Mali : l'armée française annonce la «saisie» de l'aéroport de Gao et d'un pont donnant sur la ville

Rédigé le Samedi 26 Janvier 2013 à 20:43 | Lu 1240 fois | 0 commentaire(s)

Dans un communiqué et un point de situation diffusés ce samedi 26 janvier à la mi-journée, le ministère français de la Défense a annoncé que deux objectifs stratégiques pour le contrôle de Gao avaient été « saisis » par les soldats français et maliens. Les combats se poursuivaient, selon l’entourage du ministre, à la mi-journée. Mais le maire de Gao a rejoint la ville. Des renforts africains sont arrivés par les airs, et d'autres sont en train de franchir la frontière malienne par la route, en provenance du Niger. (article actualisé régulièrement).



Mali : l'armée française annonce la «saisie» de l'aéroport de Gao et d'un pont donnant sur la ville
Pour l'heure, les troupes françaises, maliennes et les renforts africains en phase de déploiement sont confinés aux portes de la ville de Gao, et non pas à l'intérieur. Mais le ministère de la Défense français, dans un point de situation publié à la mi-journée ce samedi 26 janvier, a affirmé que la zone de l’aéroport et le pont Wabary, sur le fleuve Niger à l’entrée sud de la ville, avaient été saisis dans la nuit. « Plusieurs éléments terroristes qui avaient pris à partie nos forces ont été détruits au cours de cette opération », ajoutait le texte.

Un porte-parole de l’état-major a indiqué dans l’après-midi que des « éléments terroristes » menaient encore « sporadiquement » des « opérations de harcèlement » dans la zone : « Il n'y a pas de combat à proprement parler, a précisé ce porte-parole, mais sporadiquement, des opérations de harcèlement avec des éléments terroristes qui ouvrent le feu sur nos positions après s'être abrités dans des zones urbaines ».

Si la prise de l’aéroport s’est faite sans résistance, selon nos informations, c’est en revanche au niveau du pont que les islamistes armés ont effectué ce samedi leurs opérations de harcèlement. Une quinzaine de jihadistes auraient été tués. Pour attester le retour à la normale, Paris a annoncé que Sadou Diallo, maire de Gao, avait regagné sa ville après plusieurs mois passés à Bamako. Tout un symbole.

Renforts attendus

L’aéroport de Gao doit être utilisé pour l’acheminement de renforts. Plusieurs avions ont d'ailleurs atterri ce samedi. Le premier contingent parti du Niger est arrivé en territoire malien, sur le théâtre des opérations. L'avion à décollé de Niamey à 16 heures (heure locale). A son bord : des soldats nigériens basés à Ouallam, des Tchadiens, mais aussi une partie des troupes du colonel-major malien el-Hadji Gamou, positionnées au Niger.

Des renforts ont également été envoyés par la route. Tout l'après-midi, d'incessants convois de camions des armées nigérienne et tchadienne ont pris la direction du nord du Mali à partir de Niamey. Le gros de la troupe tchadienne est d'ailleurs arrivé par voie terrestre depuis Ndjamena, en traversant tout le sud du Niger sur plus de 2 000 kilomètres.

Sitôt arrivés dans les bases de regroupement, non loin de la frontière malienne, les Nigériens et les Tchadiens ont poursuivi leur progression en plusieurs colonnes. Plus de 250 engins blindés ou autres sont engagés. Objectif premier : sécuriser le pont de Labezanga, puis libérer les villes frontalières de Ménaka et d'Anderanboukan, avant de se lancer en direction d'Ansongo, Kidal et Gao.

Le point de situation du ministère français ajoute que 350 militaires maliens et une unité du 21e régiment d'infanterie de marine (RIMa) devaient également rejoindre Gao par voie terrestre.

Enfin, les chefs d'état-major des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont réunis ce samedi à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Ils ont annoncé qu'ils allaient augmenter les effectifs de la force d'Afrique de l'Ouest, passant de 3 000 à 5 700 soldats. Un nombre auquel il faut donc ajouter les soldats qui ne viennent pas des pays de la Cédéao, notamment les Tchadiens.

« Importante phase de frappes aériennes »

Selon le ministère français de la Défense, une « reconnaissance offensive de nuit » a par ailleurs été menée de Diabali vers Léré, où « plusieurs éléments terroristes étaient encore signalés ces derniers jours ».

Le ministère français indique que les opérations de samedi avaient été précédées « par une importante phase de frappes aériennes sur des objectifs autour de Gao et Tombouctou. Près d’une trentaine de bombes ont été larguées par les chasseurs sur des cibles terroristes au cours des deux nuits précédentes. »

Certaines sources indiquent que la plus grande partie des combattants islamistes ont évacué la ville même de Gao, pour échapper aux frappes aériennes françaises. « Depuis les bombardements, c'est calme à Gao. On ne voit plus les islamistes dans la circulation », a déclaré ce samedi matin à RFI un contact sur place.

Rejet de la « logique de chantage »

Gao est l'une des grandes villes du Nord. C'est aussi un bastion des islamistes du Mujao, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest. Le groupe a annoncé ce samedi qu'il était prêt à « négocier la libération » de l'otage français qu'il détient depuis deux mois.

Ce à quoi le Premier ministre français a répondu, en rejetant les « logiques de chantage » du Mujao. Lors d'une réception en l'honneur de la communauté française du Chili, Jean-Marc Ayrault, qui représente la France pour un sommet Europe-Amérique latine à Santiago, a en revanche rendu hommage aux soldats français qui combattent au Mali.


Source:Rfi





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