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Les calots bleus crient à la trahison

REPORTAGE - 10 ANS APRES L’ACCESSION DE WADE AU POUVOIR

En 1988, de jeunes sénégalais victimes du régime socialiste, ou alors mis à l’écart par le système, avaient vu un sauveur en Abdoulaye Wade. L’homme de la situation comme ils aiment à le dire. Au cours d’une rencontre fortuite au domicile de leur leader au Point E, le nom de calots bleus leurfut trouvé.Ves graçons se bagarèrrent comme des fous, bravèrent souffrance et la mort devant Jean Collin très puissant à l’époque, pour porter Me Wade à la tête du pays. Dix ans après, certains d’entre eux, se voient systématiquement oubliés par le pouvoir. Ils sont même combattus par l’entourage du Président dans la cour de la présidence de la République.


Rédigé par leral.net le Samedi 13 Février 2010 à 14:44 | | 1 commentaire(s)|

Les calots bleus crient à la trahison
Face à la férocité des socialistes et à leur engagement à lui barrer la route, le Secrétaire général du Pds avait eu le soutien de jeunes sénégalais. Ce sont les Calots bleus. A leur début, ils avaient été bien organisés par la garde rapprochée du chef de l’Opposition d’alors. Le député Meïssa Sall a été un de leurs mentors. Très engagé, Meïssa comme l’appellent ses proches a été de tous les combats des libéraux avant l’alternance.cTout comme Ndiak Dieng, l’ancien patron des libéraux dans le département de Nioro.Dans sa maison située dans cette ville, il avait construit un appartement de pres de 3 pièces, presque exclusivement réservé à Me Wade qui y logeait en période de campagne électorale, lorsqu’il partait pour le sud du pays. A l’époque, c’est Me Wade qui occupait la chambre intérieure, tandis que les « calots bleus »squattent la véranda, veillant sur la sécurité du candidat des libéraux. Ils étaient prêts à donner leur vie pour l’épargner du danger. Ils ont échappé à bon nombre de traquenards tendus par les socialistes qui voulaient anéantir cette armée libérale.Leurs parents n’étaient pas spécialement contents de voir les voir risquer leur vie pour des questions politiques, mais la détermination était telle, que rien ne pouvait les faire reculer. Wade était : «un dieu pour nous» laisse entendre l’un d’eux. « Car l’essentiel, était qu’il accède au pouvoir. Nous formions sa garde rapprochée. Un jour, chez lui au Point E, la nuit s’était installée.Il faisait tard. Wade nous alors regroupé dans la cour pour nous apprendre des refrains de la chanson pour l’Afrique. C’était en 1989. On répétait les refrains après lui : «Africain ! Africain ! En avant ! En avant ! En avaaaaant ! « Me Wade nous apprenait aussi cette chanson pendant ses moments de récréations. Et à chaque fois, il y mettait la forme. Il insistait sur la prononciation des mots pour qu’on maitrise la mélodie. Il nous prenait comme sespropres enfants. Il nous endoctrinait. A ce moment, Karim Wade était encore un enfant. Il faisait l’école primaire avec Sindiély .Et quand certains qui sont devenus aujourd’hui Ministres aujourd’hui, voulaient le voir, ils étaient obligés de passer par nous. »

Voilà pourquoi les calots bleus pensaient qu’une fois leur leader au pouvoir, leurs ennuis allaient finir. Mais d’aucuns ont déchanté dès le 19 mars 2000 où Me Wade sera élu président de la République.

PREMIERE AUDIENCE DES «CALOTS BLEUS» A LA PRESIDENCE

Après la victoire, Mme Viviane Wade (voir photo) fait convoquer les calots bleus. Elle leur offre un grand bélier au déjeuner. La première Dame était satisfaite de leur travail, de même que les
interessés.

La première audience de Wade accordée à ses « calots bleus » a eu lieu en 2001 à la présidence de la République. Ils piaffaient d’impatience de rencontre leur «Papa ».Tout le monde n’était pas informé de la rencontre, et à bon escient.La raison ? Il commencait déjà à naitre des divisions dans les rangs.
« La jalousie et la cupidité s’étaient installées » expliqué Serigne Bassirou Dia alias Fadam 2. Cet ancien calot bleu est devenu lutteur, faute de pouvoir exercer ses talents ailleurs. Maisl’exemple le plus patent de cette rivalité a été un acte d’ostracisme perpétré par l’un d’eux : A la veille de la prestation de serment, Karim Wade demandé la liste des Calots bleus pour les habiller. Ils devaient assister à lacérémonie. Quelqu’un lui remet une listerestreinte de 15 personnes, dont Sémou Diouf, Ibou Dieng (le Chef des Calots bleus), Yoro Ndaw, Koss, Thiaw, Pape Zale Ndama etc…Les autres, frustrés, sont obligés de s’en réferéer à Karim pour obtenir satisfaction.

