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Macky tient toujours à ses 7 ans - Par Mamadou Mouth Bane


Rédigé par leral.net le Mardi 19 Janvier 2016 à 15:14 | | 13 commentaire(s)|

Le président SALL nous demande de la boucler. Mais il est difficile de respecter son décret oral lorsqu’il se plait d’engager le pays dans une randonnée infernale avec ce projet «anonyme» de révision de la Constitution que son service presse a balancé dans le net tel un banal communiqué de n’importe quel machin. La manière avec laquelle, la présidence a mis ce texte à la disposition du public montre que personne ne veut le porter ni l’assumer. Le texte n’a pas d’auteur. Il n’est pas authentifié. Rien ne prouve que ce document vient de la présidence de la République. Et aucun journaliste n’a pris la peine de vérifier. Ils ont joué le jeu quoi…

Et pourtant, le Président de la République, son premier Ministre ou son Conseiller juridique devraient avoir le courage de présenter solennellement ce projet au peuple. Mais ils ont préféré utiliser le net comme voie de transmission de l’information officielle. Que faire lorsque personne ne veut engager sa personne ni coller son nom et son image à ce projet de révision controversé. Le président Macky SALL et son pitoyable Conseiller Ismaila Madior FALL ne veulent pas s’assumer. Ils optent toujours pour le septennat mais ils cherchent des « cons » dangereusement courageux pour dépasser le Rubicon.

Nous avons parcouru le projet «anonyme» de révision de la Constitution que le président compte soumettre au Conseil constitutionnel, à l’Assemblée Nationale ou au peuple. On s’y perd, tellement que c’est mal rédigé, plein de contradictions et de maladresses dans son esprit et dans la juxtaposition des lois. C’est une compilation d’intentions dont le point essentiel demeure la question du mandat qui émerge toujours du lot.
C’est tout simplement dommage de remarquer que le pouvoir manipule les citoyens.

Dans l’exposé des motifs, le texte dit : «l’Etat de droit est bien une réalité au Sénégal». Les membres de l’Opposition en prison confirmeront ou informeront ceci, le moment venu.

Désormais, lorsqu’on parle de «la réputation du Sénégal» sur le plan démocratique, il faut utiliser le passé simple. Car véritablement, le Sénégal fut une démocratie majeure et respectée dans le monde. «La maturité démocratique du Sénégal est réelle et ne fait aucun doute», lit-on dans l’exposé des motifs. Eh bien nous en doutons, car aujourd’hui, la démocratie sénégalaise est à l’image de l’élite politique au pouvoir qui s’assoit sur les Institutions, confisque les libertés et domestique la presse.

Restons sur l’exposé des motifs de ce projet de révision pour parler de ces réformes dont l’auteur cite avec une fierté effarante : Le Code de Transparence dans la Gestion des Finances publiques, La loi organique n°2012-23 du 27 décembre 2012 relative à la Cour des comptes, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le Code général des collectivités locales qui pose les bases de la réforme de l’Etat par l’Acte III de la décentralisation et la déclaration de patrimoine. Mais qu’est devenu l’Ofnac en mode «Off» depuis sa création ? Il n’a jamais instruit un dossier malgré le nombre impressionnant de plaintes. Comment sont gérées les finances publiques avec ce cortège de scandales qui rythment notre quotidien. Qu’est devenu l’Acte3 de la décentralisation qui a désarticulé l’organisation et le fonctionnement des Collectivités Locales avec ces colonnes de chômeurs, anciens employés des Conseils régionaux. Toute honte bue, ils ont osé citer la Cour des Comptes discréditée parce qu’imbibée du crachat d’un Ministre de la République.

Ce projet de révision fallacieux corrode le peu de crédibilité qui reste à ses auteurs. C’est une première au Sénégal qu’on veuille intégrer dans la Charte fondamentale des dispositions à caractère personnel dans certains de ses articles. En plafonnant l’âge des candidats à 75 ans, ils excluent Niass avec ses 76 ans, obligé «d’offrir» l’Afp à Macky à la prochaine présidentielle. Cette même disposition vise Ousmane Tanor qui atteindra ses 70 ans en 2017. Il est évident que le Socialiste ne crachera pas sur ce «Haut Conseil des collectivités territoriales» pour s’engager dans une aventure électorale incertaine. Le leader du Ps choisira une retraite politique paisible à la tête de cette Institution prestigieuse. Avec l’Article28, Tanor est neutralisé au détriment du Ps et de son poulain Khalifa. Ce projet de révision est né de la fécondation d’idées bassement politiciennes. C’est ce que le Sénégal mérite.

L’Article 4 dit : «Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien- être de la population en général et à être écologiquement durable. L'Etat et les collectivités territoriales ont l’obligation de veiller à la préservation du patrimoine foncier». Difficile de croire à la bonne foi des auteurs de ce texte démentis par les prédateurs de ce régime dont les plus hauts faits sont les scandales de «Mittal», «Pétro Tim», les Appels entrants, «Africa Energy» entre autres... Ce pouvoir d’affairistes, de business men et de «bana bana» n’est guère préoccupé par une bonne gestion des ressources publiques.

L’Article 58 dit : «La Constitution garantit aux partis politiques qui s'opposent à la politique du Gouvernement le droit de s'opposer. La Constitution garantit à l’opposition un statut qui lui permet de s’acquitter de ses missions. La loi définit ce statut et fixe les droits et devoirs y afférents ainsi que ceux du Chef de l’opposition». De qui se moque-t-on ? Le Sénégal est l’unique pays de la CEDEAO où tous les membres d’un parti de l’opposition sont emprisonnés. Cette proposition manque de cohérence, du fait qu’aux moments où ce projet est rendu public, le leader du premier parti de l’Opposition est en prison. Quels sont les droits de l’Opposition dans ce pays ? A moins qu’on veuille désigner un membre de Benno comme leader de l’Opposition.
Nous sommes en face d’un pouvoir qui joue de cette volonté populaire qui voudrait que la question du mandat soit résolue maintenant et tout de suite. La question de la durée du mandat et son applicabilité sur le mandat en cours est le centre de gravité de ce projet de révision. En plus c’est l’unique question qui intéresse et préoccupe les sénégalais. Tous les autres sujets annexes servent à noyer la véritable question du mandat et à alimenter le débat.

A l’exception du mandat, le président pouvait appliquer directement les autres réformes sans consulter les Sénégalais. La diversion nous a assez fait perdre du temps. Les Sénégalais veulent un mandat de 5 ans. Ils aspirent à cela. Le projet dit : «La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans. Cette disposition s’applique au mandat en cours. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Cet article ne peut faire l’objet de révision». Là, le président SALL expose sa fausse bonne volonté. Il n’a guère l’intention de réduire son mandat. Et, il espère un rejet du Conseil Constitutionnel pour consommer le reliquat de 2 ans. En football, c’est ce que l’on appelle «une passe téléphonée». Le Chef de l’Etat risque de se noyer dans un jeu de dupe avec les Sénégalais intransigeants sur la question de la réduction du mandat.

Au-delà des déclarations, des textes et des projets de révisions, on ne connait toujours pas la date de la présidentielle. C’est cela le fait immuable…






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