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Macky Sall assis sur des braises

Ce mois d’août est décidément très chaud pour le chef de l’Etat. Macky Sall fait face à plusieurs fronts, plus brûlants les uns que les autres. L’université est en ébullition, les leaders politiques de l’opposition unissent leurs forces contre le président de l’Apr, les délestages reviennent en force et le déficit pluviométrique inquiète. Une véritable montée des périls au sommet de l’Etat.


Rédigé par leral.net le Mercredi 20 Août 2014 à 17:00 | | 7 commentaire(s)|

Macky Sall assis sur des braises
Dans l’intimité de ses appartements, Macky Sall doit se ronger les ongles. Le président de la République doit se demander où donner de la tête. Depuis quelque temps, les périls se multiplient et menacent de l’engloutir. Alors que le monde rural crie famine et que la pluie se fait désirer, alors que les populations subissent le calvaire des délestages, la mort de l’étudiant Bassirou Faye vient s’ajouter au lot de difficultés, sans oublier l’opposition, qui semble se renforcer avec Idrissa Seck et Abdoulaye Wade, entre autres sources d’ennuis. Autant de brasiers susceptibles d’ôter le sommeil à Macky Sall et qui accentuent le désarroi et le sentiment de déception notée chez les populations. Des dossiers chauds et sensibles auxquels le chef de l’Etat doit faire face avec la plus grande diligence. Au vu du désenchantement et de la colère des Sénégalais, qui grandissent de jour en jour, la réélection de Macky Sall en 2017 se trouve hypothéquée.

Crise universitaire

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar est sur des charbons ardents depuis plusieurs mois. Le Temple du savoir est dans une situation on ne peut plus catastrophique, au grand dam des étudiants. Ces derniers, qui réclament leurs bourses, impayées depuis une dizaine de mois, affrontent régulièrement les forces de l’ordre, qui ont fini d’installer leurs quartiers dans l’enceinte du campus social. Un fait qui n’a fait qu’aggraver la situation et exacerber les tensions. Les deux camps se regardent en chiens de faïence dans une cohabitation électrique. Une énième confrontation ce jeudi 15 août mettra le feu aux poudres. Les étudiants n’en peuvent plus d’attendre leurs bourses, ils les réclament avec véhémence, et se heurtent à la violente répression des policiers. Le front est sanglant, l’université saccagée, plusieurs blessés sont dénombrés de part et d’autre, le jeune Bassirou Faye est atteint mortellement par balle. La communauté estudiantine révoltée, accuse les éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) d’avoir assassiné l’un de ses membres et réclame justice. Les étudiants et les syndicalistes de l’Ucad exigent la démission ou le limogeage des ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Intérieur, Mary Teuw Niane et Abdoulaye Daouda Diallo. Absent du territoire lors de ces incidents, la réaction du Président Macky Sall était très attendue. A son arrivée à Dakar dimanche soir, il a déploré ces événements «regrettables» et promis une «enquête rigoureuse afin que toute la lumière soit faite», avant d’accuser des «gens tapis dans l’ombre qui cherchent à attiser le feu à des fins politiciennes». Mais cette sortie n’a pas apaisé la colère des étudiants, qui réclament la tête de Mary Teuw Niane. Pour l’heure, le front universitaire ne s’est pas encore refroidi, et Macky Sall est attendu sur la satisfaction de cette doléance.

Renforcement de l’opposition

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, l’opposition saute sur l’occasion pour rivaliser de commentaires et réactions acerbes à l’endroit du régime en place. Celui qui se fait le plus remarquer dans ce jeu, n’est autre qu’Idrissa Seck. Le leader de «Rewmi» s’illustre par des sorties plus virulentes et agressives les unes que les autres à l’encontre de Macky Sall et de son gouvernement. Récemment, il a lancé le CA 2017 (Conseil d’administration 2017), une coalition qui entend réunir les maires, présidents de Conseils départementaux, leaders politiques, membres de la société civile et forces paysannes, en perspective des échéances futures, notamment la présidentielle de 2017. Moubarack Lo et Mamadou Diop Decroix ont déjà rejoint cette plateforme et Idrissa Seck souhaiterait l’élargir en enrôlant le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, entre autres leaders politiques. En plus de ce front, dirigé contre Macky Sall, l’ancien Président sénégalais, Abdoulaye Wade, n’est pas en reste. Il refuse d’abandonner la scène politique. Le pape du «Sopi» annonce une semaine chargée pour le Pds et ses alliés, car selon lui, «la situation est extrêmement grave et si (nous) laissons le pays en l’état, il se déconfigurera sans que personne n’y puisse rien». Me Wade promet de présider un grand meeting le 23 aout prochain à la Place de l’Obélisque, au cours duquel il dira aux Sénégalais «comment redresser le pays». De quoi troubler le sommeil de Macky Sall.

Retour des délestages. Comme si cela ne suffisait pas, la Senelec en rajoute une couche, avec le retour des délestages intempestifs. Les coupures de courant ont repris, avec une récurrence exaspérante. Des quartiers se retrouvent délestés pendant de longues heures, jour et nuit. En plus de subir la chaleur étouffante, les populations sont accablées par l’impossibilité d’avoir de l’eau fraîche et passent plusieurs heures sans électricité. Malgré les promesses et assurances des autorités, les délestages sont plus que jamais d’actualité. Un véritable calvaire pour les Sénégalais, qui veulent des solutions à ce sempiternel problème.

Déficit pluviométrique

Et le ciel de s’en mêler, en refusant d’ouvrir ses vannes : la pluviométrie accuse un déficit énorme. Un peu partout à l’intérieur du pays, la terre est assoiffée. Toutefois, selon le Président Macky Sall, il ne s’agit pas d’un retard de l’hivernage, mais d’une perturbation des cycles climatiques. «L’hivernage n’est pas en retard, mais c’est son heure qui n’est pas encore venue, car il y a des changements climatiques qui perturbent les cycles. Cette année, dès le mois de juin, quand on ne voit pas la pluie, on commence à se plaindre», déclarait-il le jour de la Korité. Qu’à cela ne tienne, les pluies se font rares jusqu’à présent, au point que des prières ont été organisées pour implorer Dieu d’arroser les terres. En attendant, les paysans sont dans le désarroi. L’insécurité alimentaire s’installe dans le monde rural. D’ores et déjà, on prédit qu’il n’y aura pas suffisamment de moutons pour la Tabaski. Même si la pluie n’est pas du ressort du président de la République, son absence ne fait qu’ajouter à la tension déjà ambiante dans le pays. Plus que jamais, le slogan «Deuk bi dafa macky» est sur toutes les lèvres. Et Macky Sall a du souci à se faire.

L'Observateur






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