Il est vrai que la personnalité du chef d’Etat d’alors, pour ne pas nommer l’iconoclaste Me Abdoulaye Wade, n’était pas compatible avec le slogan « gérer ensemble » revenu à la mode depuis l’accession de Macky Sall à la magistrature suprême. Mais, voilà que les indignés d’hier - métamorphosés en « alliés » du chef de l’Etat et regroupés au sein d’une coalition hétéroclite pompeusement appelée « Benno Bokk Yakaar » - sont comme atteints d’amnésie face à la tragi-comédie qui se joue sous leurs yeux. Impuissance face à la boulimie de l’enfant prodige de Nguidjilone ? Neutralité suspecte pour ramasser, en courbant l’échine, des subsides ? Complicité aveugle de ceux qui prétendent avoir « gagné ensemble » ? Voilà autant d’interrogations qui taraudent, en ces instants de doute où le parti a fini de chevaucher la patrie, l’esprit des observateurs et des démocrates pur jus. Si on y ajoute les condamnations du bout des lèvres notées ici et là quant au maintien du Sénat, il y a fort à parier que les « gardiens de l’orthodoxie » ont rangé sagement, sans crier gare, leurs capacités d’indignation sous le boisseau. Normal, quand on sait que le président de la République distribue, comme un guichet automatique, les sucettes à ces grandes … pour leur clouer le bec. En effet, la nomination du Pr Abdoulaye Bathily, dont l’aversion pour le Sénat est un secret de polichinelle, en qualité de ministre d’Etat chargé des Affaires africaines, obéit à cette implacable logique. Tout comme la nomination d’un responsable de premier plan du Parti Socialiste, l’ex-boss de la Lonase et ancien ministre Mame Bounama Sall, en qualité de Pca de la Sicap. Quid du parachute doré offert à Yankhoba Diattara, poulain s’il en est de l’encombrant allié Idrissa Seck, pour s’arrimer à la présidence du conseil d’administration du Port autonome de Dakar (Pad) ? Et, comme si la coupe n’était pas assez pleine, ça jase comme il n’est pas permis dans la quasi-totalité des structures parapubliques où le vent «beige-marron» commence à faire des dégâts. La censure populaire se fait, à ce sujet, l’écho d’une bamboula annoncée au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) où le nouveau Directeur général, Abdoulaye Diouf Sarr, recrute à la pelle et met en place son « gouvernement ». Avec au poste stratégique de Responsable des marchés, l’ancien comptable de la radio Sen-Info qui appartenait à Macky Sall et qu’il avait rétrocédé à un certain Ahmet Khalifa Niasse. Mais, le plus cocasse dans cette affaire est ailleurs. En effet, les mauvaises langues avancent que « tous les marchés du Coud sont gagnés par le cadet de la famille du chef de l’Etat ». Vrai ou faux ? Toujours est-il que les conjectures y vont bon train. Sur fond d’un jeu de chaises musicales qui a vu la presque totalité des chefs de service mis au frigo et remplacés, sans ménagement, par des « Apéristes » bon teint. Et les exemples du genre font florès. Sans que personne ne bronche. Encore moins ne lève le plus petit doigt. Mais, comme le « fromage » est encore là, tout le monde fait semblant de ne rien voir. Les velléités de Macky Sall de faire table-rase, en dépit des stridents cris d’orfraie du petit « Peuple des Assises », de la fameuse Charte de Bonne gouvernance démocratique n’a pas d’autre explication. C’est ce qu’on appelle, dans un langage froid très connu dans la mafia, se faire des politesses. Sur le dos des Sénégalais ?
PAPA SOULEYMANE KANDJI
Le Pays au Quotidien
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