Lettre ouverte de Malick Noel Seck à François Hollande

Vendredi 12 Octobre 2012 - 10:09

Récemment exclu du parti socialiste, Malick Noel Seck a adressé une lettre ouverte au Président français François Hollande en visite à Dakar aujourd'hui.



Lettre ouverte de Malick Noel Seck à François Hollande
M. Hollande, hier encore j'étais socialiste…

Ce n'est pas sans une certaine émotion que je m'adresse à vous, M. le président de la République française. Une émotion moins liée à votre actuelle fonction qu'à votre parcours de militant socialiste, de Secrétaire général du Parti socialiste et, pour finir, de candidat socialiste vainqueur d'une élection présidentielle française que, selon l'usage et la tradition, nous, Africains francophones, avons suivie avec attention. Vous vous êtes engagé à mettre fin à des relations marquées par la corruption, le paternalisme et des accords économiques qui ne font que favoriser des situations monopolistiques au détriment des intérêts de mon peuple.
Louis Massignon disait que la vraie, la seule histoire d’une personne humaine, c’est l’émergence graduelle de son vœu secret à travers sa vie publique. Alors, si vous avez souhaité pour l’Afrique cette liberté que vous chantez dans vos hymnes, ce respect de la dignité humaine, et le droit des peuples à disposer d’eux même énoncé dans votre constitution, l’occasion vous est donnée aujourd’hui d’opérer les changements qui s’imposent pour enfin joindre la parole et l’action.
Dans quelques heures, en route pour Kinshasa, vous prononcerez chez moi, à Dakar, un discours qui, à n'en pas douter, effacera la désagréable impression laissée par les insinuations maladroites de votre prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui lors de son unique visite au Sénégal en Juillet 2007, n’a rien fait pour éviter de nous insulter. Cela semble essentiel aux yeux des Français et pas hors de portée intellectuellement, vous allez y arriver, et ce faisant vous donnerez une suite à ce que Martine Aubry déclarait au forum social de Dakar :
« Ce que le marché a détruit, ce que l’argent a pourri, ce que la finance a dérobé aux entreprises et aux salariés, ce que le productivisme a abimé sur notre planète, seuls la politique et un autre modèle de société peuvent le restituer. L’heure n’est plus à proposer des adaptations au système, il faut en changer. La crise est totale, la réponse doit être globale. » L’heure n’est plus aux déclarations de principes jamais suivi d’effets, au monde des intentions et des chiffres.
Votre discours aura la double vertu de vous distinguer de Nicolas Sarkozy et de minorer la portée de l'inévitable rencontre avec le président de la République démocratique du Congo. Nous savons, nous sommes "connectés", les hésitations et tergiversations qui ont été les vôtres : légitimer ou pas par votre présence une élection congolaise, celle de Joseph Kabila, guère plus convaincante aux yeux du monde libre que celles d'Ali Bongo ou d'Alassane Ouattara.
Il y a si longtemps que, comme vous, nous réduisons l'Afrique à sa seule francophonie, pour ne pas dire à la zone Franc.
Au moment où, suite à l'élection de Mme Zuma à la Présidence de la Commission des affaires étrangères, l'Union devient réellement africaine, et non plus seulement francophone, la plupart de nos ministres et secrétaires d'État célèbrent à Paris, avec M. Moscovici, le quarantième anniversaire d'Accords économiques qui ne font que consacrer la pérennité du franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique). Or notre salut passera nécessairement par la création d’une monnaie africaine, car nul pays ne peut prétendre être souverain s’il n’émet pas sa propre monnaie, sans intérêt et sans dette.
Comme le disait si bien Meyer A. Rothschild, le fondateur de la plus grande dynastie bancaire en Europe : « Permettez-moi d’émettre la monnaie d’une nation, et je me fiche de qui fait ses lois. » Dès lors, la France, contrôlant l’émission de notre monnaie, contrôle toutes les politiques de notre nation.
Vous conviendrez qu’il faudra plus qu’un discours pour changer la nature de nos relations. Énoncer les principes d’un nouveau départ fondé sur le respect mutuel entre nos deux peuples et non plus sur la « francophonie », la « coopération » ou tout autres rapports de subordination.
Lorsque vous serez à Dakar, M.Hollande, quittez la grande route et les éternels boulevards à flics, entrez dans le cœur de la ville et allez découvrir l’envers du faste protocolaire à travers le contraste entre la rutilance de nos ministres dans leurs Mercedes neuves et l’état de nos écoles publiques, de nos infrastructures, de nos hôpitaux et notre inexistence industrielle !
Vous comprendrez alors pourquoi tant d’hommes et de femmes sont partis et vous verrez surtout le mal qu’une corruption endémique nous a fait et l’ampleur du divorce, ici, entre l’individu et l’Etat.
Puisqu'il ne manquera évidemment pas de venir à votre rencontre et que je ne doute pas de votre bénéfique influence sur lui, vous serait-il possible, M. le président, de demander à votre camarade de l'Internationale socialiste Ousmane Tanor Dieng, qui se trouve depuis douze ans être le Secrétaire général du Parti socialiste au Sénégal, et qui, depuis douze ans aussi, a perdu rigoureusement toutes les élections auxquelles il a conduit le parti, de bien vouloir vous expliquer pourquoi les membres de "son" bureau politique, réunis "soviétiquement", ont sans aucune explication tangible prononcé mon exclusion du parti.
Avec toute la cordialité dont est capable un Sénégalais qui était encore socialiste il y a quelques jours.
NDB




