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Les urgentistes en grève

le 22 Décembre 2014 à 14:00 | Lu 131 fois

Les urgentistes en grève
Le gouvernement a essayé de désamorcer la fronde avant Noël, mais les urgentistes ne décolèrent pas. Ils ont maintenu leur mouvement de grève lundi 22 décembre, coup d'envoi d'une semaine de grèves des professionnels de santé.
Malgré un week-end de négociations avec le ministère, et des « avancées » significatives, la mobilisation s'annonce forte : 80 % de particpants, selon l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), à l'origine du mouvement social avec la CGT-Médecins.
Elle ne devrait toutefois pas déstabiliser les hôpitaux pendant les fêtes de fin d'année, les urgentistes pouvant être assignés pour garantir le bon fonctionnement des services. En d'autres termes, seul un « badge » accroché sur les blouses blanches des grévistes rendra leur mécontentement visible.
RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL
Les praticiens hospitaliers réclament une réduction du temps de travail à 48 heures hebdomadaires, contre une soixantaine actuellement. Ils souhaitent aussi la valorisation de leurs heures supplémentaires au-delà de 39 heures, point sur lequel ils pourraient obtenir gain de cause. Les négociations n'aboutissent pas dans l'immédiat car des arbitrages seraient en cours à Bercy, croit savoir Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Amuf et urgentiste au SAMU de Seine-Saint-Denis.
Autres points de crispation : les coupes drastiques dans le budget des hôpitaux – plus de 2 milliards d'économies d'ici à 2017 – et la « désorganisation de la médecine de ville », qui a provoqué un afflux de patients. L'Amuf exige également une harmonisation des compensations financières octroyées pour les gardes. Actuellement, les médecins universitaires sont payés 200 euros de plus par garde que les praticiens hospitaliers, et les libéraux ont obtenu la défiscalisation d'une partie ou l'intégralité de leur revenus pour la permanence des soins.
« ÉTATISATION INSUPPORTABLE »
Les médecins libéraux sont eux aussi invités par leurs principaux syndicats à faire la grève des gardes et à fermer leurs cabinets, à partir du mardi 23 et jusqu'au 31 décembre. Ils dénoncent le projet de loi « Santé » porté par Marisol Touraine, qui doit être examiné début 2015 au Parlement. Celui-ci conduira, selon eux, à une « étatisation insupportable » de la médecine qui va bénéficier au secteur public.
« Là où la permanence des soins n'est pas assurée, nous avons demandé des réquisitions aux préfets », a indiqué Claude Evin, le président de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, dans un entretien publié dimanche sur le site des Echos. L'ampleur du mouvement reste difficile à évaluer, les libéraux n'étant pas obligés de déposer des préavis.
DISPENSE DU TIERS PAYANT
Mercredi, ce sera au tour de la puissante confédération des syndicats médicaux français (CSMF, généralistes et spécialistes) d'entrer dans le mouvement. Là encore, l'appel porte jusqu'au 31 décembre. La généralisation à tous les assurés, d'ici 2017, de la dispense du tiers payant (avance de frais) est un casus belli pour nombre de médecins, qui craignent des retards de paiement.
L'ensemble des syndicats représentatifs des généralistes demandent par ailleurs à l'unisson – fait rare – la revalorisation de leur consultation à 25 euros, contre 23 actuellement. D'autres syndicats de spécialistes, comme les cardiologues, radiologues ou pédiatres, invitent également à garder porte close jusqu'au 31 décembre.
La ministre de la santé se veut toutefois rassurante : les patients « trouveront à se faire soigner » pendant les fêtes. Mme Touraine s'est aussi déclarée « fermement attachée à la généralisation du tiers payant » car « c'est la colonne vertébrale de la loi ».

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