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Macky Sall, courageux derrière ses juges ! par Momar Dieng

Nervosité suspecte, fuite de responsabilité, courage discutable, colère sans cause… C’est le stock de marchandises avariées et frauduleuses que le Président de la république vient de fourguer aux Sénégalais dans un emballage étiqueté «reniement d’un engagement électoral». Le coup de massue est terrible et sans appel contre la démocratie sénégalaise, contre les valeurs d’éthique et de probité morale, contre toutes ces autres valeurs opposables aux turpitudes quotidiennes des hommes et femmes politiques de notre landerneau.


Rédigé par leral.net le Mercredi 17 Février 2016 à 10:54 | | 11 commentaire(s)|

En organisant savamment le reniement d’une parole qui avait toutes les chances de devenir celle du futur président de la république, Macky Sall a dévoilé une autre facette de sa personnalité : la faiblesse. Faiblesse face au défi de respecter un sacerdoce quoi que cela puisse coûter. Faiblesse face à sa propre conscience. Faiblesse devant les pressions claniques et partisanes l’invitant à une espèce de parjure presque sans équivalent au Sénégal. Faiblesse face aux incertitudes liées à ses propres capacités à rééditer sa victoire de mars 2012 dans un contexte beaucoup moins favorable.

Mais il faut croire – et définitivement, de préférence - que notre Président n’est pas un ange ! Loin de là. Sous le masque du calme et de la sérénité, c’est un politicien pur et dur qui a eu la chance inouïe d’arriver au pouvoir grâce à une conjugaison de circonstances exceptionnelles survenues dans notre pays. Son discours solennel de ce mardi 16 février 2016 nous a renvoyé l’image d’un politicien absolument sans état d’âme face aux situations historiques qui mettent en balance ses intérêts personnels et ceux de la démocratie. Macky Sall a choisi de capituler face à l’Histoire qui lui ouvrait pourtant les portes de la gloire. Mais la nature fait bien les choses : il n’en était certainement pas digne.

Capitulation

Nous avons pu tout reprocher à Abdoulaye Wade pendant les douze ans de son magistère. Mais lui avait au moins – et c’est tout à son honneur - ce courage vagabond et décomplexé d’assumer ses gaucheries, ses envies, même les plus dramatiques. Macky Sall, pour sa part, n’a même pas donné l’impression – si minime soit-elle – d’assumer son propre choix sur un dossier qui lui empoisonnait l’existence depuis qu’il a franchi le portail du Palais de la République ! En lieu et place, il s’est courageusement caché derrière la fausse sentence de juges formatés à servir (tous) les pouvoirs en place. Honneur perdu !

En vérité, cet épisode de notre vie politique rétablit une forme de cohérence globale entre la qualité des hommes qui exercent le pouvoir et les actes politiques que posent ces derniers au quotidien. Entre les scandales économiques et financiers qui ont pris le relais de l’ère Wade, les basses querelles que l’Etat central partisan livre à ses collectivités locales, un président de la république qui soutient publiquement et ostensiblement un ministre de l’Education nationale désavoué par la Cour suprême, un chef de l’Etat (encore lui !) qui voyage avec un député interdit de sortie du territoire pour cause d’enquête sur des biens mal acquis, le Sénégal est concrètement à la croisée des hypocrisies.
Disons-nous encore et enfin la vérité : ce rétropédalage présidentiel de basse facture est simplement une trahison populaire qui n’honore pas son auteur et qui lui dénie toute autorité morale sur le pays.

Momar Dieng
Journaliste-Blogueur

momardieng.blogspot.sn






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