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MAIMOUNA SALL « …L’ami de mon mari a tué ma fillette de 4 ans »

Maimouna Sall est une mère amère. 10 ans après la mort de sa petite Diarra, âgée de 4 ans à l'époque, elle est replongée dans cette sinistre journée du 14 février 2001. Au moment où les amoureux fêtaient la Saint-Valentin, elle pleurait son enfant, assassiné(e) sauvagement et abandonné(e) dans une maison. Elle n'a pas digéré que l'épouse de celui qui est condamné pour cet acte l'ait accusée d'avoir voulu emprisonner son mari à tort.


Rédigé par leral.net le Dimanche 16 Octobre 2011 à 12:00 | | 0 commentaire(s)|

MAIMOUNA SALL « …L’ami de mon mari a tué ma fillette de 4 ans »
«C'est le désespoir et la douleur qui m'ont poussée à venir ici. Il s'agit de quelque chose que je vis depuis des années. C'est très douloureux et à chaque fois que j'essaie d'oublier, c'est comme si on enfonçait un couteau dans la plaie.

Je suis Maïmouna Sall la mère de la petite Mame Diarra. Celle qui a été tuée le 14 février 2001 à l'âge de 4 ans et 6 mois. Abdoulaye Bâ a été jugé en son temps et condamné aux travaux forcés à perpétuité. Et son épouse est venue vous voir pour raconter des contrevérités. C'est vrai qu'une personne ne peut pas adorer une petite fille au point de lui acheter des habits et des chaussures pour ensuite la tuer. Mais la vérité est qu'Abdoulaye Bâ n'a jamais acheté les habits que Mame Diarra portait au moment de son décès, comme il le prétend. Ces habits, c'est moi qui les ai achetés.

Abdoulaye Bâ, son épouse Fatou Gaye, sa deuxième épouse, qui se trouve être ma sœur, mon mari et moi-même, vivions dans une même maison à Yeumbeul. C'est quand nous sommes partis à Thiès que les problèmes ont commencé. Abdoulaye Bâ me devait 20.000 Francs. A force de lui réclamer l'argent que j'avais tiré d'une tontine qu'on m'avait confiée, il a voulu me remettre 10.000 francs que j'ai refusé de prendre. Il y a eu une vive altercation entre nous et mon mari a récupéré les 10.000 F. Il est allé voir Laye et a promis de me payer le reste après.

«II avait menacé de me faire quelque chose que je n'oublierai jamais»

Laye est ensuite parti à Dakar. A son retour, je l'ai encore interpellé et il m'a répondu qu'il n'avait pas d'argent. J'ai alors haussé le ton et lui ai dit qu'il allait me payer dans tous les cas. C'était comme s'il me narguait, en me montrant qu'il avait de l'argent, mais qu'il n'allait pas me payer. Nous nous sommes encore disputés. Et c'est là qu'il m'a dit qu'il allait me faire quelque chose que je n'oublierai jamais de ma vie, parce que je voulais l'humilier. Je lui ai répondu que ses menaces ne m'ébranlent pas. Qu'il ne pouvait rien contre moi. Je pensais qu'à la limite, elle voulait s'en prendre à moi. Je n'ai jamais pensé qu'il pouvait se tourner contre une innocente fillette de 4 ans.

Après notre altercation, il a déménagé un lundi. J'ai confisqué son décodeur, une petite moquette et un baril pour l'obliger à me payer mon argent. Le mercredi suivant, ma fille, Mama Diarra, a disparu. J'ai fait une déclaration à la police et je l'ai cherchée partout. Le soir du mercredi, Abdoulaye Bâ a envoyé un garçon du nom de Tapha Ndiaye, qui est venu me dire qu'il me somme de lui rendre les bagages. Je lui ai demandé de retourner lui dire de me donner mon argent d'abord. Quand le garçon lui a rendu compte, il a déclaré qu'on allait l'obliger à faire ce qu'il ne voulait pas faire.

J'ai continué à chercher ma fille. Le jeudi, le chef de quartier a envoyé des gens dire à ma belle-mère qu'une petite fille morte avait été retrouvée à Keur-Dago. Il demandait qu'on vienne voir s'il s'agissait de Mame Diarra. Je revenais juste de la police. Le frère de mon mari est allé sur les lieux. Il a trouvé l'ambulance des sapeurs-pompiers qui s'apprêtait à transporter le corps. Il s'est faufilé dans la foule pour entrer dans l'ambulance et a reconnu Mame Diarra. Il est parti avec l'ambulance jusqu'à l'hôpital et ensuite il est revenu à la maison nous annoncer la mauvaise nouvelle. Je suis restée sans voix. Je n'ai pu aller ni sur les lieux du meurtre, ni à l’hôpital. Je suis restée à la maison pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Un sapeur-pompier qui a vu le corps, a dit à mon mari qu'elle n'avait pas été violée, mais qu'elle a subi toutes sortes de sévices. On lui a cassé le cou. On a enlevé ses ongles. On lui a fait des piqûres.... C'est une chose que je ne pourrai jamais oublier.

Cette même nuit, Laye est venu à la maison, il a dit qu'il était rentré de Dakar et qu'il a appris la nouvelle. Il a téléphoné à la police de Guédiawaye et a parlé à un policier pour lui dire qu'il y avait des 4X4 qui enlevaient des enfants. L'agent lui a répondu que cette affaire s'est déroulée à Thiès et c'est dû ressort des policiers de la localité.

«C'est son complice: qui a dénoncé Laye» Laye ne peut pas faire ce qu'il a fait et ensuite se mettre à raconter partout n'importe quoi. Nous ne l'avions jamais accusé. C'est Moussa Diallo, celui qu'il a recruté pour tuer la petite qui a balancé son nom à la police après son arrestation. Donc il n'y avait pas de doute sur sa culpabilité. Le jour du procès, il avait 9 avocats. Nous n'en n'avions aucun. Nous nous en sommes remis à Dieu. L'audience a débuté à 8h du matin pour se terminer à 5 heures du matin. Moussa Diallo et lui ont finalement été condamnés à perpétuité.

Après la mort de ma fille, je suis tombée malade. J'ai déprimé et j'ai été hospitalisée. J'essayais d'oublier lorsque j'ai lu dans vos colonnes l'épouse de Laye, Fatou Gaye, dire qu'on voulait emprisonner son mari. C'est ce qui m'a poussée à sortir de mon silence pour que les gens sachent la vérité.

Je veux dire à Fatou Gaye, qui est mère de famille et qui sait ce qu'un enfant représente pour une femme, d'imaginer un peu ce que serait sa vie si c'était sa fille qui était sauvagement tuée. C'est vrai que c'est difficile pour elle et qu'elle veut aider son mari. Ce que je comprends. Mais elle doit penser qu'un jour, elle va mourir et devra rendre des comptes. Ses propos me torturent. J'ai perdu deux autres enfants après l'assassinat de Mame Diarra, mais cela ne fait pas autant mal. C'est Dieu qui me les a donnés et c'est Dieu qui les a pris. Mais ce que je ne peux cautionner, c'est qu'on tue ma fille et qu'on m'accuse d'avoir voulu emprisonner un innocent. Je suis croyante et je sais que Dieu est le meilleur des juges».

SOURCE :L’OBS DAOUDA MINE






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