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Lendemain du verdict de Karim Wade : Me Wade face à un dilemme cornélien

La condamnation de Karim Meissa Wade à six ans d'emprisonnement ferme perturbe les plans du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de son leader. Abdoulaye Wade, de l'avis de bon nombre d'observateurs de la scène politique, s'est pris dans son propre piège, en favorisant l'investiture de son prisonnier de fils comme le candidat du Pds à la prochaine Présidentielle.


Rédigé par leral.net le Mercredi 25 Mars 2015 à 10:07 | | 8 commentaire(s)|

Lendemain du verdict de Karim Wade : Me Wade face à un dilemme cornélien
Au lendemain de la condamnation de Karim Meissa Wade à six d'emprisonnement ferme par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei), les choses semblent se compliquer pour le parti démocratique sénégalais (Pds) et pour son leader. Selon bon nombre d'observateurs de la scène politique, Me Abdoulaye Wade fait désormais face à un dilemme cornélien. Entre maintenir le choix porté sur son fils pour porter l'étendard du Pds à l'élection présidentielle de 2017 tout en corsant la lutte menée au niveau international pour sa libération, ou convoquer un congrès extraordinaire pour se choisir un nouveau candidat, Abdoulaye Wade et son parti ont peu de possibilités qui s'offrent à eux. "Globalement, les possibilités qui s'offrent au Pds sont très minimes et grosses de dangers", a estimé hier Papa Fara Diallo.

Selon l'enseignant-chercheur en sciences politiques à l'université Gaston Berger de Saint-Louis, "les membres du Parti démocratique sénégalais, en investissant Karim Wade comme leur candidat en 2017, étaient plus dans une logique de jouer une carte désespérée leur permettant de continuer à imprimer une nouvelle pression au pouvoir qu'à se trouver une alternative crédible à même de vaincre Macky Sall en 2017". "Les libéraux savaient que Karim Wade serait condamné et que la peine pourrait aller au-delà des prochaines élections, mais, ils se sont plus souciés d'apporter une réponse politique au procès qu'ils estiment politique de Karim Wade", souligne l'analyste politique.

Condamné à six ans d'emprisonnement ferme, le candidat du Pds reste pour autant toujours dans la course à la Présidentielle de 2017. "Dans la mesure où Karim Wade n'a pas été privé de ses droits civiques et politiques, il reste toujours dans la course à la Présidentielle de 2017 pour la simple raison qu'il reste électeur et éligible. Mais, si et seulement si il est gracié par le président de la République", déclare Papa Fara Diallo. De l'avis de ce dernier, "le chef de l'Etat peut décider, lors des prochaines fêtes de l'indépendance, d'accorder sa grâce présidentielle à Karim Wade qui, auquel cas, pourrait participer à l'élection présidentielle de 2017 comme candidat du Pds". Seulement, s'empresse-t-il de préciser, "cette éventualité qui reste dans l'appréciation discrétionnaire du président de la République, Macky Sall, ne semble pas être envisageable vu l'état actuel des relations entre pouvoir et opposition".

En dehors de cette éventualité, Papa Fara Diallo estime que Karim Wade pourrait également bénéficier d'une liberté provisoire. Mais, selon lui, cette éventualité ne pourrait se concrétiser que si "la Cour de cassation casse le verdict et renvoie le dossier à la Crei qui va rejuger l'affaire".

Au-delà de ces deux éventualités, le Parti démocratique sénégalais n'a autre alternative que de convoquer de nouvelles primaires pour se choisir un autre candidat, estime pour sa part l'analyste politique Ibou Sané. "Ce qui reste au Pds, c'est d'organiser de nouvelles primaires pour se trouver un candidat. Il y a des personnalités au niveau du parti comme Souleymane Ndéné Ndiaye qui peuvent être des candidats crédibles", soutient-il. Il reste persuadé que "cela risque d'être très difficile pour le Pds en ce sens que le candidat qui sera choisi sera considéré comme un candidat par défaut". "Les Sénégalais ne prendront pas au sérieux le nouveau candidat qui sera choisi par le Pds. Abdoulaye Wade a montré à l'opinion publique et internationale que seule l'accession de son fils au pouvoir l'intéresse. Et, de ce point de vue, il conforte la thèse de ceux qui disaient qu'il voulait perpétuer une dévolution monarchique du pouvoir le 23 juin 2011", déclare Ibou Sané.

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