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MAMADOU OUMAR NDIAYE:Le triomphe des brigands…

Pendant que les populations des banlieues pataugent dans les eaux et vivent dans les excréments refoulés par des fosses septiques trop pleines, tandis qu’ils sont la proie des moustiques et des maladies diarrhéiques, tandis que les ordures envahissent les rues de Dakar, que notre capitale connaît les pires délestages de son histoire, que le Trésor public est en quasi-banqueroute, que les Sénégalais ne savent plus où donner de la tête devant les hausses des prix des denrées etc., savez-vous quelles réponses les libéraux au pouvoir apportent à tous ces maux ?


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Octobre 2008 à 15:47 | | 2 commentaire(s)|

MAMADOU OUMAR NDIAYE:Le triomphe des brigands…
Eh bien, ils en sont à se bagarrer entre eux, à offrir le spectacle affligeant de leurs querelles intestines, de la lutte pour la succession du président de la République ! Pour le président et les faucons qui l’entourent, pour les pontes du Parti démocratique sénégalais (Pds), l’ennemi, ce ne sont pas les problèmes des Sénégalais, ceux-là mêmes qu’ils sont élus pour résoudre — ces problèmes, ils s’en tapent l’œil —, leur ennemi public numéro un, aujourd’hui, c’est… M. Macky Sall, le président de l’Assemblée nationale qu’il s’agit aujourd’hui de défénestrer. Par tous les moyens.

Déjà, les couteaux sont sortis. Ou, plutôt, les bazookas pour tuer une mouche, que dis-je, une colombe dont le seul tort c’est d’avoir accepté de se rendre à une invitation d’amis sénateurs qui voulaient fêter sa Légion d’honneur sur les bords de Seine. Complot contre la République, défiance inacceptable contre les institutions, notamment la première d’entre elles, discrédit du Sénégal à l’étranger, fractionnisme, installation d’une dualité à la tête du Parti démocratique sénégalais (Pds) et de l’Etat tout à la fois… La liste des « crimes » commis par M. Macky Sall est longue comme une litanie, et comme un jour sans pain. Exactement comme ces journées de Ramadan terriblement longues et éprouvantes du fait de la canicule. Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage, c’est bien connu, et les maux dont est subitement atteint le président de l’Assemblée nationale aux yeux de ses « frères », innombrables. C’est donc l’hallali, c’est-à-dire, selon le dictionnaire, « le cri de chasse qui annonce que la bête poursuivie est aux abois » ou, mieux encore, « le dernier temps de la chasse, où la bête est mise à mort ». La curée est sonnée, et c’est le moment d’achever la bête Macky Sall.

Pour montrer que l’on ne plaisante pas, le coup fatal, celui qui décapitera le pauvre ex-numéro deux du Pds comme ces malheureux militaires mauritaniens qui ont eu la tête coupée par les militants d’Al Qaïda, c’est celui-là même qui disait partout, urbi et orbi, être l’oncle de Macky Sall, du temps de la splendeur de ce dernier. C’est à cet oncle, donc, que reviendra la tache de couper la tête de son neveu. M. Sada Ndiaye, député transhumant qui se présentait jadis, c’est-à-dire avant l’Alternance, comme le frère de sang de M. Ousmane Tanor Dieng, l’alors tout-puissant Premier secrétaire du Parti socialiste, a donc déposé une proposition de loi destinée à modifier le règlement intérieur de l’Assemblée nationale dans le sens de ramener la durée du mandat du président de l’Assemblée nationale de cinq ans à un an. En même temps, l’article 2 de son amendement rendra cette mesure applicable immédiatement. Une nouvelle fois, les libéraux montrent le peu de cas qu’ils se font de la Constitution, laquelle n’est à leurs yeux qu’un chiffon de papier. Et le mépris qu’ils ont pour les institutions.

Pour ce qui est de l’exécution du titulaire du perchoir, dans la culture sénégalaise, dans certaines ethnies en tout cas, on estime le lien entre l’oncle et son neveu à ce point sacré que c’est au premier que revient le soin de garder l’héritage du second tant qu’il est mineur car on estime que, de toute la famille, l’oncle est la seule personne qui ne soit pas susceptible de trahir son neveu. Sada Ndiaye Judas est assurément l’exception qui confirme la règle !

Le tribunal de l’Inquisition a été convoqué pour ce mercredi et l’hérétique Macky Sall, comme les sorcières du Moyen-Age, sera brûlé sur le bûcher. Comme la Révolution, le « Sopi » dévore ses enfants… De feu Fara Ndiaye à Serigne Diop, de Boubacar Sall à Ousmane Ngom, d’Idrissa Seck à Macky Sall, la liste des victimes est longue mais n’est pas encore complète. Le nom du sénateur-maire de Dakar, M. Pape Diop, devrait être le prochain à l’enrichir.

