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Les salariés de Caterpillar acceptent de libérer les 4 cadres

Rédigé par leral .net le 2 Avril 2009 à 00:55 | Lu 842 fois

Les salariés du constructeur d'engin de chantiers Caterpillar, touché par un plan social, ont accepté de libérer les quatre cadres qu'ils retenaient au siège de l'entreprise à Grenoble depuis mardi pour négocier.


Les salariés de Caterpillar acceptent de libérer les 4 cadres
AFP - Les quatre cadres de Caterpillar, constructeur américain d'engins de chantier, retenus depuis 24 heures par des salariés au siège de l'entreprise à Grenoble, ont été libérés mercredi à la mi-journée, alors que le président Sarkozy s'est engagé à "sauver le site".

Le directeur général Nicolas Polutnik et les trois autres cadres ont quitté le site en voiture sous les huées et les sifflets des quelque 400 salariés présents, certains leur criant "démission".

Ils étaient attendus à la Direction départementale du travail (DDT) où ils devaient être rejoints par les syndicats afin de reprendre les négociations, notamment sur le plan social prévoyant 733 suppressions d'emplois.

Mercredi matin, l'intersyndicale FO-CFDT-CGT-CFTC avait lancé un "appel solennel" à Nicolas Sarkozy et aux parlementaires européens pour qu'ils débloquent des fonds européens pour soutenir l'entreprise.

Le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) dispose d'une réserve provisionnée à hauteur de 500 millions d'euros par an pour "les victimes de licenciements", a souligné devant la presse Nicolas Benoît, élu CGT au CE.

"Je vais sauver le site, je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours (...) et on ne les laissera pas tomber", a déclaré le chef de l'Etat dans une interview sur Europe 1.

"M. Sarkozy veut nous voir. Il n'a qu'à venir. Vous voulez nous rencontrer, pas de soucis on vous reçoit aujourd'hui", a déclaré Pierre Piccarreta, délégué CGT.

"Les négociations vont se poursuivre à la DDT avec l'intervention du siège européen du groupe à Genève, de l'Etat français et du siège américain du groupe", a indiqué vers 11H00 Pierre Piccarreta, délégué CGT.

Selon le syndicaliste, la direction a accepté les deux préalables à la "libération" : le "paiement des trois jours de grève" et la mise sur la table du "dédommagement du chômage partiel".

"En guise d'apaisement, nous avons accepté d'accéder à une demande des organisations syndicales à savoir le paiement des trois jours de grève", a confirmé le directeur général de Caterpillar, qui n'a cependant pas répondu sur le deuxième point.

"Mais il y a une contrepartie", a-t-il poursuivi: "Que le site soit évacué pour que nous soyons libres de nos mouvements et que la grève soit suspendue pour que nous nous installions dans les négociations".

M. Polutnik a souligné qu'il avait "pris la responsabilité de ne pas demander l'intervention des forces de l'ordre", ajoutant que "seule une récession des plus sévères" et "un carnet de commandes qui n'a jamais été aussi déprimé" l'avaient "contraint à recourir à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE)".

Les quatre cadres avaient passé la nuit dans l'entreprise où une cinquantaine de salariés s'étaient relayés pour garder la porte du bureau.

Les employés de Caterpillar réclament une indemnité de départ sur la base de trois mois de salaire par année d'ancienneté, avec un plancher de 30.000 euros, ainsi que la maintien de l'outil de travail.

La direction propose une indemnité fixée à 0,6/mois de salaire, avec un plancher de 10.000 euros.

Le 17 février, la direction de Caterpillar France avait annoncé la suppression de 733 des 2.800 emplois sur les sites d'Echirolles (Isère) et de Grenoble.