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Libération en vue de Karim Wade : Comment le processus a été enclenché

Le Président Macky Sall a enfin lâché le morceau : Karim Wade sera libéré avant le terme de sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite à six ans de prison. Les appels à la libération de Wade fils trouvent un écho favorable du côté du Palais. Que s’est-il donc passé entre temps pour précipiter cette décrispation ? C'est ce que tentent de décrypter nos confrères du Populaire dans leur livraison du jour.


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Juin 2016 à 08:59 | | 15 commentaire(s)|

Beaucoup de médiations de bonnes volontés depuis le début de cette traque et la radicalisation de Wade. Même s’ils ne se parlaient pas directement, il y avait, selon les sources du journal, beaucoup de monde dans les deux camps qui jouaient les bons offices pour espérer un retour à la normale dans les relations entre les deux ex-collaborateurs. Un proche du Président acquiesce aux médiations qui ont fait leurs effets, mais analyse plus en profondeur la situation : "Jusqu’au récent coup de fil que le chef de l'Etat a donné à Me Wade pour lui souhaiter joyeux anniversaire, le Président avait refusé tout contact avec son prédécesseur pour ne pas donner matière à interprétation et surtout l’impression qu’il y avait quelque chose qui se négociait".

La même sources soutient que le contexte justifie pour beaucoup le dégel et replonge dans le passé tout récent de ce régime pour rappeler que depuis le début de la traque, le Président Sall a toujours gardé une position de principe. "Il a toujours clamé qu’il laissera la justice suivre son cours jusqu’à son terme sans interférer par respect au principe de séparation des pouvoirs. Et qu’une fois toutes les voies de droit épuisées, il apprécierait de son droit de grâce parce que n’ayant pas d’animosité personnelle avec Karim Wade, ses coaccusés et ceux qui ont fait l’objet de poursuites dans le cadre de cette traque", dit-elle. D’ailleurs, se souvient-elle : "A une grande notabilité religieuse qui plaidait pour la libération de Karim, Macky Sall avait signifié que même président de la République, il ne pouvait pas faire tout ce qu’il voulait et qu’il ne pouvait agir en dehors de la loi. Il lui avait aussi dit qu’il ne se souhaitait pas en prison et ne le souhaitait d’ailleurs à personne, fut-ce Karim Wade ou un autre et qu’il ne souhaitait nullement cette situation".

Pour corroborer ce propos du Président, l'interlocuteur de nos confrères d'indiquer, en guise de rappel : "Avant le déclenchement des poursuites judiciaires dans le cadre de la traque des biens mal acquis, de hauts dignitaires du Pds avaient rencontré le Président autour de cette question cruciale. Il leur avait alors conseillé la médiation pénale. Dans son entendement, l’essentiel était que l’Etat recouvre ses deniers dont on était sûrs qu’ils avaient été pillés. D’ailleurs, ceux qui étaient à cette rencontre n’étaient pas du tout contre le principe. C’est après que le Pds s’est officiellement braqué pour rejeter le principe. La suite on la connaît". Maintenant que la justice a définitivement dit le droit, susurre-t-il, "le Président peut faire suite à ses prérogatives constitutionnelles". Seulement, précise la source, "même s’il y aura libération dans la foulée de Bibo, Diassé et Pouye, la mainmise sur les biens saisis ne peut être levée ni faire l’objet de remise en question ou de discussion. Ce sont les deniers publics et l’Etat va recouvrer le maximum de ces biens parmi ceux qui sont localisés". Mis à part ça, ce proche du chef de l'Etat pense qu’"il ne sert à rien de garder ces gens en prison comme l’a toujours souhaité le chef de l’Etat. Un geste humanitaire qui contribuerait à l’apaisement de la situation actuelle est une bonne chose venant du Président".






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