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Le numéro 4 de la LRA capturé en Centrafrique

le 16 Mai 2012 à 12:16 | Lu 714 fois

L'armée ougandaise a annoncé, dimanche 13 mai, l'arrestation d'un adjoint de Joseph Kony, le chef de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA, Lord's Resistance Army), recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.


Le numéro 4 de la LRA capturé en Centrafrique
Selon les Forces de défense populaire de l'Ouganda (UPDF), le général Caesar Achellam a été capturé lors d'une embuscade tendue samedi sur les rives du Mboun, en République centrafricaine. Il était armé d'un fusil d'assaut AK-47 et avait huit chargeurs en sa possession. Il a été arrêté avec sa femme, une de ses filles et l'un de ses assistants.

Selon des sources militaires ougandaises, les unités ougandaises l'ont attendu durant trois semaines en embuscade après avoir suivi la trace de son groupe, d'une trentaine de combattants. Caesar Acellam s'est cependant séparé de ses hommes il y a quelques jours, pour une raison pour l'heure inconnue. L'armée ougandaise est à la pointe de la force régionale chargée, avec le soutien de forces spéciales américaines, de traquer la LRA et plus particulièrement Joseph Kony. L'armée estime que sa capture pourrait inciter d'autres miliciens à abandonner les rangs de la LRA.


Acellam est le plus haut responsable de la LRA capturé à ce jour. Il en est le numéro 4, derrière ses trois principaux chefs, Joseph Kony, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen, tous recherchés par la Cour pénale internationale (CPI). Le mandat d'arrêt de la CPI vise également un quatrième homme, Vincent Otti, historiquement commandant en second et vice-président de la LRA, mais dont tout porte à croire qu'il est mort.

Il a été tranféré dimanche dans la petite ville sud-soudanaise de Nzara, à la frontière avec la République démocratique du Congo, au quartier général des forces régionales mandatées par l'Union africaine (UA) pour traquer la LRA. L'homme, de grande taille, âgé de 49 ans et qu'une vieille blessure fait claudiquer, doit y subir des contrôles médicaux.

Créée à la fin des années 1980 dans le nord de l'Ouganda, la LRA est sinistrement connue pour ses enlèvements d'enfants, qu'elle transforme en combattants ou en esclaves, et pour ses mutilations de civils. Depuis qu'elle a été chassée d'Ouganda, elle opère depuis les autres pays de la région - Centrafrique, Soudan du Sud, Soudan, et République démocratique du Congo (RDC). Les forces ougandaises ne sont autorisées à intervenir ni en RDC ni au Soudan. Le mois dernier, une vidéo controversée de l'ONG américaine Invisible Children sur Joseph Kony avait jeté un coup de projecteur sur la LRA, faisant sensation sur Internet.


Le 10 mai, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a prédit que Joseph Kony serait "arrêté ou tué avant la fin de cette année". Le lendemain, le représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique centrale, Abou Moussa, avait révélé que les troupes aux trousses de Joseph Kony le contraignaient à se déplacer sans arrêt. Après l'avoir un temps pensé en Centrafrique, M. Moussa a indiqué que le fugitif pourrait désormais se trouver au Darfour, une région de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre civile depuis 2003.
Joseph Kony, un ex-enfant de chœur semi-analphabète, a pris en 1988 la tête de la LRA, dont l'objectif était de remplacer le gouvernement à Kampala par un régime fondé sur les dix commandements de la foi chrétienne.