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ME WADE « répond » à Talla SYLLA…

Ce week-end dernier, Talla SYLLA en visite à Mboro où son parti recevait de nouveaux militants ayant quitté le Rewmi sort un slogan : « Dakar Refuse Karim ». De l’extérieur qu’il semble tant chérir au point d’être toujours dans ses voyages interminables autour du monde, Wade s’est fendu le lendemain d’une déclaration dans les médias étrangers pour dire que c’est la presse qui a fait de Karim un « phénomène public ». La presse a vraiment bon dos. Certes, elle doit arrêter de parler de certains faits et gestes anodins de ce monsieur mais, elle a l’obligation de nous surveiller la gestion de nos deniers publics par votre fils. Elle doit savoir, afin d’informer le peuple, ce qui se cache derrière la médiatisation à outrance de votre fils par les médias d’Etat… ce que camoufle sa fameuse génération du concret qui depuis quelques temps fait de l’ombre au PDS avec, semble-t-il, votre bénédiction. Nous n’avons rien contre la personne de votre fils mais revoyez vos ambitions politiques le concernant à la baisse ; ce pays n’est pas un royaume qu’on hérite de son père. Vous l’aviez dirigé après un combat démocratique de longue haleine, qu’il fasse ses preuves s’il veut le présider un jour en commençant par prendre son courage à deux mains pour nous édifier sur la gestion de nos deniers publics « investis » dans les chantiers de l’Anoci. Fuir la transparence et vouloir briguer le suffrage des citoyens n’est pas cohérant. Cela rend pertinent le slogan de Talla SYLLA : « Dakar refuse Karim ». Car Dakar ne saurait accepter de subir une gestion solitaire.


Rédigé par leral.net le Mercredi 4 Février 2009 à 11:31 | | 0 commentaire(s)|

ME WADE « répond » à Talla SYLLA…
Quid de votre nouveau discours sur votre succession ? Encore de la diversion ! Président, le peuple vous interpelle sur des sujets liés à sa survie matraquée par votre régime. Payez la dette intérieure aux entreprises, la bourse des étudiants… Solutionnez la campagne agricole pour les paysans. Payez la dette due aux enseignants. Soignez le secteur de la santé ; nos hôpitaux sont sous perfusion. Cherchez du gaz pour les ménages ; le charbon de bois se raréfie, un mauvais signe pour la conservation de nos forêts… alors que vous nous parliez de muraille verte. Penchez-vous sur nos surabondances de maux et arrêtez ce matraquage médiatique choquant pour mettre sur la sellette votre fils, il n’a point le profil de l’emploi et nous osons croire que vous en êtes conscient. Le Sénégal n’est pas un pays qu’on offre à son fils comme un cadeau d’anniversaire… aucun talent de magicien ne pourra réussir une telle prouesse.

Talla tonne : « Dakar refuse Karim », Wade riposte en désignant son fils comme un « phénomène public ». C’est une réaction paternelle compréhensible ; le père se dresse en bouclier devant Talla et mène le combat politique à la place de son fils. Soit ! Cependant, que le père en tire toute la conclusion idoine : Karim n’est pas encore assez costaud pour se battre seul dans l’arène politique sénégalaise. Ces lavettes qui chantent ses louanges n’ont pas la maturé et le courage politique de leur ambition grotesque. Nous nous rappelons sa convocation par l’Assemblée Nationale et la façon dont son père avait réagi à sa place en accusant Macky de tous les péchés d’Israël. Encore sa protection paternelle. Même dans la liste de sa coalition, on le cache dans la proportionnelle parce qu’on n’est pas rassuré de pouvoir remporter les élections avec lui comme tête de liste majoritaire.

