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Le « oui, mais… » des pétroliers

Rédigé le Lundi 4 Mars 2013 à 19:29 | | 1 commentaire(s)

Du côté de certains pétroliers, on estime que libéraliser l’importation du gaz butane dans les conditions actuelles ne servirait à rien. Du moins tant que le gouvernement persistera à vouloir administrer les prix du produit. Les cours internationaux du gaz butane flambant depuis plusieurs mois, et l’Etat maintenant le prix de 3700 francs pour la bombonne de six kilogrammes, importer dans ces conditions serait à tout le moins suicidaire. Sauf à disposer d’une trésorerie très importante. En effet, le prix de revient de la même bonbonne frôle les 4500 francs et elle n’est vendue au public au prix indiqué ci-dessus que grâce à la subvention de l’Etat. Or, comme ce dernier n’est pas un très bon payeur, les pétroliers craignent de laisser des plumes dans l’opération. Car il faudrait importer, vendre momentanément à perte et… attendre des subventions qui peuvent mettre plusieurs années avant de tomber. Avec tout ce que cela pose comme problèmes de trésorerie et frais financiers. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir jouer au mécène — intéressé et dans tous les cas gagnant ! —comme ITOC.



Le « oui, mais… » des pétroliers
Plus fondamentalement, comme nous le confie un cadre d’une compagnie pétrolière de la place, l’Etat ne veut pas s’attaquer structurellement au problème du secteur des hydrocarbures, en général, et du sous-secteur du gaz butane en particulier. Explication de notre interlocuteur : « faute de capacités de stockage suffisantes dans notre pays, les importateurs sont obligés de faire venir de petits bateaux qui couvrent à peine 10 jours de consommation. Or, avec ces petits bateaux, impossible de faire des marges. L’idéal, ce serait de faire venir de grands méthaniers qui peuvent permettre d’assurer une consommation d’un mois au moins. Du fait des économies d’échelles à réaliser, c’est là seulement que l’importation peut être rentable ». Sans compter que le pays pourrait disposer d’un stock de sécurité de plusieurs semaines contre à peine quelque jours, actuellement.

Ensuite, la SAR, n’ayant pas toujours les moyens financiers de payer les importations, se défausse sur ITOC. Cette dernière société, au-delà d’un certain montant, ne peut pas suivre et exige donc d’être payée avant d’importer de nouveau. Un cercle vicieux. Surtout que, parfois, il peut arriver qu’elle fasse venir un navire qui arrive au port de Dakar sans que le financement pour le dépoter soit disponible. Dans l’attente qu’une banque veuille bien consentir un crédit, le navire reste amarré à quai ou mouille au large de Dakar, ce qui se traduit par des surestaries importantes… qui ne sont pas toujours perdues pour tout le monde.
SI bien que, pour les compagnies pétrolières, la meilleure chose, ce serait que le gouvernement ferme la SAR et mette à leur disposition ses grandes capacités de stockage, de manière à leur permettre de faire venir de gros navires. Et surtout, surtout, ils exigent la vérité des prix pour ce qui concerne le gaz butane, faute pour le gouvernement de pouvoir payer les subventions rubis sur l’ongle. Sur ce dernier point, ils peuvent toujours rêver…
Mamadou Oumar Ndiaye
« Le Témoin » N° 1115 –Hebdomadaire Sénégalais ( FEVRIER 2013)


Plus d'informations demain sur leral ( La rédaction )



1.Posté par Dartagnan le 05/03/2013 09:19 | Alerter
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Pas de libéralisation réussie sans des marges commerciales suffisamment rémunératrices, ce qui suppose une hausse des prix du gaz au consommateur. Quelqu'un doit payer le surplus, l'État, le pétrolier ou le consommateur...il y a plein de bateau charge de gaz tout au long de nos cotes, mais le prix doit être paye pour l'acheter. C'est a nos de choisir entre pénurie et prix légèrement plus élevé.

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