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Lettre ouverte au camarade Aliou Sall et à tous ceux qu’on a connus «pauvres»


Rédigé par leral.net le Vendredi 30 Septembre 2016 à 19:29 | | 8 commentaire(s)|

Il y a longtemps et même très longtemps que je ne t’ai ni rencontré ni parlé.
Je te donne du «Camarade» pour tout simplement rappeler notre vécu commun au sein de la grande formation politique, AJ/PADS sous la Direction de Landing SAVANE, Secrétaire général.

C’étaient, tu en conviendras, des moments d’enthousiasme et d’engagement fort et sincère pour la cause du peuple et la défense de ses intérêts.
C’étaient aussi et surtout des moments de grands sacrifices et de prise de risques énormes pour nous et nos familles.
Dans le contexte politique difficile d’alors, caractérisé par l’intolérance en matière de liberté d’expression et par des brimades de toutes sortes, je t’ai connu et apprécié pour ton courage, ton humilité et ton sens de l’honneur. Tu étais journaliste, mais ni les menaces ni les difficultés de toutes sortes, ne t’avaient jamais fait reculer, encore moins abandonner la lutte.
Me reviennent encore en mémoire les journées de réflexion et d’action qui se déroulaient à notre siège à la Zone B et auxquelles tu participais toujours avec intelligence et pertinence. Je n’oublie surtout pas que par respect, amitié et affection, tu m’as toujours appelé « Grand Bass ».
Toutefois Camarade Aliou, si j’ai décidé de prendre ma plume, ce n’est point pour parler pétrole ou gaz, domaines dans lesquels j’avoue mon incompétence notoire.

A la faveur des débats autour de ces questions, la pauvreté dans laquelle on t’aurait connu a été évoquée. C’est là que j’ai été profondément attristé et même choqué comme des millions de nos compatriotes qui,  comme toi et moi, sont nés « pauvres », matériellement parlant.

Cependant Camarade Aliou, ma tristesse et mon écœurement ont très vite fait place à un sentiment de très grande fierté quand j’ai immédiatement pensé à toutes les sénégalaises et à tous les sénégalais qui, comme toi et moi, sont nés très loin des grands centres urbains, à  l’intérieur des terres du Sénégal profond, dans les contrées les plus reculées.

Ensuite à toutes celles et à tous ceux qui, comme toi et moi, n’ont connu ni électricité ni eau courante à la maison et qui n’avaient  que leurs jambes pour couvrir parfois les kilomètres qui les séparaient de leur école. J’ai enfin songé avec la rage au cœur, à tous ceux et à toutes celles qui partaient sans prendre le petit déjeuner, et qui, souvent atrocement tenaillés par la faim en classe, parvenaient à réussir brillamment leurs études primaires, secondaires et supérieures. Ceux qui effectivement se prenaient pour des riches parce que nés avec une cuillère d’or à la bouche, pouvaient étaler leur richesse matérielle mais en aucune façon ne pouvaient se prévaloir de la richesse de leur âme encore moins de la supériorité de leur intelligence.

En vérité camarade Aliou, comme des millions de sénégalais, sois convaincu que ceux-là qui parlent de pauvreté des autres, souffrent inconsciemment de la misère ou même de la ruine de leur âme.

Mais enfin ! Comment ne pas évoquer ici tous les cadres qui, dans tous les domaines d’activités ont donné le meilleur d’eux-mêmes, parfois jusqu’au sacrifice suprême, pour construire notre Pays le Sénégal.
Combien de Généraux de brigade, de division, de corps d’armée et d’armée, de cadres de nos forces de défense et de sécurité, sont partis de cet état de « pauvreté » et qui, à force de persévérance dans le travail, ont pu, avec l’aide de Dieu et la prière de leurs parents, réaliser leur ambition.

Qui connaît le nombre impressionnant de grands commis de l’Etat, de Professeurs agrégés des universités, d’ingénieurs, de médecins, de journalistes, de diplomates, de magistrats, notaires et autres avocats, de cadres du secteur privé, d’artistes, de sportifs etc…etc… qui, comme toi et moi ont réalisé leur rêve ?

Pourquoi donc diantre ! Toutes ces personnes-là comme toi et moi, parce que connues « pauvres » ne devraient avoir pour destin que d’être des gueux, des loqueteux, des portefaix ou des malfrats ?
La réponse à cette dernière interrogation est assurément « non » pour tous ceux qui ont du cœur et qui ignorent la méchanceté, le mépris et la haine.
Alors Samarak, pardon Camarade Aliou, je t’invite à écouter la très belle chanson du chanteur-poète Jacques BREL intitulée « ces gens-là ». Et ensuite toi, moi et avec tous les « connus pauvres » de notre pays clameront :

«Connus Pauvres «de tout le Sénégal, unissons-nous et restons debout et fiers»
Affectueusement Bassirou FATY
Grand Bass Niéfoulène Ziguinchor
Sacré-Coeur






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