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Le traitement princier des «Elus du Macky»

Fonction presque bénévole, des Indépendances à nos jours, le statut d’élu local a connu une avancée significative avec l’accession à la magistrature suprême du Président Abdoulaye Wade. Aujourd’hui, sous le magistère du Président Macky Sall, un élu local, ou même un député, bénéficie d’un traitement princier, avec rang de ministre. Un privilège qui en fait courir plus d’un. Avec l’éclairage d’Alé Lô, président des élus locaux, d’El Hadj Malick Diop, secrétaire général de l’Association des maires du Sénégal (Ams) et de l’ancien député libéral, Babacar Gaye, L’Observateur tente de faire l’inventaire de ces avantages des élus locaux et des parlementaires de l’Assemblée nationale.


Rédigé par leral.net le Jeudi 22 Janvier 2015 à 17:14 | | 0 commentaire(s)|

Le traitement princier des «Elus du Macky»
C’était lundi dans une salle huppée du King Fahd Palace, à l’occasion de la rencontre entre le Président Macky Sall et les 423 maires de son parti. Une rencontre pour sceller davantage l’Alliance pour la République (Apr), mais aussi pour disserter sur la fonction d’édile. «Un maire sans véhicule n’est pas un maire. L’Etat va doter les maires de véhicules. La procédure d’appel d’offres est bouclée et tout sera fait pour que, dans les meilleurs délais, vous disposiez de vos véhicules.» L’annonce tant attendue tombe comme une bénédiction pour les élus locaux, qui applaudissent à tout rompre. Alé Lô, président des élus locaux, explique : «Avant 2007, les communautés rurales ne disposaient pas de véhicules. C’est à partir de 2007 que l’Etat a octroyé aux communautés rurales des voitures de fonction, avec un chauffeur et un assistant communautaire, payés par l’Etat. Ces véhicules servaient aussi bien à assurer le transport au sein de la municipalité que comme ambulance dans la plupart des zones rurales où il n’y en avait pas. Mais aujourd’hui, l’utilisation abusive de ces véhicules a fait qu’ils sont devenus vétustes après 7 ans d’utilisation. Maintenant, nous attendons, comme le Président l’a annoncé, la dotation en véhicules pour l’ensemble des communes et des communautés rurales. Sans les retards sur les codes des marchés, ces véhicules auraient été livrés depuis longtemps, mais nous espérons que d’ici au mois de février ou mars, ces véhicules, déjà commandés, vont arriver.» Une avancée significative pour les maires et élus locaux, qui ont vu leurs émoluments augmenter sensiblement, avec l’accession de Macky Sall à la magistrature suprême.

De 65000 à 300 000, 500 000 voire 900 000 FCfa

De nos Indépendances à l’an 2000, la fonction de maire était plus honorifique et «bénévole» qu’autre chose. Le maire d’une capitale départementale, par exemple, ne percevait que 65000FCfa, là où le maire d’une capitale régionale touchait moins de 100 000FCfa et 50 000FCfa pour le maire d’une commune d’arrondissement. Quid des présidents de communauté rurale ? Leurs indemnités oscillaient entre 15000 et 30 000FCfa. Une «aberration» que le Président Abdoulaye Wade, qui arguait en son temps qu’«il ne fallait pas exposer au détournement quelqu’un qui gère un budget», avait décidé de rectifier. Ainsi, sous son égide, un président de Conseil régional acquiert presque un rang de ministre. Le maire de ville et de capitale régionale touche 900 mille FCfa. Leurs homologues des capitales départementales ont droit à 500 mille francs Cfa, tandis que ceux des communes d’arrondissement et les présidents de Conseil rural bénéficient d’un traitement mensuel de 300 mille francs. Ils sont tous payés à partir du budget de l’Etat.

A cela s’ajoutent des indemnités spécifiques, selon la collectivité locale. Une victoire remportée de haute lutte, si l’on se fie aux propos d’Alé Lô, président des élus locaux. Il argue : «Mon combat depuis 25 ans, c’est de travailler au renforcement des capacités des élus locaux des communautés rurales, à augmenter les ressources financières. Nos budgets qui tournaient autour de 5 millions FCfa, atteignent aujourd’hui les 50, voire 100 millions FCfa et plus, avec des hôtels communautaires pour la quasi-totalité des communes, à l’exception des dernières communes qui sont nées à l’issue des derniers découpages.» Une requête à laquelle le «Pape du Sopi», connu pour sa générosité légendaire, a accédé sans regarder à la dépense. Ainsi, il avait affecté au moins un véhicule à tous les chefs de collectivité locale. Mieux, Abdoulaye Wade n’avait pas oublié les adjoints. «Dans un communiqué publié le 22 janvier 2012, le ministère de la Décentralisation et des Collectivités locales avait informé que le Président Wade venait de signer plusieurs décrets portant hausse des indemnités de représentation des élus locaux», lit-on dans un article du journal «Le Quotidien».

C’est ainsi que l’indemnité mensuelle de représentation des présidents de Conseil rural est passée de 150 000 à 250 000 FCfa par mois. Celle des vice-présidents de Conseil rural, de 25 000 à 50 000 FCfa. Dans les communes disposant d’un budget de moins de 100 millions de FCfa, l’indemnité des adjoints au maire et vice-présidents de délégation spéciale est arrêtée à 50 000 FCfa. Ce pécule est fixé à 60 000 francs si le budget de la mairie est compris entre 100 et 300 millions de FCfa. Elle s’élèvera à 70 000 FCfa si le budget dépasse 300 millions et à 80 000 FCfa si la mairie a plus de 500 millions de budget, puis à 90 000 FCfa dans les communes qui ont un budget compris entre 1 milliard et 10 milliards de Fcfa. Au cas où le budget de la commune dépasse 10 milliards FCFa, l’indemnité mensuelle des adjoints au maire est plafonnée à 100 mille FCfa. Même les assistants communautaires avaient bénéficié d’une augmentation de 20 000 FCfa.

Entre 20 000 et 30 000 FCfa pour les adjoints au maire…

Une décision saluée par le secrétaire générale de l’Association des maires du Sénégal (Ams), El Hadj Malick Diop, qui regrette cependant que cette mesure, étendue aux adjoints au maire, soit restée à l’état de décret. «Aujourd’hui, un adjoint au maire perçoit un émolument fixé entre 20 000 et 30 000FCfa. C’est dérisoire et notre cheval de bataille, en ce moment, c’est de faire en sorte que les émoluments soient indexés au budget de fonctionnement», confie-t-il. Un combat que l’Ams ne mènera pas seul, puisque Alé Lô, au nom de l’association des élus locaux, compte apporter sa pierre à l’édifice. «Le plus grand combat que nous avons à mener aujourd’hui, c’est de faire en sorte que les transferts, fonds de dotation et d’équipement des collectivités locales soient indexés sur la Tva. Depuis quelques années, nous sommes à 5, 5% et l’objectif c’est d’arriver à 10, voire 15%. Ces transferts de l’Etat ont été multipliés par 3 durant ces dix dernières années et nous pensons qu’avec la promesse d’augmenter l’indexation à 10% avec l’installation prochaine d’une taxe locale pour les collectivités, ces fonds devraient augmenter sensiblement pour donner aux élus les moyens de leur politique, sans compter les transferts que nous attendons au titre de la deuxième phase de l’Acte 3, avec de nouvelles compétences (agriculture, élevage, tourisme, pêche etc.) Nous souhaitons que ces transferts de compétences soient accompagnés de transferts de ressources financières», termine-t-il.

L'Observateur






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