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Le modèle turc de gouvernance doit-il être un modèle pour les islamistes modérés marocains ?

le 4 Juin 2013 à 09:57 | Lu 373 fois

Le modèle turc de gouvernance doit-il être un modèle  pour les islamistes modérés marocains ?
Les islamistes modérés marocains, notamment ceux du Parti Justice et Développement (PJD), parti qui dirige le gouvernement du Maroc, s’évertuent à vouloir prendre pour exemple la Turquie et à ériger gestion des affaires publiques du parti islamo-conservateur, l’AKP, du Premier Ministre Recep Tayyib Erdogan comme modèle.

Or, les islamistes marocains ont occulté dans leur analyse le fait que l’AKP s’attèle à une islamisation autoritaire de la société turque en écornant sévèrement les libertés fondamentales.

Cet autoritarisme de l’AKP s’est traduit par la mise au pas de l’armée et de la justice, deux institutions garantes de la laïcité de l’Etat, pour s’attaquer par la suite aux intellectuels et aux journalistes mais aussi par un retour en force de la censure.

Des décisions qui viennent d’être rejetées violemment par la majorité de la population turque, dont sa jeunesse a décidé de faire entre sa voix en opposition à celle du gouvernement islamo-conservateur d’Erdogan.

Ainsi, des violentes et sanglantes manifestations ont secoué plusieurs grandes villes de Turquie pendant plusieurs jours. Une explosion populaire qui traduit toutes les contraintes et les interdictions imposées aux turcs par le gouvernement Erdogan et exprime l’oppression de ces mêmes dirigeants contre le peuple turc.

Aussi, ces manifestations sont la parfaite illustration d’une remise en cause de la politique du gouvernement Erdogan et une dénonciation de la dérive autoritaire du Premier Ministre Erdogan.

Une dérive autoritaire qui laisse présager un Printemps turc. Tous les ingrédients sont présents pour une plus forte explosion du peuple turc qui refuse l’arrogance d’Erdogan et de son gouvernement.

Ces derniers usent, d’ailleurs, de milices, membres des jeunesses de l’AKP, pour, assister les forces de sécurité, lors de leurs interventions contre les manifestants. Un mode opératoire qui fut utilisé par les défunts régimes de Kaddafi, Ben Ali et Moubarak.

En conséquence, on peut dire qu’en l’état actuel la Turquie ne peut-être considéré comme un pays démocratique et que le peuple turc vient de se réveiller pour protester contre le dictateur islamiste qu’est Erdogan.

Suite à ce propos, les islamistes du PJD marocain et Abdelillah Benkirane, qui dirigent le Gouvernement du Royaume du Maroc, devraient y regarder à deux fois avant de considérer la gestion de la chose publique par le Gouvernement Erdogan et l’AKP comme modèle de bonne gouvernance à adopter.



Farid Mnebhi.