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Leçon des Locales : Macky a son destin en main - Par Serigne Mbacké Ndiaye

Les élections locales du 29 juin 2014 ont livré leur verdict. L’APR a été politiquement laminée. Et partout où elle a gagné, elle est en alliance, soit avec le parti socialiste, soit avec l’AFP, ou soit avec les deux dans le cadre de Benno Bokk Yakaar.


Rédigé par leral.net le Lundi 14 Juillet 2014 à 09:40 | | 4 commentaire(s)|

Leçon des Locales : Macky a son destin en main - Par Serigne Mbacké Ndiaye
La première leçon à tirer de ces résultats est que l’APR est largement minoritaire et cela se comprend pour une jeune formation politique arrivée prématurément au pouvoir. Elle a ainsi les tares des partis au pouvoir sans avoir leur expérience assise.

Perdre ces élections comme le fit le PDS en 2009 est source d’inquiétude pour un président candidat à sa propre succession. Qu’on ne me dit surtout pas que Macky n’était pas concerné par ces élections. Les Sénégalais en faisaient un référendum aidés en cela par les responsables de l’APR qui utilisaient l’image, le nom et les acquis du Président de la République.

Malgré cela et quelque soit l’argumentaire utilisé, l’APR a politiquement échoué battue qu’elle est à Dakar capitale du Sénégal, Pikine capitale du refus, Rufisque, Pout, Thies, Khombole, Bambey, Diourbel, Touba mbacké capitale du mouridisme. Elle a aussi échoué à ziguinchor avec tout ce qu’elle représente, Kédougou, Bignona, Kébémer ville du président Wade, Podor de Aissata Tall Sall, St louis, Nguidjilone village du Président Macky Sall et la liste n’est pas exhaustive.

N’est ce pas là le vent de 2014 pour préparer la tempête de 2017. En effet à l’occasion de cette importance élection, Macky sera isolé et seul face à de redoutables coalitions. L’histoire a démontré que les germes de la défaite du parti au pouvoir viennent toujours de l’intérieur. Abdou Diouf n’aurait jamais été battu en 2000 si Niasse et Djibo étaient restés au parti socialiste tout comme Wade n’aurait pas perdu le pouvoir en 2012 si Idrissa et Macky ne l’avaient pas quittés.

Or en 2017 attendons nous en une alliance composé de Khalifa Sall, Malick Gakou et une forte personnalité issue de la famille politique de Senghor ou de la société civile. Ils se partageraient les tâches et le pouvoir avec un potentiel Président, un potentiel premier Ministre et un président de l’Assemblée nationale chargé de conduire les réformes de nos institutions si chères à certains milieux.

Ils auront ainsi tiré les leçons de l’échec de Siggil Sénégal en 2012 ou Niasse et Tanor, incapables de s’entendre sur l’essentiel, donnaient au Sénégalais l’impression qu’ils plaçaient leur ambition personnelle au dessus des intérêts du Sénégal. Khalifa et Gakou qui s’estiment, se respectent et qu’ils sont sortis de la même école politique n’auront jamais ce type de conflits. Aussi ils sont conscients de leur force dans la région de Dakar qui pèse 25% de l’électorat.

Je ne fais pas de la fiction mais du real politique. C’est pourquoi je précise que Khalifa et Malick sont loin d’être des ennemis de Macky bien au contraire ils entretiennent d’excellentes relations qui pourraient profiter à une alliance à ce niveau.

Le second front serait composé du camp libéral et de ses amis. Nous aurions ainsi le PDS, le Rewmi, le Bokk gis gis, l’UCS, le PSD Jant bi, AJ etc … ces partis dont les leaders ont l’avantage de bien se connaitre mais aussi de l’importance en terme de suffrages et de l’expérience.

L’autre pôle qui est celle de la gauche est très fort en matière de communication politique, de stratégie et de méthode de lutte. On y retrouverait la LD dont le discours du nouveau secrétaire général Mamadou NDOYE est assez révélateur mais aussi d’autres forces de gauche, des personnalités de société civile et des membres des assises nationales.

Je n’oublie pas non plus les forces d’obédience religieuse qui regorgent de cadres de très grande valeur comme Serigne Mansour SY Jamil, Imam Mbaye NIANG etc…

Alors dans un tel contexte et configuration politique, quelle issue pour Macky Sall dont le parti est non seulement jeune et faible mais miné et divisé par des luttes internes. L’exemple le plus frappant et le plus restant est la position de Macky 2012 qui combat ouvertement le Président Macky Sall ce qui est quant même un courage politique. Devant une telle situation quel choix pour Macky Sall ?

En ce qui me concerne, respectueux des directives du Président Abdoulaye Wade père du libéralisme Africain qui demandait à tous les libéraux de s’unir j’estime que Macky Sall doit, sans tarder, rejoindre la maison du père et faire la paix avec ses frères de même famille politique.

Les élections locales ont permis à tous d’avoir une visibilité et une lisibilité politiques. Macky sait désormais ce que pèse son parti, ce que représentent ses responsables de base, ce que pensent les sénégalais qui ont exprimé leur mécontentement par rapport aux deux années d’exercices de pouvoir par le successeur de Abdoulaye Wade. La gouvernance vertueuse et sobre de Abdoul Mbaye, accélérer la cadence Mimi Touré et le Travail de Mohamed Dione ne changeront rien.

Il appartient donc au Président Macky Sall d’engager sans tarder un dialogue politique avec tous les acteurs mais surtout avec sa famille constituée des libéraux. Malgré le conflit que je trouve conjoncturel, Abdoulaye Wade qui a un cœur d’or porte Macky sall en haute estime. C’est aussi valable pour Macky Sall qui doit tout à Abdoulaye Wade. J’en parle par ce que telle est ma conviction.

Il faut savoir prendre date avec l’histoire. Chaque chose a son temps mais demain il sera trop tard. Alors Macky Sall a son destin en main.

Serigne Mbacké NDIAYE






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