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Madiambal, la question est : « Serions-nous les idiots ou les marionnettes du monde ? »


Rédigé par leral.net le Lundi 26 Janvier 2015 à 17:41 | | 3 commentaire(s)|

Madiambal, la question est : « Serions-nous les idiots ou les marionnettes du monde ? »
Que des « ministrons » inutiles, légion dans le gouvernement, ou d’autres suppôts peu recommandables s’évertuent à défendre les maladresses de leur chef, ça peut se comprendre. Mais, quand un des journalistes les plus en vue du pays se livre à cet exercice, il y a de quoi se poser des questioons. Depuis l’accession de Macky Sall au trône, Madiambal Diagne, jadis qualifié de journaliste libre et indépendant, ne cesse de nous surprendre par ses prises de position de plus en plus discutables. A-t-il vendu son âme au diable ou montre-t-il les limites de ses compétences ? Ou est-ce tout simplement parce que « lafañ, boroomi mbaam lay faral » ?

Il a publié dans son journal un article avec le titre « Serions-nous les barbares du monde ? ». D’après son raisonnement bancal, nous serions des barbares si son « ami » Macky n’était pas allé à Paris le 11 janvier pour participer à la marche qui y était organisée. Rappelons les faits.

Du 7 au 9 janvier, plus de 20 personnes ont été tuées par balles en France. Qui a tué qui et pourquoi, Dieu le sait mieux. Des images qui ont fait le tour du monde montrent : 1) Un policier blessé dans la rue a été achevé par un homme cagoulé. 2) Un homme aux mains liées a été abattu par des policiers. D’après les informations qui nous sont parvenues, il y a eu aussi 11 morts dans les locaux de Charlie Hebdo dont un policier, une policière municipale a été tuée à Montrouge, quatre personnes ont été tuées dans une épicerie à Vincennes, deux hommes ont été tués à Dammartin-en-Goële, sans oublier le « mystérieux suicide » très peu médiatisé d’un policier impliqué dans l'investigation relative à la fusillade survenue au siège de Charlie Hebdo. Il a été retrouvé mort d'une balle dans la tête quelques heures après l'attentat.

Le 9 janvier, le président Macky Sall a signé le registre de condoléances à l’ambassade de France, avec ce texte : « Au nom du peuple et du gouvernement sénégalais et en mon nom propre, je présente mes condoléances émues au peuple ami et au gouvernement français, suite aux attentats barbares contre Charlie Hebdo et les populations civiles innocentes à Paris. Le Sénégal, par ma voix, réaffirme sa détermination sans failles dans la lutte contre le terrorisme international. Il doit être vaincu par tous les moyens. » Bien dit. Cela suffisait largement. Pour le reste, il fallait étudier le dessous des cartes avant de s’engager.

La France décide ensuite d’organiser une grande marche le 11 janvier, « pour défendre les valeurs de la République ». Madiambal parle de plus de 130 Nations qui avaient été représentées à cette marche, sans préciser qu’il n’y avait même pas une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement. 44, dit-on. Et dans le peu de chefs d’État étrangers, un pourcentage notoire venait de l’Afrique noire. Vu les réalités sénégalaises, Macky, qui avait déjà présenté ses condoléances à la France, devait juste envoyer son Premier ministre ou son ministres des Affaires étrangères ou même l’ambassadeur du Sénégal en France.

A cette marche, le slogan était « Je suis Charlie ». Qui est Charlie ? Un petit groupe de journalistes et de dessinateurs ayant pour vocation de choquer, offenser voire insulter la foi des autres. Leurs cibles de prédilection : les musulmans et les chrétiens. Au nom de la liberté d’expression. Mettre en couverture « Le coran, c’est de la merde », représenter obscènement « le père, le fils et le saint esprit », caricaturer le Prophète Muhammad en tenue d’Adam et dans une posture… avec le titre « Mahomet : une étoile est née ! »… Le pape François a été très clair sur ce sujet : « On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision. » Oui, il y a des limites. Ces limites, les gars de Charlie n’en ont que faire tant qu’il s’agit des musulmans et des chrétiens, mais ils se gardent bien de choquer ou d’insulter les juifs.

Hors de question d'écrire que la torah ou le talmud, c’est de la merde ou de caricaturer Moïse comme ils le font avec Jésus et Muhammad. Certes en caricaturant Moïse avec autant de vulgarité, ils auraient choqué les chrétiens et les musulmans, mais aussi les juifs. Et là, c’est une limite que leur liberté d’expression ne doit pas franchir. Toutefois, il serait barbare et absolument répréhensible de les assassiner pour ces textes et caricatures de mauvais goût.

La vedette de cette journée du 11 janvier a été Netanyahou qui a appelé à (citons-le) « une vaste agression contre les forces de l’Islam dans le monde entier ». Et signalons qu’en moins de trois semaines, il y a eu plus de 100 actes antimusulmans en France et même mort d’homme.

