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Les réfugiés syriens affluent aux frontières

le 25 Juillet 2012 à 11:20 | Lu 511 fois

En trois jours, 30.000 personnes ont fui en Jordanie, au Liban, en Irak et 12.000 autres cherchent un toit à Damas.


Les réfugiés syriens affluent  aux frontières
Les réfugiés syriens continuent d'affluer aux frontières des pays voisins, notamment en Jordanie où 1.500 se sont mis à l'abri mardi dans la ville de Ramtha. Depuis trois jours, 5.000 Syriens ont fui les violences dans le royaume hachémite. Avec le chaos qui grandit, le rythme des passages s'accélère. «Auparavant, la Jordanie accueillait chaque nuit entre 300 et 600 réfugiés, maintenant le chiffre a doublé», a déclaré à l'AFP Andrew Harper, représentant du Haut-Commissariat aux réfugiés à Amman. Mais devant la violence qui s'aggrave, nombreux sont les Syriens à devoir se déplacer également dans leur propre pays. Pour la seule ville de Damas, la Croix-Rouge internationale en a recensé 11.800.

«Certains ont trouvé refuge dans leur famille, d'autres chez des amis et ceux qui ne savent pas où dormir sont accueillis dans des écoles», témoigne Rabab al-Rifaï, porte-parole du CICR dans la capitale syrienne. Ces derniers jours, 18.000 Syriens se sont réfugiés au Liban, où un camp a été établi au poste frontière de Masna. «Il faut attendre six heures (mardi, NDLR) pour passer au Liban», a constaté Naji, un Syrien de Damas enseignant à Beyrouth. De leur côté, plus de 10.000 Irakiens ont décidé de rentrer chez eux, malgré l'instabilité qui règne dans leur pays.

«Reprise en main des renseignements militaires»
À Damas, les forces loyales à Bachar el-Assad ont pris d'assaut les quartiers de Qadam et Aassali, deux des dernières poches de résistance rebelles dans la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Pendant ce temps, le raïs a procédé à une importante restructuration de l'appareil sécuritaire, décapité par l'attentat de la semaine dernière qui a coûté la vie à quatre de ses cadres, dont son beau-frère, le général Assef Shawkat. Ali Younès prend la direction du service des renseignements militaires, affaibli par la disparition de Shawkat, tandis que le général Ali Mamlouk devient chef du bureau de la Sûreté nationale, celui qui a abrité «le traître» responsable de l'attaque. «Younès est un dur parmi les durs, analyse un bon connaisseur de l'appareil sécuritaire syrien. Sa nomination peut être interprétée comme une reprise en main des renseignements militaires, dont Assad a besoin pour préserver la solidité de l'armée.»

Les armes chimiques, souci de la communauté internationale, sont «totalement» sous le contrôle du régime, a affirmé mardi le général israélien Amos Gilad, haut responsable du ministère de la Défense à Tel-Aviv. «Selon nos informations, le Hezbollah ne dispose pas d'armes chimiques venant de Syrie et il n'y a pas eu de transfert d'armes chimiques vers des organisations terroristes comme al-Qaida», a précisé Amos Gilad. «Il ne faut pas s'alarmer avec des informations qui n'ont aucune signification et des faits qui n'ont pas eu lieu», a-t-il ajouté, en référence aux déclarations de rebelles qui ont accusé Assad d'avoir transféré des armes chimiques vers des aéroports à la frontière.

Pour la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, «il n'est pas trop tard pour que le régime d'Assad commence à programmer une transition qui permette de trouver un moyen de mettre fin à la violence». Elle a ajouté que «le rythme de événements s'accélèrait en Syrie».

L'opposition en exil se divise sur l'après-el-Assad
L'opposition syrienne à l'étranger se chamaille sur l'après-el-Assad. Pour Bassma Kodmani, l'une des porte-parole du Conseil national syrien (CNS), «il n'a jamais été question d'un gouvernement d'union nationale présidé par un membre du régime». Mme Kodmani a ainsi démenti lundi les propos tenus quelques heures auparavant par un autre porte-parole du CNS, Georges Sabra, selon qui cette structure acceptait un «transfert des pouvoirs d'el-Assad à l'une des personnalités du régime en vue d'une transition, à l'instar de ce qui s'est passé au Yémen». Une solution également refusée par le commandement conjoint de l'Armée syrienne libre (ASL) à l'intérieur. «Nous connaissons la mentalité de Bachar el-Assad, dit le responsable de la communication du commandement conjoint, Fahad al-Masri. Il fera tout pour ne pas abandonner le pouvoir.» Pour la même raison, le commandement conjoint juge que l'initiative de la Ligue arabe, qui offre au président de quitter le pays pour sauver sa vie, «arrive trop tard». De toute façon, l'Armée libre refuse «tout gouvernement formé sans l'accord de l'ASL de l'intérieur ». Pour le responsable de la communication, «ce sont les Syriens de l'intérieur, ceux qui se battent, qui décideront». L'ASL, ajoute-t-il, prône la création d'un conseil présidentiel collégial et d'un gouvernement, regroupant tous deux des militaires et des civils de toutes confessions et de toutes ethnies, de l'intérieur comme de l'extérieur.


Par Georges Malbrunot