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Liberté sous caution pour le tueur de Trayvon Martin

le 21 Avril 2012 à 11:09 | Lu 498 fois

Fait rare dans une audience de remise en liberté, George Zimmerman a pris la parole et présenté ses excuses aux parents du jeune homme. «Je suis désolé pour la perte de votre fils», a-t-il lancé.


Liberté sous caution pour le tueur de Trayvon Martin
L'assassin de Trayvon Martin n'attendra pas son procès en prison. Un juge de Floride a accordé vendredi la liberté sous caution à George Zimmerman, dont le geste a bouleversé les États-Unis. Le vigile hispanique, qui dit avoir abattu le jeune Noir de 17 ans en état de légitime défense fin février, ne sera pas libéré dès vendredi afin de pouvoir être équipé du bracelet électronique GPS, une des conditions de sa remise en liberté. Le juge veut également être sûr que la sécurité autour de l'accusé, qui a reçu des menaces de mort, sera garantie. Il se pourrait que Zimmerman soit transféré hors de Floride et placé dans un endroit tenu secret.

Sa caution a été fixée 150.000 dollars. C'est moins que le million de dollars demandé par le procureur mais bien plus que ce que préconisait la défense de Zimmerman, qui visait 15.000 dollars. Outre la caution et le bracelet, George Zimmerman devra respecter un couvre-feu, se signaler aux autorités tous les trois jours et aura interdiction de détenir des armes, d'entrer en communication avec la famille de la victime et de boire de l'alcool.

Les excuses de Zimmerman scandalisent les parents de Trayvon
Fait rare dans une audience de remise en liberté, George Zimmerman a pris la parole, quitte à compliquer la stratégie de sa défense le jour de son procès. Il a présenté ses excuses aux parents de Trayvon, qu'il a abattu lors d'une ronde de surveillance. Et ce alors que l'adolescent n'était pas armé. «Je suis désolé pour la perte de votre fils. Je ne connaissais pas son âge. Je pensais qu'il était un peu plus jeune que moi. J'ignorais s'il était armé ou non», a déclaré le vigile.

Les parents de Martin n'ont laissé transparaître aucune émotion dans la salle. Mais une fois l'audience terminée, le couple s'est dit désespéré après la remise en liberté du vigile et scandalisé par ses excuses «égoïstes et malhonnêtes» qui arrivent cinquante jours trop tard. «Il n'a jamais montré le moindre remord durant les interrogatoires de police et soudainement, alors que sa liberté est en jeu et qu'il est sous l'œil des caméras, il se dit désolé?», a raillé l'avocat des Martin.

Zimmerman affirme avoir été attaqué par Martin
Durant l'audience, la femme et les parents de Zimmerman, qui verseront sans doute 10% de sa caution, ont été interrogés par téléphone. Tous ont assuré que l'accusé n'était pas violent et qu'ils feraient tout pour éviter que Zimmerman ne viole les conditions de sa remise en liberté. L'avocat du vigile a ensuite passé une grande partie de l'audience à souligner le peu de preuves dans le dossier retraçant ce qui s'était produit avant la mort de Trayvon Martin. Le défenseur a contesté que son client ait pris en chasse l'adolescent alors qu'un opérateur des services d'urgence lui avait conseillé de ne pas poursuivre le jeune homme. De son côté, le procureur Bernie del Rio a évoqué des épisodes violents du passé de l'accusé: une arrestation pour avoir frappé un officier de police ou encore un incident au cours duquel il aurait attrapé violemment une ex-petite amie.

Agé de 28 ans et d'origine américano-péruvienne, Zimmerman est poursuivi pour meurtre sans préméditation. Après avoir été laissé en liberté, le vigile bénévole a seulement été placé en détention la semaine dernière. Aux enquêteurs, Zimmerman a affirmé avoir été attaqué par Martin, qui lui aurait asséné un coup de poing sur le nez avant de lui cogner la tête sur le trottoir. Ce qui aurait poussé Zimmerman à tirer sur Martin. Or, la loi de Floride autorise à faire usage de la force en cas de danger.

La décision initiale de la police de ne pas l'arrêter a soulevé une vague d'indignation aux États-Unis. Des militants des droits civils ont accusé la police d'avoir été aveuglée par des préjugés raciaux, d'avoir d'office considéré la conduite de Martin suspecte et de n'avoir pas remis en cause la théorie de la légitime défense, avancée par Zimmerman. Plusieurs manifestations ont été organisées dans tout le pays pour réclamer son placement en détention. Barack Obama lui-même a exprimé son émotion en termes très personnels. «Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon», avait confié le premier président noir de l'histoire des États-Unis.

(Avec agences)