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Le parti de Macky miné par un sentiment d’animosité

En sanctionnant les perdants aux locales, Macky Sall a créé une ambiance de haine dans son parti L’Alliance pour la république (Apr) est-elle en train de devenir le premier adversaire de Macky Sall ? La question est loin d’être saugrenue si l’on tient compte des échos qui viennent de cette formation politique où des conflits naissent un peu partout. La faute, selon nos interlocuteurs, au chef de l’Etat qui sanctionne les perdants et fait la promotion de «gens qui ont refusé de mouiller le maillot». Perdus, désemparés, abasourdis… Voilà les sentiments qui dominent chez de nombreux responsables de l’Alliance pour la république (Apr) depuis que Macky Sall a sorti son sabre pour couper les têtes à ceux d’entre eux qui ont été battus aux élections municipales et départementales du 29 juin dernier. En fait, c’est une véritable ambiance de haine qui est née entre les hauts responsables de l’Apr.


Rédigé par leral.net le Vendredi 11 Juillet 2014 à 22:56 | | 4 commentaire(s)|

Le parti de Macky miné par un sentiment d’animosité
Au banc des accusés, il y a, note un responsable aperiste, «tous ces donneurs de leçons dont le seul mérite a été de rester à Dakar et fuir le combat politique sur le terrain.» Sous couvert de l’anonymat, notre interlocuteur accuse : «des gens de l’entourage du président lui ont confectionné des listes de personnes à virer.» «Pourtant, dit-il, ces gens-là devaient être les premiers à être virés. Ils ne peuvent même pas mobiliser dix personnes.» Et de citer «Youssou Touré, qui habite Pikine et qui n’a aucune base politique, Malick Sarr dit Luc et Abdourahmane Ndiaye, tous deux conseillers politiques du chef de l’Etat». Poussant plus loin sa réflexion, il poursuit : «Luc Sarr, il milite où ? Le nouveau ministre Mame Mbaye Niang, il milite où ?» «Quant à Abdourahmane Ndiaye, il n’a qu’une chambre aux Parcelles.» «Ces gens-là devaient être les premiers à être sanctionnés parce qu’ils ne peuvent rien apporter au président», peste un membre du directoire de l’Apr. Aussi ajoute-t-il : «Ceux qui étaient sur le terrain ont apporté quelque chose au président et au parti. Ils auraient pu ne pas aller au front. Ils ont perdu leur argent, leur énergie et se sont fait des ennemis pour massifier le parti.

Dans certaines localités, ils ont réussi à faire passer les suffrages du parti de 17 % à la présidentielle à 45 ou 50 %.» Ce qui lui fait dire que «le président (Macky Sall) aurait dû analyser les résultats et se rendre compte qu’un Mor Ngom, par exemple, a du mérite, de même que Thierno Alassane Sall à Thiès». «Le président aussi est à blâmer» En tout cas, le constat est là : «il y a une psychose à l’Apr. Ceux qui ont été limogés ont vécu une semaine difficile avec leurs familles». Suffisant pour que ce responsable du parti présidentiel alerte : «Le problème de l’Apr se trouve dans l’Apr. Par exemple, croyant pouvoir bloquer Abdoulaye Diouf Sarr dans la course à la mairie de Dakar, Pape Maël Diop a battu campagne à l’aéroport contre celui qui est devenu son ministre de tutelle.» Nouveau ministre des Transports aériens, Abdoulaye Diouf Sarr, probable maire de Yoff, est en effet le patron de Pape Maël Diop qui dirige l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads). Et bonjour les conflits entre les deux hommes. Et ils ne sont pas les seuls. Chez les femmes, Mariama Sarr qui fait son come-back dans le gouvernement voudra retrouver la place que lui avait «chipée» Anta Sarr. Chez les cadres, Mor Ngom et son adjoint Thierno Alassane Sall (limogés du gouvernement) devront supporter les nouvelles ambitions d’Abdoulaye Diouf Sarr, nouveau ministre du Tourisme et des Transports aériens. Il en est de même pour les jeunes où Mame Mbaye Niang, devenu ministre, aura sans doute des ambitions autres que se ranger derrière un Abdou Mbow lamentablement battu à Thiès. Membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Mor Ndiaye de Kolda blâme, lui, «les hauts responsables du parti».

«L’Apr n’est pas un parti organisé de la base au sommet. Il n’y a pas de directoire qui fonctionne et qui pourrait prendre en charge les conflits à la base. Seul un groupe de quelques personnes sait ce qui se passe dans ce parti», dit-il. Mais, poursuit Ndiaye, «le président est aussi à blâmer. Il devait aider les responsables à avoir les moyens de se battre à la base. Bien au contraire, les derniers venus dans le parti jouissent de tous les moyens. Nous qui étions là depuis le début, on n’a même pas de carburant pour aller auprès des militants. Ne parlons même pas de moyens pouvant permettre de prendre en charge les besoins exprimés par les militants». Pis, tient-il à ajouter, «le directeur de cabinet politique du chef de l’Etat est inaccessible. Les responsables de l’Apr ne peuvent même pas avoir Mahmouth Saleh au téléphone». «Alors s’il y a à sanctionner, il faut regarder du côté de ceux qui avaient les moyens de se battre et de gagner, mais qui ont refusé de mouiller le maillot», laisse entendre Mor Ndiaye du Cese.
Walfadjiri






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