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Les retrouvailles de la Négritude : Hommage à Léopold Senghor

Il s’en est allé presque sur la pointe des pieds,

L’enfant du Sine, aux valeurs universelles

L’ex père de la Nation qui refusait de piller

La paix sociale qu’il épiait, dans une sagesse paternelle.

D’un torrent de larmes qui inonde les cœurs,

Et décime les arbres sans faner les fleurs


Rédigé par leral.net le Dimanche 20 Décembre 2009 à 06:04 | | 1 commentaire(s)|

Les retrouvailles de la Négritude : Hommage à Léopold Senghor


Joal pleure son fils, le prince des poètes,

Le Médaillé d’or de la langue française

Dont la beauté des phrases, rend triste la Marseillaise

Foudroie en plein cœur et fait vociférer les muettes.

Sous sa plume enivrante, l’alphabet et ses lettres frémissent

À la force du lion rouge qui dissipe les ténèbres

Une étoile filante, qui vient de poindre dans un ciel sombre.

La Négritude il théorisa, l’indépendance il enseigna

Avec Césaire et Damas, voilà les véritables précurseurs

D’une pensée littéraire, un mouvement libérateur

Une idéologie politique, une philosophie de savants.

Mieux que les Français il maîtrisait la grammaire française

Dans l’océan de ses talents, ceci n’est qu’une houle, une parenthèse.

La beauté noire il chanta, dans Femme nue femme noire,

La douceur de nos sœurs à la riche forteresse

Un petit pagne à la ceinture, voilà le point fort d’une Négresse,

Dont la sensualité inspire le désir et secoue, l’animal instinct

Qui sommeille en chacun de nous, de jour comme nuit, à tout instant.

Je loue la beauté de nos sœurs à la noirceur d’ébène,

Un don de la nature et du Seigneur bienfaiteur

La fraîcheur de leur chaleur et la délicatesse de leurs gestes sauvages

Sédar s’est incliné devant tant d’admiration et de faveur.

La tendresse de nos mères, ces berceuses hors-pair,

Comme celle des femmes de l’éminent Diogoye sieur

Ou les yeux surréels des « signares » de Joal.

Le métissage culturel il prôna, relisez-moi Hosties Noires,

Elégies, Nocturnes, Chants d’Ombre ou Femme noire,

L’œuvre du père de Philippe, la plume de l’homme noir.

De la Seine parisienne jusqu’aux berges du Sine

Au-delà des frontières, l’Afrique tout entière s’incline

Devant un bâtisseur unificateur, un pacifiste dans l’âme,

Entre politique et religion, il ne faisait point d’amalgame

Tant il fit l’unanimité, des Musulmans et des Chrétiens

Animistes et autres ne sont pas restés sur leur faim.

J’aimerais vous parler de celui que ni le savoir ni l’argent

Encore moins le pouvoir, n’ont réussi à transformer, en un piètre crétin.

Voulez-vous des nouvelles de Basile Diogoye Senghor, originaire de Djilor

Ou de la douce Ngilane Ndiémé Bakhoum, dont le fils Léopold Senghor

Incarna l’Etat et la République sous toutes ses formes ?

L’ancien Maire de Thiès, qui n’a pas dépassé les bornes,

Le co-fondateur de l’Etudiant Noir, l’auteur de Guélowar ou Prince.

Tout il donna à la Métropole, et n’eut en retour

Que l’ingratitude, mes frères, disons-le sans détour

Cette France-là, méritait-elle ce vieux jeune Nègre,

Qui a eu tous les honneurs sans se couvrir de déshonneur ?

Avec toutes les médailles du monde, un Nègre reste toujours Nègre,

Fût-il académicien, ancien Président, ou normalien intègre.

Je pointe du doigt ceux qui veulent supprimer l’enseignement de l’histoire

Des programmes scolaires, que de nihilisme, que de trous de mémoire

Ce sont ceux qui voient un rôle « positif » dans la colonisation

Et qui reprochent à certains de n’être pas entrés dans l’histoire.

Ces plumes sataniques tapies dans l’ombre du Prince,

Et qui, pour sauvegarder leur fromage, des dents grincent

Et déterrent de vieilles théories, ou âneries du 19ème siècle

Sur l’Homme noir qu’ils méprisent depuis des siècles.

Ces courtisans ont-ils lu Senghor, Césaire ou Damas

Dont les œuvres sont enseignées de Paris à Damas ?

Dites-leur, qu’un mal, en aucun cas, ne puisse être nécessaire.

Léopold s’en est allé, à son tour, faire un tour avec Césaire

Rejoindre Damas, pour les retrouvailles de la Négritude.

L’originalité de leurs œuvres n’est point source d’inquiétude.

Même si les affluents du fleuve Sédar ont brassé tous les océans,

Le cours d’eau est retourné à la source, et repose en paix, dans le lit des siens

Dont la nostalgie et la reconnaissance valent plus que les honneurs de l’ingratitude.


Momar Mbaye

mbayemomar@yahoo.fr

http://www.mbayemomar.over-blog.net



1.Posté par Soutoura le 20/12/2009 12:34 | Alerter
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Merci Momar, toi qui as parlé à la place de tous les Sénégalais, en ce moment de peine, de regret et de pénitence, où la pensée de Senghor est plus que jamais revenue à la hâte, nuitamment hanter nos songes truffés d'incertitudes.

Merci Momar, d'avoir su discrètement sélectionné un mot essentiel dans le coeur de chaque Sénégalais vivant, pour exprimer comme tu l'as fait sans le savoir par la seule évocation de ce monument immortel qu'est Léopold Sédar Senghor, nos douleurs et nos peines, de n'avoir pas réussi à faire que cet homme fût éternel pour nous guider à jamais, sur la voie de la réconciliation, de l'amour de la patrie, de l'Afrique et du monde.

Merci de nous avoir rappelé à temps, qu'il avait toujours eu raison, qu'il a encore raison aujourd'hui et aura raison demain, de nous enseigner que la seule force d'un homme est dans l'amour de l'essentiel, c'est-à-dire sa mère, son père, son prochain, sa patrie.

Merci de lui avoir sans doute conseillé à juste raison, de reposer en paix dans sa tombe, surtout, de ne pas se retourner de temps en temps, pour percevoir même en rêve seulement, ce que Wade a fait de notre pays après lui !

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