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Macky, un président par défaut ? (Mor Ndiaye Mbaye)


Rédigé par leral.net le Vendredi 13 Février 2015 à 20:00 | | 0 commentaire(s)|

Macky, un président par défaut ? (Mor Ndiaye Mbaye)
Les élections présidentielles de 2012 ont fini de marquer d’une encre indélébile l’histoire politique de notre pays. Citoyen très épris de tout ce qui touche à la res publicae, j’ai partout guetté la bonne analyse permettant de disséquer cette extraordinaire expérience que nous venons de vivre afin d’en comprendre tout d’abord les soubassements sociopolitiques et ensuite d’en tirer les pertinents enseignements qui, sans nul doute, nous permettraient de mieux appréhender l’avenir.

Des débats de politologues, hommes politiques, pour ne pas dire politiciens et autres universitaires, en passant par les articles de presse écrite et online, j’ai vainement fouillé l’inévitable (puisqu’elle existe assurément) explication de ce phénomène inédit dans les annales politiques anciennes comme contemporaines : celui d’un homme, d’un petit groupe et d’une formation politique encore embryonnaire qui, seulement en trois ans, sont parvenus à doubler, et s’il vous plait au premier coup d’essai, tocards, outsiders et favoris pour coiffer au poteau le leader emblématique qui seul, se dirigeait inexorablement vers la victoire certaine ou confisquée.
Devrait-on se contenter seulement d’en faire le constat ou nous suffire de l’explication tirée par les cheveux qui veut que cela soit plutôt une sanction de Wade qu’une élection de Macky? Dans cette dernière hypothèse très soutenue par certains, nous ont-ils jamais expliqué pourquoi pas un autre parmi les candidats malheureux ?

N’est ce pas là un mépris de l’intelligence et de la maturité de nos compatriotes ? Si je n’étais pas convaincu qu’ils sont atteints de cécité politique, j’aurais pensé qu’ils ont fait leur la maxime du philosophe Nietzsche selon laquelle toute évidence méritait d’être niée.

Las d’attendre que l’analyste objectif, devenu rarissime, n’apporte la bonne lumière capable d’éclairer notre lanterne, je me suis alors résolu à usurper la robe de chercheur, comptant sur votre magnanimité pour me tolérer l’absence de toge, pour essayer de comprendre par moi-même ce qui s’est passé, faisant mien le postulat qui veut qu’il n’y ait point de phénomène, surtout social, qui ne trouve d’explication, qu’elle soit rationnelle ou non.

Le scientifique que je suis, apprenti mathématicien, n’a pas su réussir la prouesse de constituer une exception, en n’étant pas victime de cette manie communément appelée déformation professionnelle, qui pousse les « cognitifs » à n’appréhender les phénomènes qu’avec les outils méthodologiques acquis dans leur formation d’origine. Ces outils qui m’ont permis d’en arriver aux conclusions très discutables et qui seront certainement et fort heureusement discutées- je l’espère très vivement -, et que je souhaiterais ici partager avec vous, sont de deux ordres : la démarche scientifique et l’approche par objectifs.

La démarche adoptée par l’équipe du candidat Macky dans sa conquête du pouvoir est à mon sens purement scientifique puisque, dés sa rupture avec le président Wade, il a choisi résolument de ne point marcher à reculons tout en laissant des traces pour baliser le chemin du retour comme a fait l’autre (suivez mon regard) mais plutôt de tourner définitivement le dos, sans jamais plus regarder dans le rétroviseur. Ce premier acte lui a valu la sympathie et l’affection de beaucoup de sénégalais séduit par la constance dans la démarche. Après mûre réflexion, phase préalable d’observation et d’analyse de la démarche scientifique, il a très vite compris que pour gagner des élections présidentielles il fallait disposer d’un appareil électoral : un parti ou une coalition de partis qui assure un maillage complet du territoire national et une bonne présence dans la diaspora.


N’ayant pas eu le temps matériel et les moyens humains et financiers nécessaires pour se consacrer à cette lourde et titanesque tâche, le candidat Macky a donc trouvé la parade alternative de construire d’abord un parti d’électeurs, notion apparue dans les années 60 et qui est caractérisée par une stratégie électoraliste fondée sur la recherche du rassemblement du plus grand nombre d’électeurs et l’attachement à la promotion d’un seul et unique objectif : la conquête du pouvoir. Cette phase est bien constitutive de l’émission d’hypothèses, seconde étape de la démarche scientifique.

