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Le maire Cheikh Guèye, sa culotte, son chawarma, ses “two taw” et le camion de sable

Quand on aperçoit la silhouette de la longiligne créature, à quelques mètres de soi, on est, évidemment, loin de douter qu’il s’agisse du maire de Dieuppeul.


Rédigé par leral.net le Lundi 24 Août 2015 à 08:00 | | 15 commentaire(s)|

Le maire Cheikh Guèye, sa culotte, son chawarma, ses “two taw” et le camion de sable
Beaucoup ne paieraient pas cher, en pariant que c’est Cheikh Guèye, responsable de la Ligue démocratique, d’autant que l’élu est sanglé dans une culotte de couleur noir. Que surplombe un tee-shirt bleu, floqué de la Mention “Falcons”.

Visiblement très proche de ses administrés, Cheikh Guèye distribue des poignées de mains à ses administrés. On est au Fast food “CHEZ MAX” de Dieuppeul, à quelques jets de pierres de la Clinique Croix bleue.

Sur place, l’édile de cette Commune est venu se taper un Chawarma. A l’image de Actusen.com, qui passe incognito et qui guette ses moindres faits et gestes. Descendu d’un véhicule 4×4, immatriculé DK 3615 AN, le maire chambre certains de ses administrés et se voit en aparté avec d’autres.

Derrière le trémolo de sa voix rauque qui résonne à des dizaines de mètres de là, Cheikh Guèye interpelle les responsables du Fast food, au sujet d’un immondice d’ordures déposées on ne sait pas par qui, à l’angle des lieux. “Qui a mis ces ordures, là-bas?”, demande-t-il, en pointant du doigt le tas d’ordures.

C’est la simplicité, la sociabilité et la complicité avec ses administrés

“Ce sont des voisins d’à-côté”, rétorque l’un des employés du Fast-food. Qui embraie : “malheureusement, quand on leur parle, c’est à peine s’ils accordent du crédit à ce qu’on leur dit”. Alors, là, le maire reprend les cartes en main et apostrophe un homme qui, apparemment, travaille dans sa Mairie. “Demain, venez enlever ces ordures, tout comme il faudra déguerpir la table. On ne peut pas vendre du manger et cohabiter comme ça avec ces ordures”, ordonne-t-il.

A peine en a-t-il fini avec les ordures que Cheikh Guèye lève son regard sur la devanture du Fast-food et s’exclame : “mais c’est beau ça. Je n’avais pas constaté cette construction”. Au même moment, un autre homme l’interpelle. Pensionnaire du Mouvement “navétanes”, semble-t-il, celui-ci lui soumet une doléance qui tient à coeur tout un quartier : “le terrain de notre Asc s’inonde, à la moindre pluie”, explique son interlocuteur.

Avant que ce dernier ne finisse, le maire Cheikh Guèye lui fait une promesse qui fait office de satisfaction absolue : “demain, lundi, vient dans mon bureau me le rappeler, je vous colle un camion, qui viendra régler le problème de votre terrain, dès mardi”, lui glisse-t-il. Le plaignant change de mine et se fend d’une grosse banane. Car son maire vient de lui ôter une épine du pied.

Un administré l’apostrophe : “maire, door ma dara” ; Cheikh Guèye lui rétorque “boy, je n’ai que two taw”

Dans la foulée, un autre habitant s’arrache de son siège, lui serre la main et le prend presque au collet en ces termes : “maire, door ma dara (filez moi un peu d’argent”. Cheikh Guèye tente de résister à l’assaut et lui explique : “boy, je n’ai que two taw” (je n’ai que deux mille francs). Qu’à cela ne tienne, revient à la charge son administré. Alors, là, le Premier magistrat plie, rompt et lui glisse le billet de 2000 F Cfa qu’il tenait dans sa main droite.

Pendant ce temps, un autre habitant va, lui aussi, à l’assaut du maire. Et lui dit : “maire, door ma dara mane tamitt” (filez moi quelque chose, moi également”. Cheikh Guèye, pour se tirer d’affaires, lui répond : “mais boy, tu as accusé du retard, le gars t’a devancé. Il a pris les two taw “2000 F Cfa) que j’avais”.

La déception se lit, naturellement, sur le visage du gars. Et Cheikh Guèye, dont les administrés saluent la sociabilité à toute épreuve, visiblement touché par la mine renfrognée de son interlocuteur qui lui réclamait en vain 2000 francs, fouille ses poches. Et finit, heureusement, par en tirer un autre billet de 2000 francs.

Au Fast food, la longiligne créature fait la queue comme tous ses administrés

L’homme, qui le sollicitait, sourit. Cheikh Guèye, aussi, tout aussi libéré d’avoir pu satisfaire la requête de son “ami”. Alors qu’il attend, sagement, son chawarma, non sans avoir fait la queue, comme pour donner le bon exemple à ses concitoyens, l’édile de Dieuppeul se voit assailli par une dame, elle aussi venue se ravitailler à “CHEZ MAX”.

“Pour l’assistance allouée aux familles nécessiteuses, à la veille de la fête de tabaski (fête du mouton), je viendrai prendre ma part”, lui lance la dame. Cheikh Guèye de l’interpeller en ces termes : “vous êtes-vous inscrite sur les listes à la Mairie ?”. La femme de revenir à la charge à sa manière, avec à la clé, une assurance déconcertante : “moi, je je ne parle pas de ces listes, c’est à vous-même de régler, par votre propre poche, ma situation”.

A la suite de cette dame, beaucoup d’autres personnes qui l’ont croisé sur les lieux, lui ont parlé sur un ton familier, et le maire Cheikh Guèye les a écoutés religieusement et leur a tous servi des réponses qui, visiblement, les a satisfaits. Le tout, dans une ambiance carnavalesque doublée d’une immense complicité. C’est ça, aussi, le sens élevé de sociabilité que doivent avoir nos élus, face à leurs administrés.

Actusen.com






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