Le président Kennedy disait : « Dans le passé, ceux qui ont fait la folie de vouloir se rendre puissant en chevauchant un tigre ont fini par être mangé par lui. » Croire qu’on peut transformer tout un peuple en marionnette entre les mains de ses caprices et de ceux de ses proches c’est méconnaître sa capacité à dire non, c’est ne point accordé d’importance à une bonne lecture de son histoire politique. Oui ! Dakar refuse Karim. Cela a commencé d’ailleurs au sein du parti au pouvoir… nous saluons en cela le bon sens de Moustapha Diakhaté, Mbaye Ndiaye, Moustapha Cissé Lô et de tous leurs frères de parti qui, comme eux, refusent d’être des moutons de panurge qui ne bêlent que pour les désirs monarchiques du « petit prince ».

Le président ouvre les compétitions en direction de son fauteuil à tous les sénégalais « démocratiquement ». Ce qui veut dire que Karim aussi peut être de la partie. Ce qui nous répugne dans ce jeu du « chat et de la souris » c’est qu’on met entre les mains de son fils des budgets colossaux comme dans le cadre de l’Anoci sans aucune visibilité dans leur exécution ni contrôle au moment où d’autres compétiteurs potentiels sont traînés dans la boue, calomniés, accusés de malversations financières avec la prison comme épée de Damoclès au dessus de leur tête. Accuser le fils de l’autre en protégeant avec la dernière énergie le sien… n’est pas dans les livres de sagesse africaine. Son fils parcours le Sénégal et le monde avec les moyens de l’Etat, bénéficie de la télévision nationale qui fait sa promotion fréquemment obligeant les citoyens à zapper vers d’autres chaînes aux programmes plus utiles, plus honnêtes… Même lorsqu’il donne aux mosquées et à l’église de l’argent « tiré des chantiers de l’Anoci », les caméras sont là pour amplifier le geste en son nom et non au nom de la République. Attention ! Ce monsieur candidat à la présidentielle, les joutes, nous refusons de croire qu’elles seront équitables. Nous ne serons pas à l’abri certainement d’éventuelles fraudes électorales, intimidations, corruptions de l’électorat et zèles bien calculés de certains fonctionnaires devant intervenir dans le processus électoral. C’est malséant.

Il devient urgent pour l’opposition de fortifier son unité et d’aller vers les populations jusque dans le Sénégal des profondeurs pour élargir ses bases et conscientiser les populations sur ce qui se trame contre sa République. Il incombe à la société civile, aux élèves, aux étudiants, aux artistes et intellectuels de tous bords d’organiser le refus populaire contre toute tentative de transformation de notre République en monarchie. Que personne ne se réfugie dans la fatalité consistant à dire : « je n’y peux rien » ! Disons avec Obama : « Yes we can ». Oui nous pouvons booster le changement de régime dans notre pays nous aussi. Wade nous a berné, c’est à nous de lui prouver que nous sommes en mesure de réitérer mars 2000 en sa défaveur, lui et sa bande de profiteurs professionnels.

Chacun peut, chaque jour, là où il se trouve, essayer de sensibiliser des personnes non encore averties sur l’utilité à refuser ce « phénomène public » comme le nomme son père. Ici le mot phénomène ne peut nullement signifier prodige mais rareté car il est rare, voir impossible, de voir dans un pays démocratique un fils de président gérer des centaines de milliards de son pays dans des chantiers qui laissent à désirer et se dissimuler derrière le refus de son père président quand l’Assemblée nationale de son peuple lui demande de venir s’expliquer sur sa mission. Karim Anoci, Karim Aéroport de Diass, Karim etc. avec des mannes d’argent comme budget sans audit connu ; comment la presse ne parlerait-elle pas de lui ? Aujourd’hui, le peuple paie durement l’amateurisme de ce clic d’incompétents. Que chacun participe à élargir les bases du refus de l’Indécence. Cela doit commencer par le slogan inspiré et véridique de Talla SYLLA : « Dakar refuse Karim »… à l’exception évidemment des lèches bottes, des mange-mil et de ceux qui, de bonne foi, sont trompés par leur ignorance.

Tafsir Ndické DIEYE
Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (polar) et Silence ! On s’aime
Editions Le Manuscrit Paris mars 2008
E-mail : ndickedieye@yahoo.fr
Source SudQuotidien








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