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Le pilier manquant du PSE ?

Comme pour tourner la page sur l’affaire Karim Wade, je me permets de m’interroger sur la place de l’éthique dans le PSE.


Rédigé par leral.net le Mardi 24 Mars 2015 à 15:51 | | 0 commentaire(s)|

Le pilier manquant du PSE ?
Si personne ne peut nier les efforts du Président de la république sortant Me Abdoulaye WADE sur la mise en œuvre des grands travaux relatifs à la création de grandes infrastructures nécessaires au développement de notre pays, force est de constater la ferme volonté politique du Président de la république actuel monsieur Macky SALL de hisser le pays à l’aulne des pays émergents à travers le PSE malgré les critiques scientifiques objectives de certains et les critiques politiques subjectives : critiques qui n’auront de sens que lorsqu’elles rapportent une contribution objective pour l’amélioration de ce plan dans l’intérêt commun ou pour répéter le Président Senghor et notre Constitution dans «la commune volonté de vivre ensemble».

«Un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire dans un État de droit»; telle est la vision de notre nouvelle stratégie de développement consacrée dans le PSE qui vise l’émergence économique et le développement humain durable. Cette vision est claire et s’articule autour des orientations stratégiques de développement qui reposent sur des indicateurs de performances macroéconomiques et sociaux hautement définis sur la base d’objectifs réalisables. Le PSE est un outil qui doit être compris et connu par tous les sénégalais vivants au Sénégal et à l’étranger. En effet chaque citoyen, chaque citoyenne doit se l’approprier pour que notre cher Sénégal entre dans le groupe des pays dits émergents. Or, l’émergence économique repose, selon le PSE, sur trois piliers fondamentaux : d’abord, la transformation structurelle de l’économie et croissance, ensuite, le capital humain, la protection sociale et le développement durable et enfin la bonne gouvernance, les institutions, la paix et la sécurité nationale et sous régionale.

Toutefois, peut-on atteindre l’émergence économique dans un contexte où les valeurs et les bonnes mœurs sont rendues dans le tablier des oubliettes? Devrons-nous intégrer dans notre PSE, malgré les benchmarks effectués pour dresser des indicateurs de performance nous permettant d’atteindre l’émergence, la revalorisation de l’éthique et des bonnes mœurs comme quatrième pilier pour aspirer à l’émergence économique dans la prochaine décennie? Le succès du PSE ne nécessite-t-elle pas une nouvelle démarche basée sur l’éthique et les valeurs fondamentales si chères à notre peuple que sont «LE DIOM, LE NGOR, LE FOULA, LE KERSA ET LA FAYDA»? Nous n’avons pas la prétention d’entrer dans une réflexion philosophique de l’éthique qui se trouve à des rives lointaines de notre spécialité, mais nous nous résumons à des interrogations et à sa définition retenue : ce qui est bon.

Certes, d’aucuns me diront que ce sont des éléments de subjectivité difficilement appréciable à travers un plan économique, mais il me parait important dans le cadre de la spécificité de notre société sénégalaise d’en tenir compte si nous savons tous, dans le tréfonds de notre âme que nous assistons à la perversion totale de nos valeurs et à la dépravation de nos mœurs. Nous ne croyons pas au développement économique du Sénégal tant que nos valeurs éthiques, incarnées et prodiguées par nos guides religieux, coutumiers et ancestraux, ne sont pas revalorisées et intégrées. Le gouvernement doit à travers le mérite, la compétence et l’excellence mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut en tenant certainement compte de la réalité socio-politique sénégalaise.

L’excellence doit être le maître mot dans tous les secteurs de la vie active; la main tendue (la plus mauvaise pratique qui asservit l’Homme) doit être bannie partout dans toutes les sphères de la société; la distribution des deniers publiques à des fins politiques ou partisanes doit cesser et être sanctionnée; la probité morale et intellectuelle et la loyauté doivent être la lumière qui guident les pas de chaque sénégalais; la revalorisation de nos valeurs et nos bonnes mœurs doit être matérialisée par des actions concrètes pilotées par le Président de la république à travers son gouvernement par l’instauration d’un département de l’éthique au sein d’un ministère.

N’est-il pas stipulé dans le PSE que « le succès du PSE nécessite une nouvelle démarche de rupture et des changements de comportements des différents acteurs». Ces changements de comportements des différents acteurs que sont les gouvernants et les gouvernés doivent s’appuyer sur l’éthique.

Ô Sénégalais debout, contre l’excès dans le ludique, la calomnie, la main tendue, les pratiques malsaines, la vanité, l’impunité, le mensonge,…
Ô Sénégalais debout, pour le travail basé sur l’éthique car seul le travail et l’éthique demeurent les seuls outils du développement pour un Sénégal émergent.

Vive la République!

Gora LO, notaire et conseiller juridique
Montréal Québec
gora7lo@gmail.com







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