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Macky Sall, Calif à la place de Khalifa

C'était en tout cas un bon budget...de guerre que celui de l'emprunt obligataire de la municipalité de Dakar. Mais Macky Sall, qui se veut Calif à la place de Khalifa Sall, a fait intervenir la puissance de l'État, mettant des partenaires continentaux (Uemoa) et internationaux (Usaid) dans l'embarras. Pour trente jours.


Rédigé par leral.net le Dimanche 22 Février 2015 à 15:20 | | 13 commentaire(s)|

Macky Sall, Calif à la place de Khalifa
Pour la quatrième fois en l'espace de trois ans, l'État du Sénégal est entré en conflit ouvert avec le maire de Dakar Khalifa Ababacar Sall. Et comme toujours, ces querelles sénégalo-sénégalaises se passent sous l'œil de la communauté internationale. Mais cette fois-ci, la crise semble avoir atteint une autre dimension puisqu'elle met en l'Union monétaire ouest-africaine et l'agence américaine d'aide (Usaid) et la fondation Bill Gatesdevant la frilosité du gouvernement sénégalais.

Le ministre des Finances, bras armé de la puissance publique, a en effet pris peur de l'énorme nerf de la guerre que le maire de Dakar a pu obtenir de partenaires extérieurs pour contourner les difficultés nées de l'application de l'Acte III de la Décentralisation qui limite ses possibilités techniques et financières.

L'État du Sénégal, par le biais due ministère des Finances, a en effet notifié à la mairie de Dakar l'opposition du gouvernement et de l'État du Sénégal à l'emprunt obligataire de 20 milliards Cfa dans l'espace Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) que Khalifa Sall avait décidé de lancer, avec l'aval de son conseil municipal (16 février), pour compenser le manque à gagner né de la mise en application de l'Acte III de la Décentralisation.

C'est justement une clause de cette loi qui explique les inquiétudes de l'État obligé de se substituer à la municipalité en cas de défaillance. Mais il ne s'agissait pas que ce cela, ce qui rend la démarche du pouvoir un peu boiteuse : en posant à Khalifa Sall la question de la légitimité de l'emprunteur, l'État se lance dans une opposition crypto-personnelle qui explicite clairement le message à décoder.

Amadou Bâ demande, en effet, au maire de notifier les garanties pour dégager la responsabilité de l'État en cas de défaillance de l'emprunteur ; mais plus, le ministre des Finances exige de connaître la légitimité de Khalifa Sall, puisque le processus de lancement de l'emprunt obligataire est antérieur à sa réélection. En clair, est-ce que l'aval donné début mars 2014, date de déclenchement des opérations, vaut après les locales du 29 juin ? C'est oublier que le conseil a réitéré son engagement aux côtés du maire le 16 février 2015.

La réponse du Conseil parvenue le jour même de la réception de la missive laisse un délai de trente jours d'expectative au cours desquels les différents partenaires de la mairie de Dakar vont apprendre à mieux comprendre les conditions de l'État pour l'ouverture d'un compte séquestre pour recueillir les fruits de l'emprunt obligataire. Pendant ce temps, les travaux du centre commercial Félix-Eboué ont connu une accélération

Pathé Mbodje

Journaliste et Sociologue






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