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Malick Noël Seck crache son venin sur la Francophonie

S'il y a quelqu'un qui n'aime décidément pas la Francophonie, c'est bien Malick Noël Seck. A défaut d'avoir réussi à organiser son contre sommet, il a accordé une interview au Populaire pour dire toute sa colère contre la nouvelle forme de colonialisme dans lequel la France veut réinstaller l'Afrique.


Rédigé par leral.net le Lundi 1 Décembre 2014 à 10:22 | | 21 commentaire(s)|

Malick Noël Seck crache son venin sur la Francophonie
A nos confrères qui lui demandent ce qu'il reproche concrètement à la Francophonie, M. Seck se lance : "Principalement deux choses. D'une part, l'Organisation internationale de la Francophonie est l'instrument de la domination coloniale (...). L'Elysée a aujourd'hui réussi à faire croire au monde que l'Oif est une organisation internationale, parce qu'elle compte soixante-dix-sept pays membres. En réalité, l'Oif est née de l'ancienne Agence de coopération culturelle et technique (Acct) qui n'était que l'instrument du ministère de la Coopération créé par De Gaulle en 1959, comme l'Oif est aujourd'hui l'instrument du Secrétaire d'Etat chargé du Développement et de la Francophonie (le nouveau nom du ministère de la Coopération). C'est une belle façade pour pouvoir, aux noms des membres de l'Oif, légitimer, entre autres, la réélection des dictateurs africains favorables à l'Elysée et l'élimination de tous ceux qui représentent un obstacle aux intérêts français, et c'est pour cela que mon très cher ami, Charles Blé Goudé, dont le seul crime est d'avoir aimé son peuple, a été déporté devant la Cpi. Que voulez-vous que L'Estonie, la Lettonie, la Croatie, la Pologne, le Quatar, l'Egypte, la Thaïlande, l'Uruguay, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, la Roumanie, l'Autriche, etc., qui, sans être des pays francophones, sont membres de l'Oif, puissent penser de la validité de la réélection de Biya Cameroun, de Bongo au Gabon et d'Eyadema au Togo ? C'est parce que c'est l'Elysée qui tire les ficelles de cette marionnette qu'est l'Oif !

En second lieu, nous connaissons la nature des relations franco-africaines. Elles sont ponctuées par l'assassinat politique et les coups d'Etat militaires, et ce sont les hauts fonctionnaires de la Cinquième République (Focart, Messmer, Débré, Constantin Melnick, Alain Peyrefitte) qui le racontent. Nous connaissons aussi l'histoire qui nous unit à la France : c'est l'histoire du "Code Noir", décret de Louis XIV qui régule l'esclavage aux colonies, transforme le Noir en un bien matériel que l'on peut vendre et acheter, légitime les châtiments corporels pour les esclaves, y compris des mutilations comme le marquage au fer ainsi que la peine de mort. C'est l'histoire de "l'Ecole des otages" de Saint-Louis qui, plus tard, est devenu 'l'Ecole des fils de Chefs", c'est le code de l'indigénat, c'est le travail forcé, c'est le massacre de Thiaroye le 1er décembre 1944, c'est la répression sanglante contre l'insurrection malgache de mars 1947 qui fit 89.000 victimes, c'est le massacre de Sétif en Algérie en mai 1945 qui fit 45.000 victimes, et je peux continuer indéfiniment sur ce thème. Ce que je veux dire par là, c'est que c'est par la violence et l'exploitation économique que la langue française a été introduite en Afrique. C'est pour faciliter la conquête coloniale en créant une classe d'évolués, de collaborateurs, que l'école française fut instituée. Elle n'est pas le résultat "d'un précieux héritage commun qui fonde le socle d'un ensemble pluriel et divers", comme voudrait le suggérer le préambule de la charte de l'Oif ! Mais alors, comment se fier à une organisation dont le postulat fondateur est une imposture ? La pluralité qu'elle exhibe cache mal le relativisme moral et la fausse hiérarchie des valeurs qui l'inspirent ! L'Elysée ne peut pas célébrer le rapprochement entre les peuples dans une mise en scène à cinquante-sept milliards de francs que nous avons empruntés tout en nous humiliant dans ses sous-préfectures !".






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