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Le rapport de la politique à l’islam

Rédigé par leral.net le Mercredi 29 Août 2012 à 20:00 | | 0 commentaire(s)|

Aujourd’hui, certaines populations musulmanes d’Afrique s’interrogent, sans tort, quant aux préoccupations des autorités sur le rapport de la politique à l’Islam dans les Etats africains.


Le rapport de la politique à l’islam
Cependant, la pratique de l’Islam a contribué, sans conteste, à l’émancipation totale de l’Africain. Et aura contribué, de manière effective et continue, à son épanouissement sans l’aliéner. Seulement la religion musulmane est devenue, depuis la chute du Mur de Berlin, la seule force qui parvient à progresser.

Contrairement aux autres obédiences et au capitalisme qui ne cherchent, en fait, que l’unique promotion de l’Universalisme Occidental. Heureusement Cheikh Omar Foutiyou TALL, Cheikh Ahmadou Bamba, Seydi El Hadji Malick SY, Elhadj Abdoulaye NIASSE ont résisté avec vigueur. Et permis à l’Afrique de l’Ouest, par exemple, de bénéficier de l’enseignent de l’islam. Point n’est besoin de rappeler la portée de l’action, combien utile, de l’impact de leur combat. Et de la lisibilité de leurs initiatives en vue d’obtenir les belles performances en sensibilisation, en conscientisation.

Enfin, en élimination de l’obscurantisme, de l’exploitation de l’homme par l’homme et de l’acculturation.
C’est pour cette raison que l’islam, déployé avec génie et vision par les guides précités, a prospéré et évolué sans être affecté, en aucune façon, par l’acculturation et l’assimilation qui restent, en somme, la force de frappe redoutable de l’Occident. Même si le recours ultime à la démocratisation explique, dans une totale mesure, leur volonté de se servir de cet expédient pour consolider, sans pudeur, leur entreprise de balkanisation de l’Afrique.

Il importe de savoir que la puissance capitaliste cherche, malheureusement, à faire jouer à la démocratie la même fonction que celle attendue dans la pratique de la laïcité qui aura permis, avec diplomatie, une timide promotion collective de certaines obédiences religieuses et philosophiques différentes de l’Islam au Sénégal. Mais l’Islam, bien qu’ayant l’habitude du pouvoir colonial sur le dos, a gagné l’Afrique. La cartographie musulmane du Sénégal, par exemple, révèle une implantation qui couvre tout notre territoire.

Donc le pouvoir d’Etat en Afrique, pour ne citer que celui du Sénégal, a gagné, parfaitement, en construction de l’Etat-Nation. Au grand étonnement de l’Occident qui estimait que l’institutionnalisation de la laïcité allait empêcher une émancipation citoyenne significative.
C’est l’occasion qui s’offre au Sénégal pour admettre le fait que l’Islam aura permis, compte tenu de la vision de génie de ses guides religieux, la naissance d’une civilisation qui est, fort heureusement, un produit très éclectique qui combine les valeurs musulmanes à celles africaines. La solidarité, très différente de l’assistance, est une loi que partagent l’Islam et l’Afrique.

En somme, le social case-work, l’assistance, l’appoint développé à la suite des besoins nés des retentissements sociaux négatifs inhérents à la division du Travail et au marché de l’emploi sont différents, en substance, de l’indication prônée par la solidarité en Islam.
De même, la pratique de la laïcité et celle de la démocratie en Occident obéissent, évidemment, à des raisons historiques qui n’existent, malheureusement, pas en Afrique.

Comment, donc, vouloir admettre la démocratie comme une panacée en Afrique ?
La démocratie serait-elle une solution innovante après la laïcité que les musulmans du Sénégal ont réussi à intégrer avec excellence ?
Il est ,surtout, à noter la situation du Sénégal où l’Islam constitue, véritablement, un soubassement surdéterminant qui aura permis, entre le XVIIIe et le XXI siècle le développement, à la fois, d’une intelligence et d’une conscience collective musulmanes dans les populations. Ce qui a nous aura permis de résister aux non-valeurs et aux contre-valeurs jusqu'à la fin du XX siècle.

Par contre, le nouveau diktat né de la pratique des moralités variables inquiète et convoque, sans délai, les autorités islamiques de la Ummah à plus de circonspection, à plus d’observation d’une distance critique. Enfin, à plus d’introspection et à plus de démultiplication de la théologie et des méthodes d’appropriation du savoir musulman. Au Sénégal les populations résistent, bien que les contre-valeurs, en tant que sous produits de la modernité, font des ravages dans certains centres urbains.

C’est, d’ailleurs, pourquoi le pouvoir politique devrait, quelle que soit sa volonté de garder ses distances, être réaliste. En admettant le fait que l’Islam reste en droit, compte-tenu de sa position géostratégique, de sa cartographie et de son enseignement si valorisant, une totale refondation des formes d’exercice du pouvoir au Sénégal.

Certains faits confirment l’urgence et la nécessité d’innover les bases de la gouvernance au Sénégal. Car ils renseignent sur l’escalade des dysfonctionnements et de l’avènement d’un délitement de l’autorité de l’Etat dont la linéarité surprend. Enfin, une conflictualité de niveau latent annonçant, dans un moyen terme peu éloigné, la possibilité de la naissance de contradictions rendant, avec des risques réels, incompatible la coexistence entre le pouvoir d’Etat et l’Islam au Sénégal. Le rapport de la politique à l’Islam ne doit être, selon les populations musulmans du Sénégal, que bon, structurel et au service exclusif du développement de la nation Sénégal où l’Islam demeure un recours essentiel.


Wagane FAYE
Professeur d’Anglais
Secrétaire Exécutif de CARED AFRIQUE
E-mail : ngenbale@hotmail.fr