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Le juge Bara Niang s’interroge sur l’efficacité de la répression

Après deux semaines d’audience, la Cour d’assises de Dakar a clôturé sa première session de 2009 ce samedi 14 novembre. A l’issue de celle-ci, son président, le juge Bara Niang a abordé la lancinante question de l’efficacité de la répression face à la délinquance juvénile.


Rédigé par leral.net le Dimanche 15 Novembre 2009 à 21:41 | | 0 commentaire(s)|

Le juge Bara Niang s’interroge sur l’efficacité de la répression
« Il faut réprimer pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Il faut aussi sanctionner sévèrement face à l’insécurité », a soutenu Bara Niang au cours de son face à face avec les journalistes. Toutefois, ce dernier qui a dressé le profil sociologique des accusés pour tenter de déterminer les mobiles de leurs actes (pour ceux qui étaient inculpés de vols aggravés) s’est empressé de s’interroger sur l’efficacité de la répression. « Est-ce que la répression est la solution face à la délinquance juvénile ? " s’est—il demandé.

Poursuivant il fera remarquer : « le manque d’éducation est à l’origine de la déviance. Les enfants de parents divorcés sont laissés à eux-mêmes et sans éducation. Alors ils sont obligés de subvenir à leurs propres besoins ». Une allusion faite aux accusés jugés durant cette session pour association de malfaiteurs et vols aggravés. La plupart de ceux-ci dont la tranche d’âge est comprise entre 20 et 25 ans au moment des faits ont des parents divorcés.

Ce qui fera dire au présient Bara Niang que les responsabilités sont partagées entre la société et la famille. Et lemagistrat de se demander si la répression suffit à elle seule pour dissuader ces jeunes d’emprunter les chemins de la délinquance et du grand banditise qui conduisent immanquablement à la criminalité.

Auparavant, le juge Bara Niang était revenu sur les différents verdicts qui ont été rendus. En effet, au cours de cette session, 29 accusés ont été jugés pour 11 cas. Au total, la Cour a acquitté 05 personnes. Une peine d’un an de prison ferme et des peines allant de 05 ans à 15ans de travaux forcés. 07 personnes ont été condamnées à des peines des travaux forcés à perpétuité. La Cour a aussi déclaré éteinte l’action publique à l’endroit de deux accusés décédés au cours de leur détention préventive.

De l’avis du président de cette session, les peines ne sont pas très sévères dans l’ensemble. « C’est un signal pour rassurer ceux qui craignaient qu’avec la suppression du jury populaire il n’y aura que des sanctions lourdes », soutient Bara Niang qui ajoute : « Nous appliquons la loi mais nous avons aussi une dose d’humanité ». Aussi s’est-il réjoui de cette réforme supprimant les jurés au profit de magistrats professionnels. « Très franchement c’est une bonne option. Les délibérations sont moins longues car les magistrats maîtrisent les textes », affirme M. Niang.

- Par ZAHRA -

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