Il a fallu ainsi déployer une stratégie à la fois populiste (visite des coins et recoins des villes, villages, hameaux, etc.) et axée sur le ciblage des grands électeurs et autres porteurs de voix (Chef religieux, chef coutumiers, leaders d’opinion, etc.). Le parcours a été d’endurance, long, très cahoteux, et parsemé d’embûches mais il n’a pas constitué, pour autant, un frein à l’indescriptible détermination, l’abnégation, le courage et la persévérance, pour le phénomène « Macky » et l’équipe au moral d’acier qui l’a accompagné partout, dans cette aventure périlleuse sur les pistes sinueuses du Sénégal des profondeurs.
Telle une vague déferlante, emportant tout sur son passage, l’espoir suscité et les valeurs incarnées n’ont laissé personne indifférent : hommes politiques frustrés dans leurs formations d’origine, universitaires et intellectuels de tous ordres, personnalités religieuses et coutumières, citoyens lambda n’ayant jamais fait de politique (cas de votre serviteur), jeunes et femmes, amis et sympathisants, tous se sont accrochés au train du « yakaar » conduit par un homme au parcours exceptionnel pour ne pas dire unique au monde. Les uns ont d’abord cru en l’homme avant de découvrir le convainquant projet de société qu’il portait tandis que pour les autres, parmi lesquels votre serviteur, ce dernier (le projet) fut l’aimant qui a permis de les accrocher à l’attelage. Les deux ont toutes les raisons de croire que le projet et l’homme sont dans une parfaite osmose, les qualités du premier servant de catalyseur pour l’atteinte des résultats escomptés par le second.

Les pérégrinations post électorale de l’équipe ainsi constituée reposent sur autant d’étapes et de phases qui caractérisent l’approche par objectifs ainsi subtilement adoptée. Lentement mais sûrement, tel un peintre concentré sur sa toile à donner forme et vie à ce qui ne ressemble à rien pour le non initié, Le candidat Macky pose pièce après pièce les éléments constitutifs de son puzzle. Et c’est pourquoi ceux qui n’ont pas pu trouver les capteurs capables de détecter les signaux des transformations, qui pourtant s’opéraient sous leurs yeux, s’érigent en nihilistes et jettent l’opprobre sur cette belle œuvre. Messieurs, Oui les sénégalais ont bien procédé à un choix, un choix mûr et réfléchi fondé sur des éléments probants, des faits observables et des perspectives bien dessinées. Ils n’ont nullement procédé à un raisonnement par l’absurde, encore moins à un raisonnement par élimination, pour parler mathématique, mais bien par une approche hypothético-déductive. Ils se sont dits :

- S’il a pu donner la couleur gris-noir aux « éléphants blancs » du Président wade,
- S’il a pu réélire Wade de manière incontestable au premier tour des élections transparentes de 2007,
- S’il a pu tourner le dos et tenir tête héroïquement à toute la puissance de la machine étatique et au clan des Wade avec ses pratiques peu orthodoxes,
- S’il a eu ce si beau et exceptionnel parcours professionnel,
- S’il a pu gérer ses humeurs et maitriser ses pulsions pour rester calme, serein, et courtois malgré les attaques de ses adversaires et tout ce qu’il sait sur eux,
- S’il a pu concevoir un aussi cohérent, pertinent et réalisable projet politique (Yonou Yokuté)
-
- S’il a pu, s’il a pu, s’il a pu …

Alors c’est, à n’en pas douter, parce que c’est un homme digne de confiance, armé d’une détermination sans faille (lui et son équipe), et pétri des qualités nécessaires pour pouvoir redresser ce pays et le hisser à la hauteur des nations démocratiquement et économiquement avancées, et c’est assurément tout le sens de leurs choix.

Ils se sont dits :

Donc élisons le jusqu’à preuve du contraire de nos convictions et là nous ferons, encore une fois, tonner nos armes silencieuses dans les urnes transparentes mais secrètes pour montrer, à nouveau, aux politiques que le temps de la résignation, du refuge derrière un fatalisme coupable ou de la délivrance de chèques en blanc est révolu.

J’invite toute l’équipe victorieuse à bien méditer un discours qu’il m’a été donné d‘entendre et que j’ai beaucoup aimé, tenu par un « y a en mariste » entre les deux tours, s’adressant au candidat Macky il disait en substance : « Nous allons vous accompagner jusqu’au palais mais sachez qu’après vous avoir installé sur le fauteuil nous ressortirons pour vous faire face et jouer notre rôle de sentinelle ».

C’est cela à mon humble avis le véritable message du peuple, à nous (lui en premier) adressé les soirs du 19 février, du 25 mars et réitéré ce premier juillet.


Vivement qu’il soit reçu et bien compris pour un Sénégal enfin prospère!






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