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Lefebvristes : Mgr Fellay veut un accord avec le Vatican

le 17 Juillet 2012 à 10:09 | Lu 591 fois

« Ce n'est pas nous qui romprons avec Rome », a déclaré lundi le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X sur son site Web.


Lefebvristes : Mgr Fellay veut un accord avec le Vatican
Entre Écône et Rome, le dialogue est difficile mais il continue. Les rumeurs colportées dimanche assurant que les lefebvristes s'apprêtaient à dire un non définitif à Rome ont été démenties, lundi, par Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X. Dans une interview accordée à son site officiel Dici, il affirme: «Ce n'est pas nous qui romprons avec Rome, la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Pour autant il serait irréaliste de nier l'influence moderniste et libérale qui s'exerce dans l'Église depuis le concile Vatican II et les réformes qui en sont issues. En un mot, nous gardons la foi dans la primauté du Pontife romain et dans l'Église fondée sur Pierre, mais nous refusons tout ce qui contribue à l'“autodestruction de l'Église”, reconnue par Paul VI lui-même, dès 1968.»

Il ajoute: «Nous sommes catholiques, nous reconnaissons le pape et les évêques (…). Loin de nous l'idée de constituer une Église parallèle, exerçant un magistère parallèle!» ou de «nous substituer à l'Église catholique, apostolique et romaine».

Trois contradictions à concilier
Rendant compte du chapitre général qui s'est terminé samedi à Écône, en Suisse, et où il a été essentiellement question des relations avec Rome, Mgr Fellay a donc précisé: «Nous ferons très prochainement parvenir à Rome la position du Chapitre qui nous a donné l'occasion de préciser notre feuille de route en insistant sur la conservation de notre identité, seul moyen efficace pour aider l'Église à restaurer la Chrétienté.» Autant dire, emprunter une voie étroite comme il le reconnaît lui-même. Car cette ligne doit concilier trois contradictions.

Le premier tient aux fidèles de la Fraternité. Ils sont divisés quant à l'opportunité d'un retour à Rome. Le cas le plus emblématique est celui de Mgr Richard Williamson et ses thèses négationnistes. Il a été exclu du chapitre mais pas de la Fraternité. «Nous nous séparons avec force de tous ceux qui ont voulu profiter de la situation pour semer la zizanie, en opposant les membres de la Fraternité les uns aux autres. Cet esprit-là ne vient pas de Dieu», a commenté, lundi, Mgr Fellay.

Dans le même registre interne, le supérieur a assuré que ce chapitre fut l'occasion de mettre les choses au point. «Toutes les ambiguïtés ont été levées chez nous», estime-t-il: «Au sujet de Rome, nous sommes vraiment allés au fond des choses, et tous les capitulants (les participants à cette réunion, NDLR) ont pu prendre connaissance du dossier complet. Rien n'a été mis de côté, il n'y a pas de tabou entre nous. Je me devais d'exposer précisément l'ensemble des documents échangés avec le Vatican, ce qui avait été rendu difficile par le climat délétère de ces derniers mois. Cet exposé a permis une discussion franche qui a éclairé les doutes et dissipé les incompréhensions. Cela a favorisé la paix et l'unité des cœurs.»

Seconde difficulté, la nomination, à Rome, par Benoît XVI, d'un nouvel interlocuteur, peu favorable à la Fraternité Saint-Pie X en la personne de Mgr Ludwig Müller, dorénavant préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cet Allemand, ancien archevêque de Ratisbonne, «ne nous apprécie pas», reconnaît Mgr Fellay. «Il nous traitait comme des parias! C'est lui qui déclarait alors que notre séminaire devrait être fermé», estimant que les quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X devaient «tous démissionner».

Dernière difficulté, la «vocation», pourrait-on dire, de la Fraternité Saint-Pie X, dans l'Église catholique. S'inscrivant dans la filiation de Mgr Lefebvre, fondateur, Mgr Fellay affirme: «Nous ne pouvons garder le silence devant la perte de la foi généralisée, ni devant la chute vertigineuse des vocations et de la pratique religieuse. Nous ne pouvons nous taire devant l'“apostasie silencieuse” et ses causes. Car le mutisme doctrinal n'est pas la réponse à cette “apostasie silencieuse” que même Jean-Paul II constatait, en 2003.»


Par Jean-Marie Guénois


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