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Londres redoute une confrontation entre la Grèce et l'Europe

le 2 Février 2015 à 18:35 | Lu 203 fois

Londres redoute une confrontation entre la Grèce et l'Europe
Le ministre britannique des Finances George Osborne a exhorté, lundi, son homologue grec Yanis Varoufakis à agir de manière responsable car une confrontation entre Athènes et la zone euro serait un risque majeur pour l'économie mondiale.

George Osborne, le ministre britannique des Finances, craint que la confrontation entre Athènes et la zone euro autour de la question de la dette grecque constitue "la plus grande menace pour l'économie mondiale". Il a fait état de cette inquiétude après s'être entretenu pendant 45 minutes avec son homologue grec Yanis Varoufakis, lundi 2 février.

"J'exhorte le ministre grec des Finances à agir de manière responsable", a ajouté George Osborne. Une manière de dire qu'Athènes doit, pour le bien de tous, rembourser sa dette ?

Il ne s'est pas contenté de rappeler à Yanis Varoufakis les obligations de son pays à l'égard des créanciers - Banque centrale européenne (BCE), Fond monétaire international (FMI) et Union européenne (UE) - qui l'ont sauvé, par deux fois, de la faillite (2010, 2012). George Osborne a également reconnu que l'UE ne pouvait pas attendre d'être remboursée sans rien faire en retour. "Il est également important que la zone euro présente un meilleur projet pour l'emploi et la croissance", a pourvuivi le ministre britannique des Finances.

Soutien américain

George Osborne a ainsi repris à son compte la principale revendication du nouveau gouvernement grec. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec et leader du parti de gauche radicale Syriza, repète à l'envi que son pays et l'Europe devraient tourner le dos à l'austérité pour faire de la relance leur priorité économique.

C'est d'ailleurs ce message que Yanis Varoufakis tente de faire passer lors de sa tournée européenne. Avant de rencontrer George Osborne, le ministre grec des Finances s'était entretenu son homologue français, Michel Sapin. Ce dernier avait entrouvert, dimanche 1er février, une porte à une possible renégociation des modalités de remboursement de la dette grecque. Tout en rappelant qu'Athènes devait rembourser.

Mais pour Yanis Varoufakis, la meilleure nouvelle est venue de l'autre côté de l'Atlantique. Le président américain, Barack Obama, a en effet voulu mettre son grain de sel dans le débat économique européen du moment. Il a assuré, sur la chaîne CNN, qu'on "ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression". Le chef de la première puissance mondiale a même rajouté qu'à "un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes".

Pas sûr que l'Allemagne d'Angela Merkel, qui assure que la Grèce n'a pas d'autre choix que de rembourser sa dette, apprécie cette sortie du chef de l'exécutif américain. Surtout qu'elle intervient quelques jours avant la rencontre entre Yanis Varoufakis et Wolfgang Schaüble, le puissant ministre allemand des Finances.

Avec Reuters