Mais revenons à l’audience au Palais. Ce jour là, tous les Calots bleus informés s’étaient donné rendez-vous dans le bureau de Modou Diagne Fada, Ministre de la Jeunesse de l’époque. Ils attendaient tous le coup de fil qui devait venir de la présidence. Vers 15 heures, ils se rendent tous au Palais. Devant la porte, un gendarme lit une liste. Certains Calots bleus soupçonnent une volonté d’en écarter certains. Ils créent un boucan et demandent au gendarme d’arrêter sa lecture. Au moment où la nièce du Président, Ndeye Sakho, et l’ancien maire de Point E, Ndeye Maguette Diéye, tombent sur la scène, devant la présidence. «Qu’est ce qui se passe ? Faites doucement !» ordonne Ndeye Sakho, avant d’appeler le Cabinet du Président. Le Colonel Bara Cissokho joint les gendarmes à l’entrée pour que tous les Calots bleus entrent. Ils ne croyaient pas qu’un jour qu’on leur interdirait de voir Me
Wade.

Ils s’installent dans une salle. Quelques instants après, le président Wade arrive. Il est vêtu d’un costume sombre. A ses côtés, son Chargé de Mission Alioune Diop (voir photo Une). «Alors bonjour mes fils ! Comment allez-vous ? » Demande le président Wade. «Ça va bien ! On avait votre nostalgie, Président ! » Lui répondent les Calots bleus. (Sur les photos vous reconnaîtrez bien Baymoussé Bro et Sémou Diouf qui sont aujourd’hui à la présidence.)

«Qu’est ce que je peux faire pour vous ?» leur demande Wade. Chacun y est allé selon ses projets. Certains voulaient être intégrés dans la Police nationale, d’autres avaient leurs propres plans, dont des sociétés de gardiennage. Quelqu’un se lévera pour dire qu’il voulait émiger. Wade lui conseillera le contraire.Il lui demandera de rester avec luiet de travailler avec lui.
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LES FAMEUSES VILLAS DE KEUR MASSAR

«C’est lors de cette fameuse audience qu’il nous avait promis des villas. C’était en 2001. Il nous a demandé de remettre tous les dossiers à Alioune Diop pour obtenir une villa» se souvient Serigne Bassirou Dia alias Fadam2. Au terme de cette audience, une enveloppe de 300.000FCfa a été remise par le Colonel à chacun des Calots bleus. Ce fut leur premier cadeau après l’arrivée de leur leader au pouvoir. Par la suite, une réunion de coordination a eu lieu, pour finaliser les demandes. Toutes les dispositions avaient été prises, mais un an après, le succès n’était toujours pas au rendez vous... Les interlocuteurs des Calots bleus à la présidence ferment leurs portes et leurs téléphones. En 2002, ces derniers démarrent une grève de la faim au Quartier Général. Ils étaient plus d’une trentaine. Badara Camara, Dame Diop, Serigne Bassirou Dia (Fadam Calot bleu), Thierno Hamidou Mbaye, Tidiane Ly, Adama Mar, Serigne Ndiaye, Alassane Dia, Dagathie, Ablaye Ndiaye Fazeu, Babacar Faye…Des camarades ne furent pas partants. Finalement, le mouvement s’affaiblit. La grève fait la Une des journaux. Le Président de l’Assemblée nationale et Maire de Dakar, Pape Diop accompagné de Ndeye Khady Diop, actuelle Ministre de la Femme et d’Ablaye Faye, Président du Conseil Régional, leur rendent visite pour trouver une solution au problème. Comme des sardines, les Calots bleus s’entassent dans la grande salle du quartier général du Pds. «Vous ne devez pas cela à Abdoulaye Wade. Venez ! On va trouver une solution à vos problèmes» promet Pape Diop.

TROIS GREVES DEPUIS 2000

«Nous leur avons dit qu’on voulait rencontrer de nouveau le président qui est le seul à pouvoir régler nos problèmes » répondent les Calots bleus. Ils restent fermes. Pape Diop et sa délégation reviennent le soir. Ils apportent de la nourriture et de l’eau fraîche.

«Ils nous ont amené de la nourriture et de l’eau. Nous avions exigé de voir le président. C’était la condition pour arrêter la grève. Ils ont voulu coute que coute qu’on arrête la grève de la faim » confie un Calot bleu. «Mangez tout de suite, on va discuter» dit Pape Diop. Face à notre détermination et à la santé de certains Calots bleus qui s’empirait, Pape Diop prend l’engagement de recruter 10 personnes sur le champ à la Mairie de Dakar. Zale Ndama, Alassane Dia, Thiaw, Papa Dame Diop, Tidiane Ly et cinq autres seront recrutés à la Municipalité. Ablaye Faye Président du Conseil régional, recrute à son tour dix, pour le PAD. Il s’agit d’Ibou Dieng, Diouldé Niang, Birama Ndoye etc …tout en promettant de régler les autres cas. .

