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Lettre ouverte à un camarade de parti


Rédigé par leral.net le Vendredi 19 Mai 2017 à 22:23 | | 0 commentaire(s)|

Mon cher  camarade,
 
Napoléon Bonaparte, un des hommes politiques qui a le plus marqué de façon indélébile l’histoire de la France, homme d’État ingénieux et conquérant a dit : « il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l'esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l'esprit ».
 
 Une telle réflexion aurait été produite par un homme ordinaire, elle n’aurait peut-être pas la résonance que lui assure le fait que ce soit Napoléon qui le dise. Son expérience personnelle suffit pour confirmer la justesse de son propos et tout cela suggère qu’on ne fait pas la politique ni avec les coups de poing, ni avec l’insulte à la bouche.  Non ! C’est l’esprit qui a toujours mené le cours de l’histoire. Les grandes révolutions qui ont parfois violemment bouleversé le monde, ont été non seulement théorisées par des penseurs, mais elles ont toutes fini dans la synthèse et dans l’évaluation faites par les hommes d’esprit.
 
 Tu vois mon cher camarade, là où je veux en venir ! Ce sujet, fut l’objet de notre dernier entretien téléphonique : l’indiscipline caractérisée qui règne au sein de notre parti que nous chérissons tous. Le constat montre que  notre parti  est aujourd’hu,i corrompu par deux grands fléaux : la misère intellectuelle et son corollaire, la violence verbale (ou même parfois physique). Et ces comportements ne sont pas le fait de militants de base, mais de responsables.
 
Il est vrai qu’entre la création de notre parti et sa venue au pouvoir,  nous n’avons pas eu le temps d’avoir une véritable formation militante,  pour éviter ce qui se passe aujourd’hui et qui n’honore personne. Parce que je suis convaincu qu’au delà même de notre parti,  la seule façon de congédier la violence qui est le terreau fertile des médiocres et des impopulaires, c’est d’imprimer à la politique le charme des idées élégantes et fécondes.
 
Mon cher camarade,
 Il est temps de mettre un peu plus de civilité et d’urbanité dans  notre parti et pour ce faire, on doit de chaque côté promouvoir la démocratie des idées. « La démocratie des idées » ! Voila ce qui manque à notre parti et c’est pourquoi, il n’est pas étonnant qu’on règle nos divergences par presse interposée.

Tout organisme vivant attaqué a besoin d’être protégé par ses anticorps. Or les véritables anticorps dont a besoin  notre parti,  sont la cohésion dans la démarche, la cohérence dans le discours et l’unité dans le combat pour affronter le futur avec sérénité. Mais rien de tout cela ne pourra se faire dans le solipsisme et dans la dispersion : il faut qu’on se parle au sein du parti, se compléter et s’enrichir mutuellement sans supprimer les différences et les identités.

Il n’est pas possible qu’au moment où les différentes oppositions se liguent pour attaquer, vilipender et ternir l’image de notre parti, qu’on se batte entre nous et pis même, qu’on se permette de ne pas réagir et de laisser à l’adversaire le monopole de l’amour du pays, de l’attachement aux intérêts de la nation et de l’initiative.
 
 Tu vois que c’est grave non, mon cher camarade ?
 
Le camp d’en face s’organise au moment où c’est le désamour total chez nous, et tu sais mieux que moi que le fait de laisser la plus petite parcelle de terrain à ses adversaires est la meilleure façon de leur donner l’arme de sa propre exécution. Et comme la mémoire collective est un objet que l’on peut parfaitement manipuler, on comprend pourquoi Churchill considère la politique comme étant plus dangereuse que la guerre. Battre un adversaire par les urnes ne suffit pas, il faut l’abattre par les idées pour l’effacer de la mémoire collective.
 
Dans toutes les familles, on se retrouve parfois pour se parler entre frères ou parents et arrêter des stratégies de consolidation de la famille. Il en est ainsi également des partis politiques : leur survie et leur pérennité sont largement tributaires de leur faculté à produire suffisamment d’énergie interne pour fonctionner. Or une telle énergie est uniquement fournie par les idées fortes, mûries dans la patience et le péril de la délibération sans complaisance.
 
Comment un parti fondé et dirigé par un homme aussi  policé, aussi érudit, aussi urbain sur le plan des idées que Macky Sall peut-il se trouver dans une situation de désaccord aussi avancé ? Le moindre service que l’on peut rendre à un intellectuel de la trempe de Macky Sall,  ce n’est pas de chanter ses louanges, c’est plutôt de placer son œuvre politique  et économique au cœur d’un débat débarrassé de tout chauvinisme et de tout nihilisme.
 
Au lieu de s’insulter et se battre entre nous, de laisser l’espace médiatique et la scène politique aux stériles lamentations des bouches qui ne s’ouvrent que pour annoncer le péril et l’apocalypse, il faut mettre en demeure les pyromanes de motiver leurs prétentions. Il faut les inciter à opposer des arguments scientifiquement fondés à la vision politique qui sous-tend les choix du régime au lieu de les rejoindre sur le terrain infertile des invectives et des arguments ad hominem.
 
Quand on a un leader comme Macky Sall qui a ébloui le monde par ses idées avant même d’être arrivé au pouvoir, il faut se faire l’obligation de fructifier ses idées par une production intellectuelle qui est épurée de tout esprit partisan. Mais pour qu’un tel pari soit relevé, il faut instaurer dans les mœurs  de notre parti,  la culture des prises de position motivée : il faut façonner les militants à être des vecteurs d’idées pertinentes et argumenter pour éviter la situation que nous vivons actuellement.
 
A demain, mon cher camarade
 
 
                  Pape KHOUMA
Responsable politique/APR Parcelles Assainies  
 








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