Le plus drôle, le plus cruel et le plus injuste, c’est que ce sont « les brigands qui triomphent » pour paraphraser un des héros de la Révolution française au moment de monter sur l’échafaud. Cette phrase, Macky Sall pourra la reprendre à son compte lorsqu’il voit les personnages qui se livrent à la danse du scalp autour de lui. Rien que des transhumants, des « frères » revenus à la Maison du Père après être allés brouter, du temps des vaches maigres, dans les vertes prairies socialistes. Et ce alors que lui, à part un court passage chez les maoïstes d’And-Jëf, n’a jamais connu autre chose que le Parti démocratique sénégalais (Pds). Lui qui, jeune ingénieur, a risqué sa carrière en militant ouvertement dans l’opposition du temps des socialistes alors qu’il travaillait dans une société nationale. Lui qui, derniers états de services en date — mais non les moindres — a conduit victorieusement, en tant que directeur, la dernière campagne présidentielle lorsque tout le monde voyait le candidat Wade au second tour. Lui qui a conduit la liste socialiste aux dernières législatives. Sa récompense a été la descente aux enfers…

Le Sénégal présente l’aspect d’un volcan en apparence endormi sur lequel les libéraux qui nous gouvernement règlent en toute insouciance leurs comptes sans se douter que ce volcan peut entrer en éruption à tout moment. Ils nous rappellent, ces libéraux, les plaisanciers qui dansaient joyeusement sur le pont et dans les nombreux salons du Titanic sans se rendre compte que ce paquebot de luxe coulait. En fait, seul le ministre chef de cabinet du président de la République, le très politique, fidèle et loyal Pape Samba Mboup, a vu que le navire risquait de se fracasser sur les rochers. Il a eu le mérite de prévenir le capitaine, d’attirer son attention sur tous ces comploteurs qui coulaient le navire Sénégal. Car, a-t-il dit au Président, avec une remarquable justesse et une lucidité qui l’honore, « les priorités de l’heure son ailleurs, notamment à la résolution des problèmes des Sénégalais. Ces querelles internes doivent être différées et attendre un moment plus opportun » a-t-il fait valoir tout en insistant sur le fait qu’il ne défendait pas Macky Sall car son combat transcende les personnes. Pape Samba Mboup, on l’aime ou on le déteste, mais force est de reconnaître que c’est le seul, dans l’entourage du Président, qui ne lui ment pas. Le seul qui serait capable de mourir pour lui. Le seul qui essaye de lui ouvrir les yeux. Le seul qui ose contredire le Président — dans son intérêt à lui, Wade. Le seul à avoir compris, comme le professait le président François Mitterrand, que la politique, c’est l’art de l’inclusion. Le seul qui passe son temps à dénouer des crises plutôt que de chercher des ennemis imaginaires au Président. Bref, le genre de collaborateur qu’il faut à Wade. Sa dispute de vendredi dernier avec le directeur de cabinet politique du Président a, encore une fois, eu le mérite d’ouvrir les yeux au Président même si, s’agissant de Macky, la machine s’était déjà emballée.

Le terrible rouleau compresseur est parti pour le broyer non pas parce qu’il a tort mais parce que la raison du plus fort est toujours la meilleure chez les « sopistes ». Lesquels vont s’entretuer jusqu’au dernier. Et, qui sait ? Macky pourra peut-être un jour se féliciter d’avoir été balancé par-dessus bord ce navire en folie qui finira par s’échouer quelque part après une terrible bataille des membres de l’équipage pour prendre le contrôle de la barre…

Mamadou Oumar NDIAYE

LE TEMOIN





1.Posté par autodidacte le 03/10/2008 20:05 | Alerter
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c,est rafreshissant de vous lire Monsieur Mamadou Oumar NDiaye.Bravo et merci de ce language limpide

2.Posté par un passant le 04/10/2008 01:28 | Alerter
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MON est un ancien du pds qui fait une démonstration remarquable et, en conclusion il nous dit que le président de tous les sénégalais doit écouter un pédophile pour mieux diriger notre sénégal. il place ses billes chez Macky avec tellement de beurre que l'on se demande si cet article n'est pas une commande de macky. puis, sans transition, il se place de l'autre côté avec son bol de beurre pour en mettre sur pape samba mboup. si ça ne marche pas du côté de macky; peut être que ça marchera du côté de mboup donc de Wade et, en mouton égaré, MON pourra enfin revenir au bercail parce que nak, la traversée du désert a vraiment été trop longue. mais, c'est une mauvaise idée cet article opportinuste car, on te regarde à la loupe et on te lit au téléscope mon bon vieu MON.

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