Après, Serigne Ndiaye, Badara Camara, Ndécki, Alioune Diouf iront travaillerà la direvction des Hlm, du temps de Racine Mbaye.Il ya aura une fournée pour le Coud. Le reste des Calots bleus est oublié. Le mouvement se disloque. Serigne Bassirou Dia et Thierno Habimou Mbaye oubliés depuis le départ, seront reçus à la Maison Militaire par Bro, un des gardes rapprochés du président. «Nous avons expliqué nos problèmes à Bro. Il nous a promis de nous caser au Coud, au Port ou à la Lonase. Mais rien n’a été fait » confientt-ils.

Pendant plus de 10 ans, toutes les lettres envoyées au Président ont disparu dans son Secrétariat. « Mme Mbaye, l’Assistante du président n’a rien fait pour aider les anciens du Pds. Elle a combattu tous ceux qui n’étaient pas ses amis. Les Ministres, des Directeurs, les femmes tout le monde a souffert du comportement de Mme Mbaye »témoignent les laissés pour compte. «Aujourd’hui, Bro, Lamine Faye, Ismaïla Mbaye (mort par accident), Sémou, Kâ et Benson sont devenus les plus proches du président. «Un jour, le Conseiller Arona Gaye m’a reçu et m’a promis que le président verra notre lettre. Par la suite, le président transmettra mon dossier à Souleymane Ndéné , son ancien directeur de Cabinet. Des gens m’ont dit que le président a reçu mes courriers et qu’il a décidé de nous aider. Mais tout est faux » révèle Fadam2.

MME MBAYE, LA Grande CIBLE»

Une deuxième grève de la faim aura lieu, toujours à la permanence. Cette fois-ci c’est Taya Samb le chef de Pape Diop qui est venu les voir. «C’est sur les ondes de la Rfm que j’ai entendu que vous faites une grève de la faim. Qu’est ce qui se passe ? » a-t- il demandé aux grévistes. «Nous lui avons dit. Il s’est engagé à tout faire pour arranger nos problèmes. Nous lui avons dit que seule une audience avec le président pouvait tout arranger. ajoute-t-il. Ce jour le président et Pape Diop était au Méridien avec des invités. «Taya Samb nous a demandé de chercher un extraitde naissance, un extrait de casier judiciaire et un certificat de visite médiacle pour des emplois que Pape Diop allait nous trouver avant l’audience avec le président. Ainsi, nous avons arrêté la grève de la faim. Nous avons cherché tous les papiers, par la suite, Taya nous a fait trainer jusqu’au départ de Pape Diop de la marie de Dakar » «Depuis deux ans, nous avons appris que les villas que le président nous avait promises sont en train d’être distribuées. Nous avons contacté Dieng qui dit n’avoir pas d’information sur les villas » souligne Thierno Hamidou Mbaye. De son côté, Bro dit que « les villas ne sont pas encore prêtes ». «Lors que le président venait à Pikine lors du Forum banlieue, j’ai contacté Bro qui m’a demandé de venir à la Maison Militaire. Je suis allé là-bas avec Serigne Hamidou MBaye. Mais là, il n’a pas daigné nous recevoir. Nous avons appris que les maisonsétaient maintenant distribuées » «Des responsables nous accusent d’exercer du chantage sur le président. Ce qui est faux. Nous leur disons qu’ils ont tout eu grâce au président, mais ils n’ont rien fait pour soutenir ses anciens compagnons » lanceHamidou Mbaye.


Il y a eu une troisième grève de la faim en 2009, pendant une semaine ; aux Hlm. Certains avaient été évacués à l’hôpital. Mais les proches du président sont restés insensibles à leur cas.

«Mes papiers sont toujours à l’Hôpital Principal, depuis mon évacuation. Ils me demandent 40.000FFca pour que je les reprenne» explique Fadam2. «Lors de cette troisième grève de la faim, Ablaye Faye était venu nous voir nuitamment. Il avait pris des engagements devant Dieu et les Hommes, pour régler nos problèmes » soutient Fadam2. «J’avais honte que les gens disent demain qu’Ablaye Faye ne respectait pas ses engagements ». « Mais aujourd’hui, tout le monde sait quil ne les respecte pas. constate ce Calot bleu. «Il nous a reçus à la permanence, en présence de Sémou Diouf, venu de la présidence ce jour. Sémou a discuté avec nous ? Nous avçons fini par lui donner nos lettres pour le président. Sans suite » soulignen-ils.

Ni Karim Wade, encore moins Mme Viviane, n’a reçu les Calots bleus qui ont sacrifié leur vie au moment où le fils du président était dans les écoles françaises. Serigne Bassirou Dia ne nie pas le soutien reçu une fois, de la parti de Bro et de Diané le chauffeur du président, lors du baptêmede son fils.Les gestes de Ndeye Maguette Diéye et d’Idrissa Seck.aussi. Mais au total, les calots bleus qui en veulent terriblement aux proches du président, surtout à Mme Mbaye Assistante du Chef de l’Etat qui bloquerait toute demande d’audience, s’estiment lésés dans leurs relations avec Wade, à cause des lobbies et des clans.

Source :
http://www.rewmi.com



1.Posté par DIOP le 13/02/2010 17:21 | Alerter
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Il est vilain comme la mort.

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