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Les Tunisiens aux urnes pour parachever la transition

le 20 Décembre 2014 à 21:00 | Lu 193 fois

TUNIS (Reuters) - Le second tour de l'élection présidentielle en Tunisie opposera dimanche Béji Caïd Essebsi, candidat de l'alliance laïque Nidaa Tounès, au chef de l'Etat sortant, Moncef Marzouki, élu par l'Assemblée constituante à titre provisoire en décembre 2011.


Les Tunisiens aux urnes pour parachever la transition
Au premier tour, le 23 novembre, Essebsi a obtenu 39,4% des suffrages contre 33,4% à Marzouki, soit moins de 200.000 voix d'écart.

Agé de 88 ans, Essebsi fut ministre dans le gouvernement d'Habib Bourguiba qui prit les rênes du pays en 1957 après l'indépendance négociée avec la France et les conserva pendant trente années.
Son parti, Nidaa Tounès, est arrivé en tête des élections législatives du mois d'octobre.
Ses adversaires l'accusent d'être une figure des régimes autocratiques du passé et voient dans sa candidature le risque d'un retour à l'"hégémonie d'un parti unique".

Il doit surtout gommer le souvenir de son engagement dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Zine ben Ali après le coup d'Etat de novembre 1987 et son passage à la présidence de la chambre des députés entre 1990 et 1991. Après cela, il s'était retiré de la vie politique.

"Essebsi n'est pas un démocrate. Il ne sait pas ce qu'est la démocratie", a affirmé Marzouki lors de la campagne de l'entre-deux tours.

Mettant en avant son statut d'homme d'Etat expérimenté, Essebsi se dit pour sa part le mieux à même de "rendre son prestige" à la Tunisie.
A l'inverse, Marzouki, 69 ans, se voit reprocher son alliance avec les islamistes d'Ennahda qui lui a permis d'être élu président de transition il y a trois ans.
Ancien opposant au régime de Ben Ali, exilé plusieurs années en France, il se présente lui comme le protecteur de la "révolution de jasmin" qui a déclenché le cycle des "printemps arabes".
Le parti Ennahda, deuxième des législatives, avait choisi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et n'a donné aucune consignes de vote mais le camp Essebsi affirme que Marzouki a fait le plein des voix islamistes.
Quelque 5,3 millions d'électeurs sont inscrits sur les listes électorales. Les bureaux de vote seront ouverts dimanche de 08h00 à 18h00 (07h00 à 17h00 GMT). Les Tunisiens de l'étranger votent eux depuis vendredi.
Au premier tour, la participation avait frôlé les 65%.
Ce scrutin présidentiel est le point d'orgue de la transition entamée début 2011 et doit ouvrir, après la formation du futur gouvernement, un nouveau chapitre de l'histoire tunisienne.
"En organisant les élections de 2014, la Tunisie achève un long processus de transition qu'elle a entamé le jour de la chute de la dictature le 14 janvier 2011 et rétablit la stabilité politique dans un climat de multipartisme et d'alternance pacifique", souligne l'Instance supérieure indépendante des élections (ISIE).
(Tarek Amara et Patrick Markey; Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)