu qui tient le volant du véhicule n’est pas compétent.  Il  y a également le manque de lucidité à cause du sommeil ou de la fatigue », a notamment souligné l’auteur du livre ‘’Les accidents de la route’’, paru aux éditions EdiSal en 2021.

Dans l’ouvrage, le chef de la Division Ressources humaines au ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement évoque entre autres sujets la typologie des accidents.

‘’Les accidents de la route constituent un véritable facteur de bouleversement social du fait de leur récurrence ».  A l’en croire, ‘’il y a 17 mille accidents par an au Sénégal soit 47 accidents par jour’’.

‘’C’est quasiment 4OOO morts par an. On donne les chiffres de 7 00 à 800 morts. Mais je crois que ce chiffre n’est pas exact car, les structures qui donnent ces chiffres ne comptabilisent que les morts sur le coup. Et d’après les normes de l’organisation mondiale de la santé (Oms), est victime d’accident de la route, toute personne qui meurt 30 jours après cet accident’’, a-t-il-expliqué.

Aussi, appelle-t-il à comptabiliser les gens qui sont blessés dans la mesure où la Banque mondiale estime que 20% des blessés lors des accidents meurent par la suite. ‘’Cela vaut dire que sur 100 blessés préalablement les 20 vont perdre la vie des suites de cet accident’’, a-t-il- poursuivi.

Abdou Karim Diop pointe du doigt la négligence des propriétaires de camions qui, estime-il, sont responsables de certains désagréments.

‘’Le stationnement créé beaucoup d’accidents, les gens achètent des camions de 40 ou 50 millions mais quand vous circulez sur la route, vous voyez un camion qui tombe en panne malheureusement le propriétaire n’a même pas acheté un triangle pré- signalisation qui coûte 1500 F’’, a-t-il-regretté.

L’écrivain est d’avis que les pouvoirs publics ont une part responsabilité dans la survenue des accidents car étant les principales entités qui définissent  la politique de la sécurité routière dans un pays.

‘’Il y a  certes la défaillance des véhicules, des conducteurs mais la première responsabilité, c’est celle de nos gouvernants qui définissent la politique de la sécurité  routière au Sénégal’’, a-t-il-rappelé.

Il a également préconisé une lutte plus efficace contre l’utilisation de l’alcool par certains conducteurs à travers la mise en  place de centres de contrôle de l’alcoolémie.

Des conséquences sociales insoupçonnées

Pour Abdou Karim Diop, les accidents de la route laissent des séquelles sociales qui peuvent être un véritable facteur de pauvreté pour certaines familles.

‘’Imaginez un père de familles qui a 4 ou 5 enfants, qui les prend en charge et qui paie les factures de courant, d’eau et des frais scolaires, si cette personne décède lors d’un accident, donc l’avenir de cette famille est compromis. Il y a une forte chance que cette famille bascule dans la pauvreté’’ a-t-il-expliqué.

Concernant les blessés, ‘’il y a des gens dont la vie va complément changer, certains vont perdre leurs emplois’’ a-t-il -ajouté.

‘’Toutes ces personnes qui ont perdu la vie sont des soutiens de familles et l’Etat a investi des millions ou des milliards depuis le début de leurs carrières et qui un bon moment se trouvent arracher à notre affection, c’est un problème », regrette l’expert.

Il espère que le choc provoqué par le drame de Sikilo permettra aux populations de prendre conscience et laisser l’Etat faire les réformes nécessaires dans le secteur du transport.

Au total, 42 personnes ont perdu la vie et une centaine d’autres blessées lors d’un accident de la route survenu à Sikilo, à la périphérie de Kaffrine, dans le centre du Sénégal, le 8 janvier.

Dans la nuit de dimanche et lundi une collision entre un camion et un car de transport en commun a fait 22 morts et de nombreux blessés sur la nationale 2 entre les grandes villes de Louga et de Saint-Louis, dans le nord du pays.

APS



Source : http://lesoleil.sn/le-facteur-humain-est-a-lorigin...