Contrairement à ce que disent Madiambal et Macky, le Maroc n’a pas été représenté à la marche. Ce pays avait prévu d’envoyer son ministre des Affaires étrangères, mais avait averti la France disant qu’il allait y participer à condition qu’il n’y ait pas des caricatures du Prophète. Comme il y avait des caricatures dont une disait « Charlie Akbar », le Maroc a préféré ne pas y participer, mais a présenté ses sincères condoléances à la France. « Njiit day am fula ak fayda, waay ! »

Madiamabl et Macky citent aussi l’Arabie saoudite. Chaque pays a ses réalités. Tout d’abord, il est évident qu’une monarchie absolue comme l’Arabie saoudite, depuis des lustres sous le joug de rois dont Fayçal, héritier d’un fondateur de dynastie, ne va pas manifester pour défendre les valeurs de la République, mais pour d’autres raisons. Aussi, dans ce pays où l’on ne laisse même pas entrer les écrits de nos saints, je ne crois pas que les caricatures obscènes et blasphématoires de Charlie Hebdo sont connues des populations comme c’est le cas au Maroc et au Sénégal ou encore en Algérie ou en Égypte. Ces deux derniers pays ont envoyé les chefs de leur diplomatie et ne personne ne les a traités de barbares. Donc, Madiambal, arrête ton char.

Le plus inadmissible chez un journaliste de la carrure de Madiambal, c’est qu’il a suffi que ses collègues français montrent un lapin en disant que c’est un lion pour qu’il se mette à crier : « Au lion ! Au lion ! » Sur quoi se base-t-il pour affirmer que les frères Kouachi ont mené les attaques à Charlie Hebdo et qu’Amedy Coulibaly est leur acolyte ? Les contradictions et les mensonges qui foisonnent dans les informations reçues devaient le faire réfléchir avant de s’exprimer. Serions-nous des idiots pour gober tout ce qu’on nous dit ?

Au lieu d’écrire que « Les Etats-Unis d’Amérique qui avaient été représentés par leur ambassadeur à Paris se sont mordus les doigts pour s’être fait quelque peu «sous représentés », Madiambal devait se demander pourquoi « la Grande Amérique », porte étendard de la guerre contre le terrorisme, a fait cela. Il y a dans cette affaire trop de tortuosités. On n’a pas besoin d’être agent de la CIA ou du FBI pour les voir. Ça sent le coup monté à des milliers kilomètres et la vérité finira par éclater un jour. Nul doute qu’Obama et son entourage sont bien renseignés et connaissent le dessous des cartes. Ils ne sont ni des idiots ni des marionnettes. Ils ont mûrement réfléchi avant de choisir d’être « sous représentés ».

Le secrétaire d’État américain de la Justice avait déclaré sans ambages : « Nous n'avons pas d'information crédible qui puisse nous permettre de déterminer quelle organisation est responsable de ces attaques. » Ce ministre américain était pourtant à Paris le 11 janvier, mais ne s’était pas présenté à la marche. Obama, lui, a, comme Macky, signé le registre des condoléances à l’ambassade de France, mais ne s’est pas rendu à la marche du 11 janvier et s’est fait représenter son ambassadrice en France. Il y a là de quoi réfléchir. La Russie aussi s’est montrée très prudente, se contentant d’adresser ses condoléances à tous les Français et de condamner le terrorisme sous toutes ses formes.

Je vous invite à lire ceci : http://www.alterinfo.net/Amedy-Coulibaly-terroriste-ou-victime_a109969.html

Présenter des condoléances à la France et condamner ces horreurs, peu importe qui en sont les vrais auteurs, était un devoir, mais participer à cette mascarade de « marche pour défendre les valeurs de la République » était une bourde de la part d’un président d’un pays comme le Sénégal. S’il a décidé tout seul, il s’est trompé tout seul. S’il a été conseillé, il est mal entouré. Il devait prévoir les réactions des populations qu’il dirige. Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir ? Entre plaire à la France et éviter de susciter l’ire de ses compatriotes, il fallait faire le bon choix.

Néanmoins, il serait mesquin d’accuser Macky Sall d’être un mauvais musulman, d’être Charlie ou de cautionner la guerre programmée « contre les forces de l’islam ». Après son discours qui ne semble pas avoir convaincu beaucoup de monde, nous l’invitons à joindre l’acte à la parole pour, avec ses collègues africains, éradiquer du continent les sanguinaires qui, au nom de l’islam dont ils sont aux antipodes, sèment la terreur et plongent le continent dans le chaos.

Mais, ne perdons pas de vue que tous les terroristes ne sont pas des islamistes. Il y a même des États terroristes dont un qui, depuis des décennies, massacre régulièrement et impunément des innocents par milliers, s’approprie leurs terres en toute illégalité et n’a que faire des résolutions de l’ONU. Vive la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes et non à la manipulation malsaine de l’opinion publique !

Bathie NGOYE








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