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Les rebelles syriens contrôlent la frontière avec l'Irak

le 20 Juillet 2012 à 10:22 | Lu 436 fois

Alors que les combats continuent, notamment à Damas où Bachar el-Assad est apparu à la télévision, les rebelles ont pris le contrôle de la frontière avec le voisin irakien. À l'ONU, Russie et Chine ont encore repoussé une résolution occidentale.


Les rebelles syriens contrôlent la frontière avec l'Irak
• Les rebelles contrôlent la frontière avec l'Irak
Jeudi soir, la frontière avec l'Irak est sous contrôle des rebelles, selon le vice-ministre de l'Intérieur irakien. «La totalité des postes-frontière (entre les deux pays) est désormais sous le contrôle de l'Armée syrienne libre», a-t-il assuré.

Des gardes-frontière irakiens ont raconté avoir vu des rebelles syriens prendre contrôle d'un poste-frontière et arrêter un colonel de l'armée syrienne à qui ils ont coupé les bras et les jambes, ajoute-t-il. L'ASL Ils auraient aussi «exécuté 22 soldats de l'armée syrienne devant les yeux de soldats irakiens». «Si cette situation continue, nous allons fermer la frontière avec la Syrie», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, un poste-frontière avec la Turquie serait également sous contrôle des rebelles:


• Quelle riposte du président syrien?
Le régime du président syrien est plus que jamais affaibli. Au lendemain de l'attentat qui a frappé le premier cercle du pouvoir, Bachar el-Assad préparerait la riposte. Selon les informations du Figaro, le chef de la répression se trouverait toujours dans ses bureaux de Damas, ce que semblent confirmer des images diffusées par la télévision syrienne le montrant en train d'assister à l'investiture du nouveau ministre de la Défense, Fahd el-Freij. Jeudi matin, des proches de l'opposition syrienne, cités par Reuters, assuraient pourtant que Bachar el-Assad ne se trouvait plus à Damas mais à Lattaquié, ville portuaire située à 300km au nord-ouest de la capitale. Abdel Basset Sayda, nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), a affirmé jeudi que le régime syrien «vit ses derniers jours».

• Combats et exodes massifs à Damas
Au cinquième jour du début de la «bataille de Damas», les combats continuent. Jeudi matin, des affrontements ont éclaté près du siège du gouvernement syrien, dans le quartier d'Ikhlas, faisant au moins un mort. Une attaque lancée par les rebelles contre les forces régulières du régime, rapportent des insurgés et des habitants. «Ces combats d'une extrême violence devraient se poursuivre pendant les prochaines 48 heures pour nettoyer Damas des terroristes avant le début du ramadan», a affirmé une source de sécurité à l'AFP. Le ramadan, mois de jeûne sacré chez les musulmans, débute vendredi.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plusieurs centaines de personnes cherchaient à fuir la capitale jeudi. Depuis mercredi, 18.600 Syriens se sont réfugiés au Liban. Les réfugiés irakiens, présents depuis la seconde guerre du Golfe, retournent massivement dans leur pays. Selon l'armée, il a été «demandé à la population de s'éloigner des zones de combat alors que les terroristes cherchent à utiliser les habitants comme boucliers humains».

• La Russie et la Chine opposent leur veto à des sanctions
Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU s'est tenue jeudi lors de laquelle les Chinois et les Russes ont opposé leur veto à de nouvelles sanctions contre la Syrie. Les Occidentauxvoulaient être menaçants contre le régime de Bachar el-Assad à travers une série de sanctions.L'ambassadeur de France aux Nations Unies a estimé que ces vetos mettaient en «péril» la médiation de Kofi Annan, qui tente toujours de faire respecter un cessez-le-feu en Syrie. Les États-Unis estiment que «la mission Annan ne peut plus se poursuivre». Ce dernier s'est dit «déçu» par le blocage de l'ONU.

De son côté, l'Union européenne veut autoriser la fouille des navires et avions soupçonnés de violer l'embargo sur les armes qui vise la Syrie. Cet embargo a été décidé par l'Union européenne en mai 2011. Jeudi, les discussions se poursuivent à Bruxelles pour interdire de visa au moins 26 nouvelles personnes, accusées de participer à la répression. Deux à trois administrations sont également concernées par un éventuel gel d'avoirs. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réuniront lundi et devraient adopter ces nouvelles sanctions.

• Mercredi, une journée particulièrement sanglante
La veille, les violences ont été particulièrement meurtrières. Selon l'OSDH, au moins 214 personnes ont été tuées mercredi, devenant la journée la plus sanglante depuis le 4 février, date à laquelle 230 personnes étaient mortes dans un bombardement à Homs. Le bilan de l'ONG est très lourd: 124 civils ont péri, ainsi que 62 soldats du régime et 28 rebelles. Rien qu'à Damas et sa province, 76 personnes sont mortes, dont 38 dans la capitale même.

Par Gary Assouline

Par lefigaro.fr