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Les rencontres d’Arles 2012: Fenêtre ouverte sur la création photographique en Afrique

Les Rencontres d’Arles 2012 ont débuté le 2 juillet dernier, proposant, comme chaque année une soixantaine d’expositions dont une bonne partie fait honneur aux anciens élèves de l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles qui fête ses 30 ans.


Rédigé par leral.net le Samedi 21 Juillet 2012 à 11:51 | | 0 commentaire(s)|

Les rencontres d’Arles 2012: Fenêtre ouverte sur la création photographique en Afrique
Le Market photo workshop de Johannesburg est mis en avant dans l’exposition dédiée au prix Découverte. Une autre exposition « Off », a présenté le travail d’un jeune photographe prometteur, Omar Victor Diop. La semaine professionnelle a aussi été ponctuée de plusieurs événements mettant en valeur la photographie issue du continent africain.

Une salle regroupe l’ensemble des nominés pour le « Prix découverte 2012 », sélectionnés cette année par des responsables d’écoles de photographie étrangères. Le lauréat de ce prix dont la dotation est de 25 000 euros (16,375 millions de frs Cfa) a été annoncé le 7 juillet dernier. Il a été décerné au photojournaliste israélien vivant en Afrique du Sud, Jonathan Torgovnik, pour son travail intitulé « Intended consequences ». Cette série de portraits a été réalisée lors de plusieurs séjours au Rwanda où, durant trois ans, il a rencontré des femmes ayant subi des violences sexuelles pendant le génocide et leurs enfants nés de ces violences. Il leur a donné la parole qu’on retrouve sous forme de témoignage à côté de chaque image. Toute l’horreur vécue par ces femmes et la honte d’en parler encore aujourd’hui, contraste avec ces images posées. Plusieurs témoignages relatent les difficultés, pour certaines, d’accepter l’enfant né de ce viol et de l’aimer. "Je n’ai jamais aimé ces enfants. Je n’ai jamais aimé personne. Je préfère ma première fille, car elle est née d’un acte d’amour ». La douleur peut se lire sur le visage de ces femmes et de ces enfants. Ainsi, le photographe livre un témoignage poignant, 18 ans après le génocide. Le travail de Sammy Baloji, lui, est une immersion dans l’extraction minière artisanale de Kolwezi, au Congo. La scénographie permet d’appréhender le sujet dans toute sa complexité. Des diptyques mettent en parallèle le réel, l’extraction minière et un rêve supposé, un idéal, à travers des affiches chinoises rephotographiées montrant un beau paysage coloré, à mille lieues du quotidien. Ces diptyques sont entrecoupés de portraits des personnes vivant à proximité des sites d’extraction, posant devant une bâche qui est celle des tentes des campements. Depuis plusieurs années, le photographe s’intéresse à l’héritage culturel, industriel et architectural de sa région, le Katanga. La série « Kolwezi » se situe dans la lignée de « Mémoire », son précédent travail réalisé sur la Gécamines entre 2004 et 2006. « Les difficultés économiques de la Gécamines ont entraîné de nombreux travailleurs au chômage, le secteur minier a été privatisé et différentes sociétés privées, étrangères pour la plupart, se sont partagé les zones d’extraction. Les Congolais se sont donc tournés également vers ces zones pour continuer à travailler, mais sans avoir les mêmes avantages liés à la protection des personnes et à leur prise en charge en cas d’accident ». Plus loin, Zanele Muholi, artiste sud-africaine dont le travail est très engagé au près de la communauté homosexuelle, montre plusieurs séries. Dans la série « Faces & Phases », elle souhaite valoriser l’image des lesbiennes, l’étant elle-même. Les personnes photographiées ont toutes été victimes d’attaque homophobe. « L’une des expériences les plus douloureuses auxquelles notre communauté fait face est la perte de certains de nos amis ou de nos connaissances, victimes de la haine et de la discrimination de certains, aujourd’hui malades ou décédés ». Sur un mur, des motifs rouge sang sont peints. Zanele a voulu, avec la série « Isilumo Siyalum », insister sur la recrudescence des crimes en Afrique du Sud, perpétrés à l’encontre de nombreux Noirs lesbiennes, gays ou transgenre, vivant dans les townships. L’exposition « Off », initiative d’« Afrique in visu » et de l’association arlésienne « Afrique en vie », les images d’Omar Victor Diop attirent l’attention. Quatre photographies invitent à voir la suite de l’exposition « Fashion 2112 le futur du beau ». Jeune photographe originaire du Sénégal dont le travail a été présenté lors de la précédente biennale de Bamako, en 2011, Omar joue avec des codes visuels liés à la mode et crée son propre univers esthétique. Son propos touche à un questionnement actuel lié à l’environnement, à sa dégradation et au moyen de lutter contre ce fléau très prégnant à Dakar. Ces personnages sont affublés de vêtements faits de bouteilles en plastique, de papier kraft, etc. Il montre ainsi que tout est recyclable. Durant cette première semaine des Rencontres, deux événements étaient organisés pour la promotion de la création contemporaine africaine : une rencontre autour de la création et de la diffusion de la photographie en Afrique, organisée Erika Nimis, historienne de la photographie, Aliette Cosset et Isabel Forner, photographes et vidéastes. La deuxième initiative de cette semaine a été menée par la Fondation Blachère et FotoFestivals, en projetant, le temps d’une soirée, les travaux de six photographes en résidence à Arles : Fatoumata Diabaté, Mario Macilau, Nyaba Léon Ouédraogo, Kiripi Katembo, Arturo Bibang et Khaled Hafez. Cette résidence un peu particulière, a permis à ces photographes de montrer leurs travaux à des professionnels, lors du Photo Folio Review. L’idée étant, pour eux, d’élargir leur réseau à l’international.

PAR DJIBRIL BA (Avec Africultures)






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