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"Les Ivoiriens nourrissent plus de craintes pour le 1er novembre que pour le 31 octobre"

Rédigé par (Plus d'informations demain sur leral .net) le 31 Octobre 2010 à 19:54 | Lu 425 fois

À la veille du premier tour de la présidentielle, l’Onuci, chargée de garantir la sécurité du scrutin, a renforcé ses troupes dans trois zones sensibles du pays. Entretien avec son porte-parole, le Malien Hamadoun Touré.


"Les Ivoiriens nourrissent plus de craintes pour le 1er novembre que pour le 31 octobre"
Créée en 2004 pour faciliter la mise en œuvre de l’accord de paix de Linas-Marcoussis signé en janvier 2003 par les différents acteurs de la crise ivoirienne, l'Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a vu son mandat maintes fois prorogé au cours de ces six dernières années. En cette veille de scrutin "historique" pour les Ivoiriens comme pour la communauté internationale, ses 12 000 hommes sont à pied d’œuvre pour en garantir la sécurité. France24.com a rencontré le Malien Hamadoun Touré, porte-parole de l’organisation.



France24.com : Que représente la date du 31 octobre pour l’Onuci ?

Hamadoun Touré : Le premier tour de l’élection présidentielle est, avant tout, un événement historique pour le peuple ivoirien, qui attend ce moment depuis 2005. Mais il l’est aussi pour nous car il constitue le couronnement du partenariat entre le gouvernement d’Abidjan et la communauté internationale.

À l'heure du premier tour, peut-on affirmer que tous les obstacles logistiques ont été levés ?

H. T. : Notre travail en amont ainsi que la présence des observateurs nationaux et internationaux au moment du vote devraient assurer un déroulement crédible de l’élection. Lors du processus d’identification, nous avons veillé à ce que les cartes d’identité et d’électeur soient parfaitement confectionnées. Ce dernier mois, nous avons transporté 11,5 millions d’entre elles dans toutes les Commissions électorales locales. À la fermeture des bureaux de vote, nous acheminerons les procès-verbaux jusqu’à Abidjan. Tout a été fait pour minimiser - sinon supprimer - les fraudes.

Comment expliquer alors que bon nombre d’Ivoiriens émettent toujours des doutes sur la bonne tenue du scrutin ?

H. T. : Les Ivoiriens continuent de développer une psychose de la crise. Dans ce pays qui a traversé 10 années difficiles, il existe un réel déficit de confiance. L’un des rôles de l’Onuci est de rassurer le peuple ivoirien, qui nourrit par ailleurs davantage de craintes pour le 1er novembre que pour le 31 octobre.

Quelles dispositions avez-vous prises pour éviter les violences qui pourraient intervenir à l’annonce des résultats ?

H. T. : Depuis vendredi, nous avons renforcé les effectifs de nos patrouilles dans trois zones sensibles du pays. À Abidjan, qui concentre à elle seule plus d’un tiers de l’électorat du pays; dans le nord, à Korhogo et à Bouaké, les anciens fiefs de la rébellion des Forces nouvelles; et dans l’ouest, dans le triangle Guiglo-Duékoué-Toulépleu. Mais pour l’heure, nous sommes optimistes. Le bon déroulement de la campagne électorale a dissipé nos craintes. Vendredi, deux des trois principaux candidats ont pu tenir meeting dans la même ville [Abidjan, NDLR] sans qu’on ait pu constater de débordements.

Le mandat de l’Onuci prendra-t-il fin avec la nomination d’un président ?

H. T. : L’élection présidentielle n’est qu’une étape du processus de sortie de crise. Il faudra ensuite repenser la réunification du pays. L'Onuci va participer au redéploiement de l’administration fiscale dans le nord, ainsi qu’au processus de désarmement des ex-rebelles et des milices. Près de 5 000 ex-insurgés doivent être formés et intégrer les rangs de l’armée régulière. Enfin, nous accompagnerons également l’organisation des élections législatives prévues au printemps prochain. Après cette date, notre présence sur le sol ivoirien dépendra de la volonté du Conseil de sécurité de l’ONU et du président élu.

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