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Les appels se multiplient pour exiger le départ d'Assad

le 19 Juillet 2012 à 11:31 | Lu 616 fois

Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait voter jeudi une nouvelle résolution contre le régime syrien. Seule la Russie s'y oppose encore.


Les appels se multiplient pour exiger le départ d'Assad
Après les attentats qui ont frappé mercredi le cœur du pouvoir à Damas, les appels se sont multipliés pour hâter le départ de Bachar el-Assad. Paris, Berlin et Washington ont, chacun à sa façon, jugé nécessaire que le président syrien quitte rapidement son poste pour ne pas rajouter au chaos qui menace le pays. Parmi ces voix, Laurent Fabius a affirmé, mercredi au Sénat, qu'il était «urgent» de «trouver une transition politique» en Syrie. Une transition politique qui, selon les pays occidentaux et ceux de la Ligue arabe, implique expressément la mise à l'écart de Bachar el-Assad, compte tenu de sa responsabilité dans la répression et les massacres. Selon le chef de la diplomatie française, l'engagement immédiat d'un processus politique excluant Bachar se justifie d'autant plus que le «degré de violence» a franchi un nouveau pas.

À Berlin, Angela Merkel est allée dans le même sens en insistant sur l'«urgence» pour l'ONU d'adopter une nouvelle résolution sur la Syrie après les événements de Damas. À New York, en effet, le Conseil de sécurité devait initialement se prononcer mercredi soir sur un nouveau projet de résolution reprenant le plan de Kofi Annan et une déclaration dite «de Genève», deux documents soulignant la priorité d'une transition politique.

Ce projet de résolution, placé sous chapitre VII de la charte des Nations unies, c'est-à-dire impliquant la possibilité de sanctions renforcées contre Damas, avait suscité une levée de boucliers de la Russie qui avait menacé d'y mettre son veto. Devant l'aggravation de la situation à Damas, l'ex-secrétaire général de l'ONU espérait toutefois aboutir à un compromis avec la Russie. Le vote devait finalement être reporté à jeudi, à la demande de Kofi Annan.

L'ONU et la «révolution»
Pour l'inflexible ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, il n'était pas question de laisser l'ONU voter une résolution qui, selon Moscou, s'apparenterait à soutenir une «révolution». Le chef de la diplomatie russe a qualifié de «combat décisif» la bataille pour la capitale. Toutefois, «en fait de calmer l'opposition, certains de nos partenaires l'encouragent», a déclaré Sergueï Lavrov, selon qui «l'adoption de la déclaration occidentale serait un soutien direct à un mouvement révolutionnaire». Et d'ajouter que «s'il est question d'une révolution, l'ONU n'a aucun rapport avec cela».

L'attentat de Damas a également renforcé l'alarmisme à Washington. Mercredi, le président Barack Obama a appelé son homologue Vladimir Poutine. «Dans l'ensemble, l'échange a montré la concordance des analyses de la situation en Syrie et de l'objectif d'un règlement. Dans le même temps persistent les divergences sur la manière concrète de parvenir à un tel règlement», a déclaré le Kremlin.

Pour la Maison-Blanche, «il est évident que le régime Assad est en train de perdre le contrôle de la Syrie». Le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a estimé que la situation en Syrie semblait «échapper à tout contrôle». Selon Tony Blinken, conseiller à la sécurité nationale du vice-président Joseph Bidden, «plus le statu quo se prolonge, plus il est vraisemblable que des événements indésirables se produisent». Un euphémisme que le haut diplomate a explicité en soulignant le risque que la crise syrienne «se transforme en un véritable conflit religieux et contamine des pays voisins, dont l'Irak».


Par Alain Barluet


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