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Les attentats de Paris : au- delà de l’indignation

Le monde entier a fini de faire preuve de solidarité envers la France suite aux événements terrifiants et douloureux du vendredi 13 Novembre 2015. Partout dans le monde, les réactions ont été nombreuses, très nombreuses. Nous aurons bien voulu ne pas exprimez autre chose différente de l’indignation devant des actes de ce genre. Seulement, quand l’information est tombée, notre modeste personne a pensé à la célèbre phrase de Paul Valéry « Nous autres civilisations, nous savons désormais que nous sommes mortelles ». Les réactions ne font que nous renforcer la raison que nous donnons à Paul. Les deux premières véritables réactions des autorités françaises sont les suivantes : « la France est en guerre » et « la rencontre du COP 21 est maintenue ».


Rédigé par leral.net le Samedi 21 Novembre 2015 à 09:06 | | 2 commentaire(s)|

Les attentats de Paris : au- delà de l’indignation
Mais pourquoi, diable, maintenir une réunion portant sur la réduction des gaz à effet de serre dans un pays en guerre ? Quelle quantité de ce type de gaz sera produite par cette guerre par les porte-avions, avions, bombes et aussi par les puits de pétrole qui seront brulés ? Nous ne savons pas. Mais quand le président HOLLANDE dit dans un discours solennel devant le congrès que «….. nous ne sommes pas engagés dans une guerre de civilisation, parce que ces assassins n’en représentent aucune », nous nous disons que la colonisation n’avait trouvé meilleure justification ainsi que le nazisme, d’ailleurs. Nous nous demandons comment, un civilisé peut entrer en guerre contre quelqu’un à qui il dénie la qualité d’humain. Nous ne comprenons pas.

Seulement, nous avons entendu sur les plateaux de chaines de télévision françaises ces paroles très sensées et véridiques : « C’est la France qui attaque la France ». Qu’est-ce qui est arrivé à la France pour agir de la sorte ? Seuls, les français peuvent répondre. On sait néanmoins qu’un être humain n’est que le produit d’une société. Toutefois, il serait facile d’accuser les déchets de l’école de Jules Ferry. Il faut interroger le système de socialisation mondiale. Cette interrogation peut se faire selon deux paradigmes : le paradigme holistique et déterministe ou bien le paradigme systémique et interactionniste.

Dans le paradigme déterministe, le système de socialisation mondiale voudrait que toute civilisation n’existe qu’à travers les théories du système capitaliste à travers sa composante dominant (le néolibéralisme) ou dans une moindre mesure sa composante « récessive » (le néo- marxisme ou l’alter mondialisme). Alors que dans la perspective systémique, on aurait pu percevoir dans le système de socialisation mondiale la capacité de reconnaître en chaque civilisation une composante de la diversité universelle. Malheureusement, les discours et réflexions dans les mass médias du monde s’inscrivent presque tous dans le paradigme déterministe qui permet à certains de reconnaître aux animaux leurs animalités et de refuser aux humains leur humanité (Claude Levis Strauss est bien mort). Ce paradigme permet :
- de fermer les yeux sur les noyades de milliers de jeunes africains dans le méditerranées,
- de créer de groupes (Al qaida, DAESH), de les utiliser et ensuite de leur déclarer la guerre,
- de lancer des bombes et des drones sur des milliers de civils et d’évoquer des dégâts collatéraux,
- d’embarquer les pays qualifiés de pauvres dans des OMD et ODD irréalisables,
- de les demander de se faire classer dans des Doing business hypothétiques,
- de demander à tout le monde de légaliser l’homosexualité,
- de tenir des rencontres improductives sur les effets négatifs du système de production capitaliste sur l’environnement biophysique et social,
-
- etc.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la décision de maintenir vaille que vaille la COP 21 pour obtenir un soit- disant contraignant accord que seuls les pays pauvres tenteront de respecter. De combien d’années un pays comme le Sénégal a besoin, avec son niveau de consommation énergétique actuel, pour produire la même quantité de gaz à effet de serre qui sera fourni par cette guerre ? Fondamentalement, le système néo-libéral est basé sur la fructification du capital à travers la consommation énergétique. Pourtant une énergie n’est propre que le période précédant la découverte de ses effets et impacts négatifs sur l’environnement. Alors, tous ces forums sur l’environnement sont destinés plus à renforcer le système dominant de socialisation néolibérale.

Un système qui s’arroge le droit d’une part de limiter les sources d’énergie des pays pauvres et d’autre part de déterminer l’appartenance ou non d’une communauté humaine à l’humanité. Et l’on se pose la question de savoir le rôle véritable de l’UNESCO dans le monde. Doit- elle seulement se contenter de classer des sites ou bien de parler de diversité culturelle ? Ne devrait-elle pas protester vigoureusement contre un système de socialisation qui s’arroge le droit de définir qui est humain ou pas ? Sauf si, elle est –elle-même un instrument de ceux qui savent « vaincre sans avoir raison ».

Vous avez certainement compris que notre propos n’est pas de défendre un tueur d’être humain quel que soit sa raison. En août dernier, nous avons-nous même eu la trouille de notre vie quand une dizaine de barbus nous ont rejoints dans un vol Casablanca- Nouakchott. Néanmoins, nous pensons que chaque être humain fait partie de l’humanité et doit être traité comme tel quel que soit sa rationalité. La seule civilisation qui vaille est celle qui peut reconnaitre à l’autre, non pas « un barbare » ni « un mécréant », mais un semblable. La grande question serait alors de savoir si les dirigeants du monde actuel sont à la hauteur de leur mission.

Le cas échéant, ils travailleront plus pour la prévention durable que pour le « tout sécuritaire » car le risque zéro ne pourrait exister. Ce travail préventif est difficile et nécessite une approche moins guerrière. Mais, surtout, il ne pourra se faire si les dirigeants de pays pauvres comme le nôtre, au lieu de construire un véritable leadership (comme l’avaient initié Sankara, Lumumba, etc.) se positionnent en suivistes, répétiteurs ou échos des dirigeants occidentaux dans les sommets du système onusien ou bretton- woodien.

Amadou NDIAYE
UFR S2ATA UGB







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