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Lettre ouverte pour dénoncer les agissements de Farba Ngom


Rédigé par leral.net le Dimanche 20 Juillet 2014 à 22:18 | | 4 commentaire(s)|

Lettre ouverte pour dénoncer les agissements de Farba Ngom
« De toutes les manières d’être en retard, la pire est celle qui consiste à se croire en avance. »
André Fossar


La liberté et la démocratie exigent un effort permanent. Impossible à qui les aime de s’endormir. Je fais mienne cette conviction d’une grande figure politique du siècle passé.
J’ai tous les droits de m’adresser à vous de cette manière, de la manière la plus ouverte : vous êtes un élu, un député, un représentant du peuple. Je suis de ce peuple, issu des entrailles de ce peuple, donc vous êtes mon élu, mon représentant au parlement de la République du Sénégal. Nous sommes, vous et moi du département de Matam. A ce titre, vous êtes doublement mon représentant, même si pour être député, vous étiez investis sur la liste proportionnelle (nationale) d’une coalition de partis.
Votre comportement public nous intéresse, qu’il se manifeste au sein de l’hémicycle comme au dehors, tant que continuerez à porter le titre d’ « Honorable député ».
Certains comportements peuvent être tolérés donc tus, d’autres doivent être dénoncés, par ceux qui sont suffisamment patriotes, par ceux qui n’ont jamais peur, par ceux qui ne sont dévoués qu’à la République, par ceux qui ne placent leur suprême confiance qu’en dieu, par ceux qui ne vont jamais ravaler leurs convictions par des petits calculs des intérêts du moment.
Honorable député, certains de vos agissements ne sont pas du tout honorables. Si tenté que le mot « honorable » renvoie à quelque chose ou à quelqu’un, qui par sa conduite, ses actions conformes à une norme valorisée est digne d’estime, de considération, de respect.
Et ironie du sort, c’est moi qui me vois dans l’obligation de vous le dire. Dans la conjoncture actuelle, avec vos « super pouvoirs », votre « position », je devrais être le dernier jeune à vous interpeller de la sorte parce que je suis un fonctionnaire dont certainement la carrière et les « positions » dépendent des décrets et des arrêtés, bref de l’autorité politique.
Et pourtant, j’ai longtemps résisté à la tentation de tremper ma plume dans l’encre, mais je l’avoue, c’est plus fort que moi. Ne pas dire ce que je pense me rendrait définitivement malade. Devrais-je me taire car, beaucoup de cadres de Matam, qui pourtant sont d’accord avec moi refusent de parler ? Devrais-je me taire parce que c’est aux « politiciens » de le dire ? Devrais-je me taire au nom de ce prétendu droit de réserve souvent trop élastique ? Me taire signifierait que j’ai absolument rangé mes convictions dans les tiroirs des vestiges. Me taire signifierait que je racontais des balivernes aux centaines d’étudiants originaires de Matam, qui, en 2005 m’avaient fait confiance pour s’engager auprès des populations pour gagner la bataille du développement. Nous avions comme crédo d’œuvrer pour un changement et un progrès dans les manières d’agir, et ceci pour toujours.
En outre, il m’est difficile de me taire après m’être familiarisé avec le philosophe allemand, qui dans le « Gai savoir » nous incite à « vivre dangereusement », lui qui a voulu « saluer tous les indices de la venue d’une époque plus virile et plus guerrière qui mettra de nouveau la bravoure avant tout ».
Monsieur le député, vous êtes assez exubérant, quelque peu fanatique : vous ne voulez pas changer d’avis et vous ne voulez pas, non plus, changer de sujet. Il y a des choses qu’il ne faut jamais dire, des déclarations qu’il ne faut jamais faire. Nous sommes dans une République, je vous signale. C’est comme qui dirait qu’il existe en vous quelque chose qui voudrait à tout moment faire accéder à la verbalisation des faits, qui en principe, devraient manifester la volonté de se soustraire de toute parole.
Le lundi 07 juillet 2014, à Kobilo (département de Matam), vous aviez tenu des propos vraiment assez quelconques. Par la suite, vous avez tenté de nier et de rectifier des propos, que malheureusement beaucoup de nos compatriotes ont entendu à travers les ondes de la radio privée RFM : « au cours des tractations pour la formation du gouvernement, le président Macky SALL m’a joint au téléphone pour me demander une personne pour représenter le département de Matam dans le gouvernement, occasion que j’ai saisi pour mettre ce jeune ( Yaya Abdoul KANE, ministre des télécommunications et de postes) qui me voue un respect considérable, je suis sûr que ce ministre ne va jamais me trahir, il va faire ce que ce je veux ». Pathétique ! Extraordinaire !
