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Le président garde toujours ses mots de Samuel en 2005 : «Macky est incompétent, un complexé»

Ses mots continuent à faire résonner l’écouteur du téléphone. Il a parlé avec le cœur et les mots pour le dire sont loin d’être tendres. Surtout envers le Premier ministre Macky Sall. Ainsi, Samuel Sarr, quelques heures avant qu’il ne voyage avec Me Wade pour La Mecque, dit tout son amertume et se décharge sur un Pm qu’il accuse d’avoir voulu (et obtenu ?) sa tête. Cela, avant qu’il ne revienne sur les raisons de sa démission.


Rédigé par leral.net le Mardi 2 Septembre 2014 à 17:58 | | 12 commentaire(s)|

Le président garde toujours ses mots de Samuel en 2005 : «Macky est incompétent, un complexé»
La promesse non-tenue de Me Wade de mettre fin aux délestages à la date du 15 octobre n’est pas la cause de son départ de la direction générale de la Senelec. Il s’est agi d’une simple coïncidence, à en croire ses déclarations. Ainsi, Samuel Sarr lève les équivoques. De ses explications, il ressort que les causes de son départ sont plus profondes. Car, sa démission découle de relations heurtées avec le Premier ministre, Macky Sall. M. Sarr, joint au téléphone, hier, juste avant qu’il ne prenne l’avion pour le petit pèlerinage, en compagnie du président de la République, assène ses vérités. «Je suis en désaccord avec Macky Sall. D’ailleurs, avec la complicité de Hassan Bâ, il avait demandé mon départ au Président. Ce que ce dernier avait refusé de faire. C’était lors de la réunion du 1er octobre dernier», révèle le désormais ex-directeur général de la Senelec. Au bout du fil, M. Sarr s’emballe par moments et déverse sa bile sur le Pm. De ses tripes, il fait une juxtaposition de qualificatifs, comme pour se soulager : «Macky Sall est incompétent. C’est un complexé et il est là tout juste parce que Me Wade n’a personne d’autre à mettre à sa place.»

Son discours emballé et empreint d’une bonne dose de rancœur, Samuel Sarr regrette les agissements de «ces gens qui m’ont fait la guerre. Ils ont créé une crise bien que la Senelec ait subi les contre-coûts de la flambée du prix du pétrole au niveau mondial». Mais, Samuel Sarr affirme son refus de céder à la pression de personnes qui veulent utiliser la Senelec à d’autres fins. «Les gens ont vu que j’ai beaucoup réalisé et le Premier ministre avec qui je ne m’entends pas du tout m’a fait la guerre. Ils cherchent à politiser la Senelec et je me devais de protéger la société contre les prédateurs», martèle-t-il. Et d’enfoncer le clou : «Même les gens de la Cellule initiatives et stratégie (une structure du Parti démocratique sénégalais présidée par Macky Sall) se sont ligués contre moi.» Ainsi, par ses révélations, Samuel Sarr laisse entendre, entre les lignes, la volonté de Macky Sall de placer un de ses hommes issus de la Cis à la tête de la société nationale d’électricité. Mais, «comme je ne suis pas un homme à me laisser faire, j’ai défendu la société et fait de sorte que les financements soient en place», ironise-t-il.

«WADE NE VOULAIT PAS QUE JE PARTE»

Seulement, M. Sarr se désole que malgré les avancées notées dans la gestion de la Senelec, la guéguerre ne s’est pas estompée. Pire, elle a connu son paroxysme, avant-hier, après une rencontre entre Macky Sall, le ministre de l’Energie, Madiké Niang et lui. Mais, de Madiké Niang, son ministre de tutelle dont on avait toujours affirmé qu’ils entretenaient des relations exécrables, Samuel Sarr semble garder un bon souvenir de leur collaboration. «Madiké Niang est un homme de bien. C’est mon frère», témoigne-t-il. Entre temps, beaucoup d’eau semble avoir coulé sous le pont, car l’inimité entre les deux hommes étaient à un moment donné un secret de polichinelle. Aujourd’hui, c’est Macky Sall que Samuel Sarr ne peut voir. Même en photo.

Cependant le désormais ex-directeur général de la Senelec, Samuel Sarr, tient à préciser n’avoir pas été limogé par le président de la République. «L’idée, révèle-t-il, est de moi. Je me suis déplacé au Palais pour soumettre ma lettre de démission à Me Wade. Car, ma seule ambition était de l’accompagner compte tenu de ce qu’il représente pour moi. C’est un papa pour moi. C’est un homme formidable, s’il n’était pas là, je peux vous jurer que le pays irait vers le chaos.» Quid de l’attitude du chef de l’Etat quand il lui a fait part de sa décision de rendre le tablier ? M. Sarr rapporte que Me Wade ne voulait pas son départ. En effet, «je lui ai fait savoir que je ne peux pas rester à travailler avec lui alors que son Premier ministre ne voulait pas de moi», confie l’ex-directeur général de la Senelec. A l’en croire, la réplique de Wade lui conseillait de poursuivre le travail. «Il ne faut pas baisser les bras. Tu dois te battre», ainsi, lui demande le chef de l’Etat. Mais, «l’esprit républicain» de M. Sarr prend le dessus sur la confiance de Me Wade.

Revenant sur l’absence de politique énergétique claire au Sénégal, M. Sarr verse dans l’ironie pour s’en prendre au Gouvernement de Macky Sall. Ainsi, déplore-t-il que «l’on veuille faire des réformes sans des hommes nouveaux. Il n’y a rien qui me satisfait dans ce qu’ils font. Il n’y a rien de cohérent. Ce sont les mêmes gens qui étaient là sous Diouf qui sont toujours maintenus. Et ce ne sont pas avec eux qu’il faut réussir les réformes». Par ailleurs, dans sa lecture, Samuel Sarr se refuse de recevoir quelque leçon que ce soit de la part de Macky Sall. Et pour le lui faire savoir, il rappelle une réunion qui s’était tenue en présence de Me Wade pour mettre sur la table son passif à la tête du ministère de l’Energie et des Mines. «Je lui ai dit qu’il n’a même pas financé un seul kilomètre de fil électrique pendant tout le temps qu’il est resté en poste», en sourit aujourd’hui Samuel Sarr.

175 MILLARDS EN 2 ANS

Le réquisitoire contre Macky Sall achevé, M. Sarr se glorifie de son bilan à la tête de la Senelec. En effet, il clame avoir «atteint (son) objectif pour avoir réalisé un acquis de 175 milliards de francs en deux ans. Une somme qui représente l’ensemble des projets en cours de construction et qui, à termes, sonnent la fin du calvaire énergétique au Sénégal». Et d’annoncer que ces avancées ont même été reconnues par les bailleurs de fonds. Mais, il prévient que «la gestion de la Senelec n’est pas une chose facile car, il faut, chaque mois, payer la somme de 11 milliards de francs Cfa aux pétroliers au risque de créer un chaos. Or, la société fait un chiffre d’affaires de 13 milliards de francs, une somme à recouvrer auprès des clients». Et malgré ce fardeau, Samuel Sarr s’enorgueillit d’avoir «régler le problème des délestages» (sic) car, il reste convaincu que cette question est résolue avec les centrales en cours de construction.

Par ailleurs, l’ex-directeur général de la Senelec n’aurait jamais accepté de transiger sur le différend de 1,3 milliard de francs qui oppose la Senelec à la Gti. «Si on paie cet argent, c’est du vol. Nous savons bien lire un contrat», tranche-t-il.

NDIAGA NDIAYE LEQUOTIDIEN 2005






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