1.Posté par Citoyen le 12/10/2012 11:32 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Sauvons nos universités publiques du naufrage.

Malgré les moyens substantiels mis à la disposition de l'enseignement supérieur de notre pays, les résultats sont qualitativement et quantitativement loin des normes de l'UNESCO. Nos instituions d'enseignement supérieur ont surtout un problème de management (mal gouvernance, corruption, népotisme, dépenses de prestige, gestion solitaire en lieu et place de la gestion démocratique et légale, non respect des lois et des règlements, etc.) avec la complicité active ou passive de la communauté universitaire (avantages indus, intimidations, etc.), des autorités étatiques qui, jusqu'à présent, feignent de ne rien savoir (n'ont-ils pas les moyens de savoir ce qui se passe?) pour éviter la confrontation avec ceux (les amis politiques!) qui sont nommés à la tête de ses structures et qui agis
sent parfois comme des monarques en gérant la chose publique à leur guise.

Face à la démission de l’État, nos universités croulent sous le poids de dettes dues aux créanciers (banques, hôpitaux, Sonatel, Senelec, SDE, fournisseurs divers) et chaque corporation s'évertue à demander toujours plus pour « améliorer ses conditions d'existence » et parfois au détriment des intérêts de la communauté. Ainsi donc, la crise est donc une conséquence logique de l'inaction de l’État.

En effet quand les dirigeants (nommés par les autorités) gèrent la chose publique en dehors des normes établies sans être inquiétés le moindre du monde (pour ne pas dire promus à des stations plus juteuses), les syndicats demanderont des chosent hors normes et c'est le début du CHAOS.

A l’État de faire l'état de la gestion de ceux qu'il a nommé, punir ceux qui se sont montrés indélicats et récompenser les autres, ensuite il serait facile de demander aux syndicalistes de faire preuve de mesure et enfin sévir dans le respect de la loi si de besoin. Il est temps de restaurer l’État de droit (et donc des devoirs) ; il est indispensable, avant toute promotion, d'étudier sérieusement la gestion présente et passée du pressenti.

L’État ne peut continuer à protéger et promouvoir ceux qui mettent à genoux nos institutions d'enseignement supérieur et jeter en pâture les syndicats. Je pense que les responsabilités sont partagées.

Des assises de l’Éducation avec ceux qui bloquent le système pour des raisons personnelles ou émotives ne serviraient à rien, je propose des assises des anciens (Recteurs, Professeurs ou hauts cadres à la retraites) du système pour faire des propositions objectives. Il est souvent difficile d'être juge et parti.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire un devoir citoyen.

2.Posté par BOUNKATAB le 13/10/2012 11:43 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

ECRIRE UNE LETTRE OUVERTE A UN PRESIDENT ETRANGER POUR DEFENDRE SIMPLEMENT SON PROPRE BEAFTEACK. AU FOU !!!!!!!!!!!

Nouveau commentaire :

Soyez courtois. N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant.
N'envoyez pas de message inutile.
Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclut tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée ou en violation avec la loi.
Ne devoilez pas les informations privées de qui que ce soit ( adresses, etc... ).
de tels messages seront supprimés et leurs auteurs bannis des commentaires.
Pas de publicité. Ce forum n'est pas un espace publicitaire!.
Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.
Lisez la politique de gestion des commentaires de Leral
Les auteurs de commentaires répétés (pollueurs) verront tous leurs commentaires á travers le site tout simplement retirés en un seul coup