D’abord, en le disant, vous ne rendez aucun service à Monsieur KANE, bien au contraire vous l’avez desservi. Monsieur Yaya Abdoul Kane est un cadre, diplômé, courtois et respectueux, nous pouvons le témoigner, mais tout le monde va l’oublier. A chaque fois que les sénégalais le verront, ils diront : « voici le ministre que Farba NGOM a fait nommer », ils oublieront du coup que KANE est un cadre, un docteur en sociologie. Et c’est bien dommage. Ils ne s’intéresseront plus au mérite de Kane, ils ne retiendront qu’une chose : le valet de Farba NGOM, puisque c’est l’idée que vous avez voulu véhiculer.
En plus, vous montrez par-là, et c’est dangereux pour la cohésion de votre formation politique, que le Président de la République ne tient compte que de votre avis concernant le département de Matam. Vous le mettez mal à l’aise. Il se pourrait même qu’il ait consulté d’autres ténors, mais que ces derniers par élégance républicaine, ne disent jamais de choses pareilles. Sachez que par ces actes vous ne rendez pas service à Macky SALL.
Enfin, ce qui est plus aberrant, c’est quand vous dites : « il ne va jamais me trahir ». Mon dieu ! L’essentiel est qu’il ne trahisse pas la nation, la république ; c’est ce qui importe, c’est ce qui nous intéresse. Qu’il vous trahisse ou qu’il vous soit éternellement fidèle, ça ce sont des rapports privés, d’individu à individu.
Vous semblez donc dire que tous les cadres de Matam doivent vous témoigner respect et considération, fidélité en plus, pour pouvoir espérer quelque chose. Vous semblez donc dire que dans cette partie du pays vous faites la pluie et le beau temps. Voulez-vous dire que vous faites la promotion de qui vous voulez et vous fracassez la tête à ceux qui ne vous plaisent pas ?
En tout cas, ça sent le mépris à l’endroit de tous les cadres de Matam. Ceci est indéniable. Ceci est alors inacceptable.
Votre propension à vouloir tout contrôler, à dire que rien ne doit se faire dans ce département sans votre bénédiction vous pousse à aller trop loin. Pendant l’installation des conseils municipaux des différentes collectivités locales de Matam, on a signalé partout votre présence. Et avant cela, vous avez cherchez par des combinaisons, combines et autres méthodes à mettre à la tête de toutes les municipalités et à la tête du conseil départemental vos « hommes ». C’est une manière de détourner le droit des conseillers élus, une manière de détourner l’expression libre des citoyens. En le faisant vous créer des tensions muettes, des haines, un climat de méfiance qui un jour ou l’autre pourraient conduire à des situations regrettables. Même si vous êtes le mandataire d’une coalition de partis, vous n’avez pas pour autant le droit de vous vous immiscer d’une manière si flagrante dans l’installation des équipes municipales ou départementales. Ceci est une prérogative exclusive des autorités administratives.
Mon seul but est que nos jeunes concitoyens ne soient pas mal informés pour se faire une opinion juste et imposer le choix de société aux intérêts réels de toute la communauté dont ils seront demain les responsables pleins. J’ai longtemps attiré l’attention de beaucoup de cadres et d’hommes politiques sur de tels faits ; j’ai cherché par d’autres canaux à vous dire ce que je pense. Faute de mieux, je choisis la formule de la lettre ouverte.
Vous faites beaucoup dans le social, vous aidez les populations dans plusieurs domaines, j’en doute pas. Et ceci vous apporte sympathie, mais il ne faut point ignorer que certains écarts de comportements et certaines paroles de trop risquent de vous créer beaucoup d’ennuis. Vous ne devriez pas dire qu’après Macky SALL, vous ne mettrez plus les pieds au Palais présidentiel. Un peu de retenue ! Et si en 2017, je ne vous souhaite pas, un autre Président venait à s’installer au Palais, vous vous seriez toujours parlementaire pour quelques mois encore, oserez-vous décliner l’invitation du Président de la République à la Présidence de la République ? Vous êtes relativement jeune, beaucoup de retenue ne vous ferait que du bien.
Il est vrai que c’est mon droit de m’exprimer, mais pour moi c’est plutôt un DEVOIR que d’écrire et de dénoncer, d’écrire et d’alerter, à juste raison. Et comme l’a si bien écrit le Président Mamadou DIA : « Si l’on peut renoncer à un droit, on ne peut pas renoncer à un devoir ».

Amadou Tidiane FALL
Ancien Président de la Coordination Régionale des Etudiants de Matam
atfall70@gmail.com






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